Triumph TR4 (1961-1965)

 

Publié par Philippe Baron le 30 octobre 2014.

 

Présentée au salon de Londres à l’automne 1961, la TR4 reste fidèle à la série TR à l’aspect attrayant et à la mécanique séduisante, instaurée par le constructeur Triumph dès 1952. Pour renouveler son petit bolide, la firme a fait appel au célèbre designer Giovanni Michelotti pour dessiner une carrosserie plus moderne mais dont le charme restera indémodable et so typiquement british.

 

 

La nouvelle TR conserve son robuste châssis en caisson et son train arrière à essieu rigide avec ressorts à lames, mais en revanche, pour maintenir les chiffres de vente aux Etats-Unis de sa vedette, Triumph prend en compte l’évolution des normes américaines, notamment en ce qui concerne la hauteur et l’emplacement des phares. Par rapport à la génération précédente, la TR4 perd ses portes échancrées et reçoit des vitres descendantes ainsi qu'un vaste coffre sur lequel peut être apposé un porte-bagages chromés.

 

Photos : RM Auctions

 

D’origine, les roues sont habillées de jantes en tôle mais l’option roues fils sera très vite prisée. Le roadster est équipé d’une capote qui se replie sur la partie supérieure de la malle. Mais en option, Triumph propose un pavillon type « Surrey », sorte de bulle vitrée, qui vient se fixer derrière les sièges. A l’intérieur, c’est la « British Touch » avec touches de bois précieux sur le tableau de bord et volant à trois branches métalliques.

 

 

La TR4 conserve le bon 4-cylindres de la TR3 de 2 138 cm3  et 106 ch à bloc et culasse en fonte, d’origine agricole (tracteurs Ferguson), servi par deux généreux carburateurs. Ce gros moteur à la sonorité rauque, quasi incassable et gorgé de couple,  reste l’atout majeur de la TR4 et lui permet d’atteindre les 175 km/h. Notons que la TR4 est la première voiture britannique à boîte de vitesses à 4 rapports entièrement synchronisés. Le système de freinage, conçu par Girling, adopte des disques à l’avant et des tambours à l’arrière avec servo. La direction est à crémaillère.

 

Triumph TR4 Surrey Top

 

La Triumph TR4 connait un grand succès avec 40 253 exemplaires vendus avant de céder la place à la TR4A en 1965 qui se distingue par une calandre retouchée à lames horizontales et feux de position plaqués sur les ailes avant. Cette version apporte à ce sporster très apprécié une nouveauté intéressante : des suspensions arrière indépendantes. Plutôt qu’un essieu rigide, rattaché à des ressorts à lames, la TR4A est équipée de ressorts hélicoïdaux et de liaisons transversales, corrigeant ainsi le comportement chaotique de la première TR4 et sa tendance à rebondir et à sortir de la route sur les chaussées irrégulières. Ce nouveau type de suspensions nommé IRS est inscrit fièrement sur un écusson à l’arrière du véhicule. Initialement proposé en option, il se trouva, malgré tout, des clients pour réclamer spécifiquement le précédent type d’essieu. Cependant, cette innovation devint bientôt un équipement standard, sauf pour les versions destinées aux USA.

 

Triumph TR4A IRS - Photos : Darin Schnabel, RM Auctions

 

Pour la TR4A, une autre option intéressante est proposée : un toit amovible comportant une section en toile, véritable précurseur du toit Targa qui fut officiellement introduit un an plus tard sur la Porsche 911. La TR4A termine sa carrière en septembre 1967 avec 28 465 unités produites.

 

Triumph TT4 Photo : Breizh Cars Spotting Team

 

Modèle à part dans la production de la TR4 et sans doute le plus rare, la Triumph GTR4 Dové est un concept de la carrosserie Thomas Harrington dont les ateliers étaient situés depuis 1897 à Hove près de Brighton dans le sud de l’Angleterre.  Harrington Ltd avait carrossé des voitures aussi prestigieuses que des Rolls-Royce et des Bentley avant de se lancer à la fin des années 1950  dans la transformation des Sunbeam Alpine. Aussi, tout naturellement, peu de temps après  la sortie de la TR4 fin 1961, L.F Dove, un important concessionnaire Triumph de Wimbledon, convainc Thomas Harrington d’étudier pour son compte une version coupé 2 + 2.

 

 

La voiture métamorphosée conserve l’avant de la TR4 dessinée par Giovanni Michelotti mais son arrière reçoit un traitement de hatchback. Après le refus des instances dirigeantes de Triumph à commercialiser ce modèle, L.F Dove sera lui-même contraint d’en assurer la production. La voiture est baptisée GTR4 Dové avec un accent aigu sur la dernière syllabe pour faire plus chic et pour que le nom soit mieux intégré au marché européen des GT, et plus spécialement en France.

 

 

Seuls 43 coupés Dové seront construits entre 1963 et 1965. Chaque Dové faisait l’objet d’une commande individuelle d’où des particularités sur chacun des modèles produits. Les moteurs étaient fournis avec des équipements variant selon les époques, comme un réchauffage des conduits d’eau facilitant les démarrages à froid les matins d’hiver. La bonne aérodynamique de la Dové lui conférait une bien meilleure accélération de 130 à 160 Km/h que le modèle d’origine. Mais la Dové restait exclusive avec son prix de 1.250 £, presqu’autant qu’une Jaguar Type E.

 

 

Pour suivre l’actualité des anciennes Triumph en France, je vous engage à visiter DiagnoSpit, l’excellent, dynamique et très complet site de l’Amicale Spitfire qui regorge d’informations et de conseils sur les modèles Triumph dont évidemment la Spitfire, et qui, de plus, grâce à son forum interactif permet aux amateurs de la marque d’échanger et de faire partager leur expérience.