Toyota Prius (1997-2009)

2000 Toyota Prius

 

Publié par Philippe Baron le 16 février 2014.

 

Première voiture de série au monde à utiliser la technologie hybride (essence/électricité), la Prius originale est dessinée au studio Calty de Toyota, à Newport Beach en Californie. Mais à l’époque, personne n’imagine que cette voiture propre va devenir un objet de mode et que plusieurs stars de Hollywood vont vouloir se montrer à son bord pour brandir leurs convictions écologiques.


 

Commercialisée au Japon en décembre 1997, la Toyota Prius ne sera exportée en Europe, en Amérique du Nord et en Australie qu’à partir de 2000. Sous une robe discrète se cache une technologie d’avant-garde, la technologie hybride. Selon la situation, soit elle fonctionne comme une automobile normale ou électrique, soit elle fait appel aux deux énergies simultanément. Le passage d’un mode à l’autre se fait de façon totalement transparente pour le conducteur, qui pilote la Prius comme un véhicule tout à fait classique. Cette technologie hybride permet à la Prius d’échapper au principal problème des autos 100 % électriques : l’autonomie.


2004 Toyota Prius

 

Si la Prius présente son concept peu avant l’an 2000, sa genèse remonte en fait à… 1965, année pendant laquelle le constructeur nippon initie des études de faisabilité sur l’éventualité d’exploiter des turbines à gaz pour alimenter un moteur électrique animant une voiture. Une idée concrétisée 12 ans plus tard et matérialisée à travers la Toyota Sports 800 GT (pour Gas Turbine) Hybrid. Un petit coupé sportif combinant un moteur électrique et une turbine à gaz. Cette dernière entraîne un générateur électrique, lequel charge des batteries qui fournissent l’énergie à un moteur électrique de 30 kW (environ 41 chevaux) relié aux roues arrière. Les ingénieurs de la marque ont ainsi relevé un joli défi technologique : celui de mettre au point un véhicule alliant hautes performances et respect de l’environnement. Sauf que ce petit coupé est davantage considéré comme un bolide de compétition – et aussi d’expérimentation - qu’un véhicule confortable et polyvalent à même de séduire une clientèle de masse pour ses déplacements quotidiens. Un cahier des charges auquel répondra pleinement la Prius, première du nom.


 

Après un concept-car présenté au Salon de Tokyo de 1995, la version définitive de la Prius est fin prête à la vente en 1997. Son nom correspond à un mot latin, qui signifie « plus tôt » ou « en avance sur son temps ». Un patronyme loin d’être usurpateur vu que la Prius est pionnière du genre, ce qui va susciter autant l’intérêt de la clientèle que la curiosité de la concurrence. Sa technologie hybride dite THS (Toyota Hybrid System) combine un quatre cylindres 1,5 litre essence de 72 chevaux et deux moteurs électriques reliés à des batteries logées sous le plancher du coffre, qui se rechargent en roulant. Bien qu’utilisant l’essence comme source primaire d’énergie, l’ensemble parvient à conjuguer consommation modérée (environ 5 l/100km) et faibles émissions polluantes (120g/km de CO2). 


 

Débuts timides en Europe, où la Prius ne provoque pas l’engouement escompté, malgré toutes ses qualités. En cause, un prix d’achat élevé et une silhouette peu séduisante, en raison notamment du profil peu dynamique de sa carrosserie de tricorps (avec malle séparée). En Europe, seules quelque 700 unités seront livrées durant cette première année, contre environ 5 800 sur le marché nord-américain et 12 500 au Japon. Pour autant, la filiale européenne de Toyota ne se décourage pas et maintient une pression commerciale et médiatique, visant également à lui conférer une étiquette écologique. Une image novatrice et flatteuse face aux autres constructeurs. Mais il faudra attendre la seconde génération de ce modèle pour voir enfin ses ventes mondiales décoller.


 

Dévoilée en 2003, la nouvelle Prius est totalement restylée et présente un physique plus fluide et avantageux. Son architecture a changé, évoluant vers une ligne bicorps et donc dotée d’un hayon. La puissance de ses deux moteurs a été revue à la hausse pour un meilleur agrément de conduite. L’électricité développe 50 kW, au lieu de 33 précédemment, et le thermique libère 78 ch, contre 72 ch. Rallongée de 13.5 cm (4.32 m), la Prius II offre une habitabilité supérieure et un coffre de bon volume. Ses équipements sont des plus complets, avec la direction assistée, les airbags, la climatisation…Elle est proposée en deux finitions, Linea Sol et Linea Sol Pack, qui offre en plus, les phares antibrouillards, la clé électronique, la Hi-Fi JBL, le chargeur 9 CD, le système GPS à commande vocale et dispositif mains-libres Pour moins de 25 000 €, la Prius bénéficie d’une réduction d’impôt et ne revient pas plus cher qu’un modèle turbodiesel classique et de gamme comparable. Cette fois, les ventes décollent avec pour 2004 en Europe (8 100 unités) et s’envolent en Amérique (55 900). Cela dépasse tous les objectifs initiaux et constitue une augmentation des ventes de 960 % par rapport à 2003. À la fin de la même année, la Prius décroche le titre très convoité de « Voiture de l’année 2005 » en Europe. 


 

Pour 2006, Toyota propose pour sa berline « verte » un système original d’aide au stationnement baptisé IPA pour Intelligent Park Assist. Ce système, pour les réfractaires du créneau, une fois la place repérée, prend les choses en mains et gare tout seul la voiture. En avril 2008, la Prius passe le cap du million d’exemplaires vendus dans le monde depuis son lancement. 


 

Au-delà de ces chiffres, la Prius a gagné en prestige, devenant le must-have de toute une classe sociale. Surtout aux Etats-Unis où elle est plébiscitée par plusieurs stars telles que Cameron Diaz, Julia Roberts, Demi Moore, Claudia Schiffer, Leonardo Di Caprio, Dustin Hoffman, ou encore Sting. Une popularité sur laquelle peut largement capitaliser la troisième génération du modèle, qui prend le relais en 2009, avec un moteur encore plus puissant. L’année suivante, les ventes de la Prius franchiront le seuil des 2 millions d’unités écoulées.