Triumph Spitfire (1962-1980)

1963 Triumph Spitfire 4 - Photos : Hemmings

 

Publié par Philippe Baron le 2 janvier 2012.

 

Au début des années soixante, les constructeurs britanniques, conscients que la majorité de leur production de véhicules ludiques part outre-Atlantique, décide d’ouvrir un second marché plus à la portée des amateurs britanniques et européens. Après MG et sa Midget, Austin Healey et sa Sprite, c’est au tour de Triumph de proposer une petite sportive pour rouler au grand air. Elle est mise en production dès 1962 sous le nom prestigieux de Spitfire, celui du plus célèbre avion de chasse  britannique de la Seconde Guerre mondiale.

 

 

La Spitfire 4 (pour 4-cylindres)  prend pour base la Triumph 'Herald, une quatre places populaire née en 1959. Présentée au salon londonien d'Earl's Court en octobre 1962, la Spitfire 4 reçoit une séduisante carrosserie dessinée par Giovanni Michelotti, le designer attitré de Triumph. Dérivée sportif de l'Herald, la Spitfire en reprend l'ensemble des éléments mécaniques. Le quatre-cylindres de 1147 cm3 est porté à 63 ch contre 51 ch sur l’Herald. Il est alimenté par deux carburateurs SU en lieu et place du simple Solex de l'Herald. La boîte de vitesses à première non synchronisée de l'Herald est inchangée. Elle est toutefois équipée en option d'un overdrive Laycock de Normanville agissant sur les troisième et quatrième rapports. 

 

Triumph Spitfire 4 - Photo : Giuseppe Martino™

 

En décembre 1964, la Spitfire subit quelques changements mineurs et devient Mk 2. De dessin inchangé, la calandre s'orne désormais de barres horizontales de plus fort diamètre. Le moteur de la Mk 2 gagne 4 chevaux, ses 67 ch à 6 000 tr/mn permettant à la voiture de dépasser les 150 km/h.

 

Triumph Spitfire 4 Mk 2, 1966

 

La Spitfire Mk 2 s'efface en janvier 1967 devant la plus ambitieuse Mk 3, première véritable évolution de la Spitfire. La ligne est modernisée avec un rehaussement des pare-chocs, qui passent au-dessus de la calandre. Réalésé de quatre millimètres pour donner 1 296 cm3, le moteur de la Mk 3 voit sa puissance portée à 75 ch, le couple dépassant les 10 mkg. La voiture est maintenant capable d’atteindre les 165 km/h.

 

Triumph Spitfire MkIII

 

En novembre 1970, apparaît la Mk IV. Les chiffres romains ont été adoptés pour éviter toute confusion avec le premier modèle Spitfire 4. Cette nouvelle évolution de la voiture affecte essentiellement le design revu par Giovanni Michelotti dont un nouvel arrière qui respecte celui des Triumph contemporaines. Le moteur de la Mk IV reste inchangé pour l'Europe mais subit aux Etats-Unis une importante perte de puissance en raison des normes anti-pollution américaines. Il revient aux 63 ch du modèle originel. 

 

 

Pour retrouver les chevaux perdus, la Spitfire 1500 remplace la Mk IV en décembre 1974. Etudié pour les Etats-Unis et monté sur les dernières Mk IV exportées outre-Atlantique, le nouveau moteur 1500 est l'ultime extrapolation du 800 cm3 initial. Le réalésage ayant atteint ses limites, la course a été allongée de onze millimètres, portant la cylindrée à 1 493 cm3. Le couple est légèrement amélioré (11,3 mkg) et avec 71 ch, la vitesse maximum retrouve un niveau décent de 160 km/h. De plus, la nouvelle boîte de vitesses est maintenant entièrement synchronisée. Mais dépolluée et anémiée, la version américaine de la 1500 tombera à 52 ch avec un seul carburateur Stromberg.

 

 

À l’exception de quelques détails mineurs de finition, peu de changements interviendront jusqu'au retrait de la voiture en août 1980, consécutif à la réorganisation de la gamme de la British Leyland. Best-seller d’une exceptionnelle longévité (dix-huit ans), la Spitfire a été produite de 1962 à 1980 à 314 152 exemplaires, dont près de 140 000 exportés aux Etats-Unis. A partir de 1966, elle a également servi de base au développement d’un modèle dérivé, la GT6. Transformée en coupé, la « Spit » a reçu un pavillon fastback dessiné par Giovanni Michelotti, tandis que, sous son long capot, s’installait, fort à l’aise, le deux litres de la Vitesse et de la berline 2000.

 

 

Tableau emprunté à DiagnoSpit, l’excellent, dynamique et très complet site de l’Amicale Spitfire qui regorge d’informations et de conseils sur les modèles Triumph dont évidemment la Spitfire, et qui, de plus, grâce à son forum interactif permet aux amateurs et passionnés de la marque d’échanger et de faire partager leur expérience.