Volkswagen Golf II – III – IV - V (1983-2008)

 

Publié par Philippe Baron le 25 juillet 2018.

 

Lancée en 1974, aux heures les plus sombres pour Volkswagen, la Golf a généré toutes les VW modernes, et surtout, est à l’origine du phénomène GTI. Entièrement renouvelée lors du Salon de Francfort, en septembre 1983, la Golf II est plus grande et plus aérodynamique, tout en ressemblant beaucoup à son aînée. Embourgeoisée, elle offre plus d’habitabilité et de confort et une motorisation évoluée « vers le haut ». La voici donc bien préparée pour un nouveau succès qui ne faiblira pas au hit-parade des ventes.

 

 

La Golf deuxième génération n’arrive en France qu’en 1984, VAG France ayant attendu la mise en fabrication de la carrosserie 4 portes, quelques mois après la 2 portes, toujours chère aux Allemands. Dessinée à Wolfsburg et non plus en Italie, la Golf est par rapport à l’ancienne génération plus longue de 28 cm (3.98 m) et plus large de 10 cm (1.66 m). Elle est proposée en de nombreuses versions : C, CL, GL, Formule E. La Golf GLX/Carat est la version luxueuse, très bien équipée, avec la direction assistée, les lève-glaces électriques, le verrouillage central des portes, l’ordinateur de bord et bénéficie d’un nouveau moteur plus puissant, dérivé de la GTI. A noter que la version cabriolet n’a pas été renouvelée comme l’ensemble de la gamme. Construit depuis 1979 par Karmann à Osnabrück, il conserve le châssis de l’ancienne Golf.

 

 

VW propose un large choix de motorisations pour ses modèles Golf d’entrée de gamme, qui par la suite prendront des noms comme Travelling ou Boston. Le moteur 1 272 cm3 55 ch avec carburateur double corps équipe la 1300 et le 1 595 cm3 75 ch avec carburateur double corps et coupure de l’alimentation en décélération pour la 1600. La Golf Diesel 1600 est équipée d’un 1 588 cm3 de 54 ch, tandis que la Turbo-Diesel reçoit le même moteur avec turbo-compresseur et une puissance de 70 ch. La Golf GLX possède une version du 1 781 cm3 poussé à 90 ch et la Golf GTI conserve son remarquable moteur à injection d’octobre 1982. Ce 1 781 cm3, équipé d’une boîte 5 vitesses avec échelonnement sportif, donne 112 ch et une vitesse maximale de 191 km/h. Le freinage est renforcé, notamment par des disques à l’arrière. A partir de janvier 1985, la Golf GTI disposera d'une calandre 4 optiques de série, de baguettes de protection de bas de caisse, de jantes en tôles 14 pouces et d'une nouvelle sellerie.

 

 

L'été 1985 est marqué par l'arrivée d'une version encore plus sportive que la GTI. Il s'agit de la Golf GTI 16S (1 800 cm3 développant 139 ch). Cette GTI 16S est entièrement construite par la firme Volkswagen contrairement à la Golf 1.6 Oettinger qui était le fruit du préparateur du même nom. La culasse du moteur est totalement différente. Au niveau de la distribution, l'entraînement s'effectue par une courroie et une chaîne. La « GTI 16S » dispose de suspensions abaissées (1 cm de moins que la 8S) d'un allumage électronique intégral et d'un pot d'échappement avec une double sortie. 

 

Volkswagen Golf GTI 16V

 

En août 1986, VW présente la Golf Syncro à quatre roues motrices. Un coupleur visqueux ‘visco-drive’ fait office de différentiel inter pont, assurant automatiquement la répartition du couple entre les essieux avant et arrière, en fonction de l’adhérence. La Golf Syncro est équipé du moteur 1800 apparu initialement sur la Golf Carat.

 

 

Pour 1987, la Golf GTI 8S reçoit un système d'allumage et d'injection électronique Digifant, ce système permet de réduire la consommation de carburant. En juillet 1987, tous les modèles reçoivent quelques modifications esthétiques notamment une nouvelle calandre 4 barrettes pour la Golf et le sigle VW agrandi. En décembre 1987 : une version « plus économique » de la Golf GTI arrive sur le marché français. Cette nouvelle version nommée Golf Cup, disponible qu’en 3 portes, limitée en équipement (pas de fermeture centralisée, pas de vitres électriques ni de direction assistée), se distingue par le logo « Cup », un pied central entre les vitres latérales de couleur noire avec 3 bandes rouge, bleue et verte et des enjoliveurs spécifiques (décorations tricolores : rouge, bleu, vert). 

 

1987 Volkswagen Golf GT Syncro

 

En juin 1989, Volkswagen commercialise la Golf Rallye (5 000 exemplaires). Au niveau mécanique, cette Golf dispose d'une transmission intégrale Syncro et d'un compresseur G 60 qui lui monte sa puissance à 160 ch. Cette « Super Golf » se distingue par des ailes avant et arrière gonflées, les pare-chocs plus enveloppant sont de la couleur carrosserie, les rétros sont électriques, la calandre dispose d'optiques rectangulaires, et les jantes sont des 15 pouces. Elle dispose du système de freinage ABS et de la direction assistée. En juillet 1989, les Golf GTI 8 et 16S sont désormais équipées de boucliers avant et arrière avec antibrouillards intégrés de série, de baguettes latérales plus fines, et de bas de caisses noirs plus enveloppants et en août 1989, la Golf Turbo-Diesel passe de 70 ch à 80 ch dans une version dotée d’un intercooler, tandis que pour les écologistes, la Turbo D de 60 ch est avec catalyseur.

 

Volkswagen Golf Rallye G60

 

À cette même époque en Allemagne, le public découvre la Golf Limited. Cette Golf (5 portes) disposant d'un compresseur G60 monté sur une base de 16 S (1 800 cm3 développant 210 ch) et d'une transmission Syncro est une véritable bête de course. Elle se distingue par sa couleur gris anthracite métallisé (LP9V), des petits pare-chocs, une calandre 2 phares entourée d'un liseré bleu, un toit ouvrant en tôle, un intérieur tout cuir avec les sièges chauffants et des jantes BBS RM 15". Elle ne sera disponible qu'en Allemagne et sera produite en quantité très limitée (71 exemplaires dont un pour des essais). Sa vitesse maxi atteint 231 km/h. Ce sera la Golf la plus rapide avant l'arrivée de la Golf IV R32.

 

1988 Volkswagen Golf GTI G60

 

En janvier 1990, est commercialisée la Golf Country (1 800 cm3 développant 98 ch et une vitesse max de 155 km/h), qui est une Golf Syncro à injection et non à carburateur sur laquelle a été greffé un double châssis pour le gain de hauteur de caisse. Cette version tout-terrain avec garde au sol élevée se distingue entre-autres par son pare-buffles et sa protection inférieure avant et ne sera commercialisée que de 1990 à 1991. En février 1990, VW, qui avait l’année précédente produit la Golf Rallye G 60 pour servir de base d’homologation pour courir, propose la GTI G 60, simplifiée et plus abordable, puisque le 160 ch a simplement été implanté dans la caisse d’une GTI 2 roues motrices classique. Au cours de l'année 1990, la deuxième version limitée de la Golf GTI 16S débarque également sur le marché français. Il s'agit de la Golf Edition One.

 

 

Fin 1991, la Golf III, qui remportera l’année suivante le trophée européen de la voiture de l’année, vient remplacer la Golf 2 après une production de 6 301 000 unités. A noter que lors de toute la commercialisation de la Golf 2, le cabriolet a continué d’être encore livré avec la carrosserie de la première Golf.

 

 

Présentée à Francfort en septembre 1991, la Golf III est commercialisée dès le mois de janvier 1992, alors que la Golf 2 poursuit encore un temps sa carrière sous l’appellation Golf Classic. La montée en gamme se traduit surtout par le montage du six cylindres VR6. Ce V6 à l’angle très fermé – 15°, contre 60 à 90° en général, donne un nouveau caractère à la version haut de gamme de la Golf. Avec la VR6, la Golf devient sur le plan de l’agrément de conduite, une concurrente directe des Audi 80 et BMW 325i avec un prix bien inférieur pour faire oublier le manque relatif de prestige de l’écusson VW. Autre vertu de la nouvelle Golf, une habitabilité en hausse : la largeur aux coudes progresse de 2,5 cm à l’avant et 5 cm à l’arrière. 

 

La Golf 3 est la première Volkswagen porteuse de deux nouveaux messages de la marque : sécurité et environnement. Des profilés intégrés aux portières augmentent leur rigidité, des longerons avant et arrière spéciaux à déformation programmée protègent l’habitacle et la course de déformation de la colonne de direction a été augmentée de 50 %. Par ailleurs, la peinture de la nouvelle Golf est plus écologique, les moteurs sont moins polluants et de plus en plus de pièces en matériau synthétique sont recyclables.

 

A part la VR6, les motorisations évoluent. Le 1,3 l 55 ch de base est remplacé par le 1,4 l de 60 ch. Le 1,8 l de la GTi gagne 3 ch alors que la G60 a disparu. Le 16 soupapes de 140 ch comble le trou entre le GTi 115 ch et le VR6 2,8 l 174 ch. Côté diesel, le vieux 1,6 l a disparu au profit du 1,9 l emprunté à la Passat. L’un est atmosphérique et développe 64 ch, tandis que l’autre, suralimenté et catalysé, fournit 75 ch.

 

En 1993, la gamme se complète avec la GTi 16 V qui reçoit une culasse 4 soupapes par cylindre, ce qui lui permet de développer 150 ch. Le freinage ABS et EDS (blocage de différentiel) est alors de série. Jantes alliage ‘Monte Carlo’ comme la VR6. Sièges Recaro et banquette 2/3-1/3 équipent en plus cette sportive. Nouveauté aussi, la Golf TDI qui dispose de l’équipement carrosserie de la GTI et qui adopte la motorisation diesel empruntée chez Audi. Ce moteur à injection directe de 1 896 cm³ développe 90 ch.

 

Le break fait aussi son apparition en 1993 avec le 1,8 l 90 ch essence pour le CL et le GL et 2 l 115 ch pour le GT. Désormais la Golf III est disponible en cabriolet avec arceau. Mécanique de 90 ch avec en série : capote électro-hydraulique, direction assistée, vitres et rétros électriques, verrouillage centralisée et volant réglable en hauteur. L’AG pour Avant Garde est une autre déclinaison du cabriolet avec un moteur 2 litres 115 ch, une présentation extérieure plus soignée avec la calandre peinte, des extensions d’ailes et des jantes alliage, la boîte automatique en option et la présence d’un ordinateur de bord.

 

Histoire de partir avec les honneurs, la Golf III tire ses dernières cartouches en 1996 avec l’apparition de la ‘GTI des TDI’ en 110 ch. Celle qui a remporté le trophée européen de la voiture de l’année 1992 tire sa révérence en 1997, remplacée par la Golf IV. Cette génération 3 a été produite à 4 960 000 exemplaires.

 

Présentée au Salon de Francfort et commercialisée en janvier 1998, la Golf quatrième génération est basée sur la plate-forme de l’Audi A3. Malgré son esthétique proche de la précédente version, c’est pourtant un modèle 100 % nouveau, plus long et plus cossu, avec une vaste gamme de moteurs essence et diesel (56 % des Golf sont des diesels) : 1,4 75 ch – 1,6 101 ch – 1,9 SDi 68 ch – 1,9 TDi 90 ch et 110 ch.

 

La puissante Golf V5 avec son 2 l 149 ch reçoit une finition spécifique et intègre un blocage de différentiel EDS et un régulateur de vitesse. La légendaire Golf GTi est animée par le sémillant 1,8 turbo 20v 149 ch. Le cabriolet Carat est commercialisée en mai 1998. Basé sur l’ancien modèle mais restylé, il est toujours affublé d’un arceau. Quant au break, après une présentation au Salon de Paris en octobre 1998, il n’est disponible qu’à partir du mois de juin 1999. 

 

En octobre 1999, arrive le moteur TDi 115 ch puis 150 ch en 2001. La Golf IV continue de faire évoluer sa gamme avec le V5 passant à 170 ch par l’apport d’une culasse 20v. La transmission 4Motion est possible sur V5, TDi 100, 130 et 150 ch et obligatoire sur la 2,8 V6 de 204 ch. En 2003, VW annonce que la Golf Cabriolet sera remplacée par la New Beetle Cabriolet. La Golf IV termine sa carrière en 2004 après une production de 4 920 000 exemplaires.

 

La cinquième génération de la Golf est présentée à Francfort à l’automne 2003. Le style évolue peu mais elle est nettement plus grande et plus vaste que le modèle précédent. Elle partage sa plate-forme avec le monospace Touran, la Škoda Octavia 2 et l’Audi A3. Côté moteurs, des 5 blocs essence proposés, trois disposent de la technologie injection directe essence (FSi), comme la 2,0 FSi essence de 150 ch, qui, avec la TDi 140 ch, peut recevoir la transmission intégrale 4motion.

 

En ce qui concerne le diesel, l’offre démarre avec le 2,0 SDi atmosphérique de 75 ch. Pour répondre à une forte demande de moteurs turbodiesel de base, VW ressort son vieux 1,9 TDi 90 ch en l’équipant d’injecteurs-pompe. Au-dessus, les 1,9 TDi 105 ch et 2,0 TDi 140 ch sont les deux seuls de la gamme à pouvoir disposer de l’excellente boîte robotisée à double embrayage baptisée DSG. Le break n’étant pas encore prévu, VW lance, début 2005, une Golf Plus, de longueur et largeur identiques, mais dotée d’une garde au toit rehaussée de 7,5 cm à l’avant et 8,5 cm à l’arrière.

 

En septembre 2004, la nouveauté est la GTi dotée d’un 2,0 FSi Turbo de 200 ch, associé soit à une boîte manuelle à six rapports ou à la DSG. En 2005, VW propose une nouvelle version GT équipée, au choix, d’une inédite mécanique essence à double suralimentation de 170 ch ou d’un 2,0 TDi de la même puissance. Le 1,4 FSi de 90 ch et le 2,0 SDi de 75 ch disparaissent au profit d’un 1,4 16S de 80 ch et un 2,0 TDi de 136 ch. Le 2,0 FSi est remplacé par le nouveau 1,4 TSi de 140 ch. Plus exclusive, la sportive R32 coiffe la gamme avec son V6 de 250 ch. Elle est d’emblée dotée de la transmission intégrale 4motion.

 

En 2007, la gamme est complétée par la SW. Ce break possède un volume de chargement immense de 1 495 dm³ et ne reçoit que les moteurs les plus courants. La carrière de la Golf V se termine avec l’arrivée de la Golf VI présentée en octobre 2008. La Golf V a été produite à 3 270 000 exemplaires.