Talbot-Lago T26 Grand Sport (1947-1955)

 

Publié par Philippe Baron le 27 mars 2013.

 

Malgré l’occupation, Antony Lago et son nouvel ingénieur en chef, Carlo Marchetti, font la mise au point d’un moteur 6 cylindres en ligne de 4,5 litres de cylindrée, entièrement nouveau, à deux arbres à cames latéraux dénommé « Lago 2ac ». Les premiers essais des prototypes sont effectués au début de l’année 1942. Ces derniers s’avérant concluants, le projet avance correctement et, dès les premiers mois qui suivent la fin de la guerre, Talbot Lago est en mesure de sortir un véhicule nouveau : la T 26.

 

1948 Talbot-Lago T26 Saoutchik Grand Sport Coupe

 

La Talbot Lago Record T26  (le chiffre 26 indiquant la puissance fiscale) 4,5 litres est mue par un moteur de 4 482 cm3 développant 170 ch à 4 200 tr/mn permettant une vitesse maxi de 170 km/h. Antony Lago, passionné de compétition automobile, extrapole de la Talbot Lago Record une version plus sportive et plus performante en 1947. Nommée Lago Grand Sport T26 GS, elle se présente avec une puissance de 190 ch à 4 200 tr/mn.

 

1947 Talbot-Lago T26 Grand Sport carrossée par Franay

 

La plupart des luxueuses Record sont fabriquées entièrement par la firme elle-même, châssis et carrosserie. Cependant, certains châssis roulants sont livrés à des carrossiers de grand renom : Saoutchik, Letourneur et Marchand, Antem, Franay, Dubos, Guilloré, etc.

 

 

Entre sa première présentation en 1946 et l’arrêt de sa production en 1955, seulement 36 modèles ont été fabriqués, aucun ne ressemblant à un autre. Un succès bien modeste.  Et pourtant Talbot Lago est le seul constructeur français important à sortir un véhicule complètement nouveau en cette période difficile d’après-guerre, alors que ses concurrents français les plus directs, Bugatti, Delage ou Delahaye, n’ont pu produire que leurs modèles d’avant-guerre plus ou moins remis au goût du jour.

 

 

La T26 GS verra quelques-uns de ses châssis « détournés » vers la compétition sous l’appellation de T26C. C’est un de ces modèles qui permettra à Talbot Lago de remporter la plus belle de ses victoires en course lors des 24 Heures du Mans de 1950.

 

 

Le châssis, à empattement long, est équipé du moteur six cylindres en ligne en alliage d’aluminium implanté longitudinalement sur l’avant. D’une cylindrée de 4 482 cm3, il est alimenté par 3 carburateurs Zenith-Stromberg. Il développe ainsi une puissance maximale de 195 ch à 4 500 tr/mn. Ces performances mécaniques lui permettent d’atteindre une vitesse maxi de l’ordre de 200 km/h.

 

 

Jacques Saoutchik, ébéniste juif d'origine russe, né à Minsk en 1880, ouvre un atelier de carrosserie à Neuilly, dans la banlieue de Paris. Nous sommes en 1906 et sa première création est réalisée sur châssis Isotta-Fraschini. Dès 1920, Saoutchik se hisse au niveau des meilleurs carrossiers d'Europe, et parmi ses clients figure un nombre impressionnant de stars du grand écran dont Mary Pickford pour laquelle il conçoit une Delage spéciale, de têtes couronnées, les rois du Cambodge, du Siam, d'Égypte et de Norvège, l'empereur d'Éthiopie et le shah d'Iran.

 

 

Pendant plusieurs années, les remarquables «transformables», cabriolets, coupés et voitures de ville signés Jacques Saoutchik, représentent le summum du chic et récoltent une moisson de trophées aux concours d'élégance qui se tiennent à Paris et dans les centres de villégiature de la côte de l'Atlantique et de la Côte d'Azur.  

 

1948 Talbot-Lago T26 GS Cabriolet Saoutchik

 

À l'instar de Figoni et Falaschi, ses contemporains parisiens, Saoutchik a survécu à la Grande Dépression; l'après-Deuxième Guerre mondiale lui a toutefois porté un coup fatal, de même qu'à la plupart des couturiers de l'automobile. En fait, sur les 57 carrossiers présents au Salon de Londres en 1929, on n'en retrouvait que 13 en 1959. L'âge d'or de l'automobile de luxe tirait bel et bien à sa fin.

 

1955 Talbot-Lago T26 GS Coupé
1950 Talbot-Lago Grand Sport T26 GS Coupé Saoutchik - Photos : Bonhams