Triumph TR2/TR3 (1953-1961)

Triumph TR2

 

Publié par Philippe Baron le 29 novembre 2014

 

Construite par le groupe Standard Motor Co, la Triumph TR2 est née de la volonté de son propriétaire, Sir John Black, qui avait assisté au succès de Jaguar et de sa XK120 aux USA. Sir John Black proposa à la famille Morgan de racheter leur marque (auquel il livrait des moteurs pour les modèles Four-four (4/4) et Plus-Four) et, devant leur refus, décida de se lancer avec sa propre marque Triumph dans la fabrication d'un roadster à un prix très compétitif pour viser la même cible de clientèle américaine.

 

Triumph TR2 - Photo : Marc Vorgers

 

Triumph dévoile le prototype de sa gamme TR  (TR pour Triumph Roadster)  à venir au Salon Automobile de Londres en octobre 1952 en même temps que sa concurrente directe l’Austin Healey 100. En quelques mois, la voiture répondant au nom de Standard Vanguard 20TS va connaître une singulière métamorphose orchestrée par le talentueux tandem composé d'Harry Webster et de Ken Richardson. C'est au Salon de Genève, en mars 1953 qu’est présentée la "TR 2", qui nous rappelle incidemment qu'il n'y a pas eu officiellement de TR 1. Bien accueillie par la presse automobile, elle se fait rapidement une place de choix sur le marché britannique des voitures de sport. C’est le premier modèle d’une gamme destinée à rester en production pendant de nombreuses années.

 

1958 Triumph TR3 - Photos : Darin Schnabel, RM Auctions

 

La TR2, dont le dessin de la carrosserie a été confié à Walter Belgrove, se présente comme un roadster attractif aux portes découpées, sans fenêtres, mais avec des side-screens, c’est-à-dire des écrans latéraux amovibles et une ligne d’ailes avant qui coule gracieusement jusqu’au-dessus des roues arrière. Elle peut être équipée d’options comme des sièges en cuir, des roues à rayons, un overdrive, le chauffage et un hard-top amovible. 

 

Triumph TR3 A 1960 - Photo : Marc Vorgers

 

Son moteur est dérivé d’un moteur de tracteur Ferguson comme celui de la Standard Vanguard ou la Morgan +4. C'est un 4-cylindres en ligne de 1 991 cm3 développant 90 ch, alimenté par deux carburateurs Solex et couplé à une boîte de vitesses à 4 rapports. Le châssis est original et les freins sont à tambours aux 4 roues. Avec une vitesse de pointe de 172 km/h, la TR2 rivalise avec les MG TF, Sunbeam Alpine et Healey 100. Bien entendu, elle vise le marché américain où elle a de la peine à se vendre au début, dû à son manque de pédigrée en matière de référence sportive.

 

1959 Triumph TR3A : Photos : DriverSource

 

La TR2 se métamorphose en TR3 en septembre 1955 avec une grille de calandre proéminente, 5 chevaux de mieux, au début (grâce à un nouvel arbre à cames et des carburateurs mieux calibrés), 10 par la suite, le total atteignant donc 100 chevaux tout ronds.

 

 

En l'automne 1956, Triumph, firme connue à l’époque que de quelques spécialistes, notamment en France,  équipe sa TR3 d'une paire de freins à disque à l'avant fournis en sous-traitance par Girling. Innovation, révolution : en 1956, seule la très avant-gardiste Citroën DS l'a précédée dans cette voie.

 

 

La TR3 deviendra TR3 A, un an plus tard, avec des poignées de portes "extérieures" qui peuvent, certes, apparaître comme une amélioration manifeste, d'un point de vue ergonomique. Plus anecdotiques, la nouvelle calandre élargie et les phares moins protubérants permettent de distinguer, de loin, la plus "populaire" des TR3. A noter que la TR3 fut la première voiture de Johnny Hallyday.

 

 

La raison du succès de Triumph s'explique sans doute par l'introuvable rapport sensations/prix revendiqué par cette voiture de sport efficace. La descendance continuera la renommée malgré les changements successifs à la direction de la marque, dont l'absorption par le groupe Leyland. Elle évoluera au cours des années et changera de nom ; TR4 en 1961, TR5 en 1967, TR6 en 1969 et enfin TR7 en 1975. La lignée s'arrêtera définitivement avec la TR8 en 1981.

 

 

Production (1953- 1961)   


TR2 : 8.628 ex. 

TR3 : 13 377 ex. produits    

TR3 A : 58 236 ex. produits.

TR3 B :   3331 ex. produits.

 

 

Pour suivre l’actualité des anciennes Triumph en France, je vous engage à visiter DiagnoSpit, l’excellent, dynamique et très complet site de l’Amicale Spitfire qui regorge d’informations et de conseils sur les modèles Triumph dont évidemment la Spitfire, et qui, de plus, grâce à son forum interactif permet aux amateurs de la marque d’échanger et de faire partager leur expérience.

 

1959 Triumph TR3 - Photos : RM Auctions, Darin Schnabel