Talbot-Lago T 150 C (1937-1939)

1938 Talbot-Lago T150C SS Figoni Falaschi

 

Publié par Philippe Baron le 7 avril 2015.

 

En 1913, la marque française Darracq est rachetée par Owen Clegg qui dirigeait la filiale londonienne. Après la Première Guerre mondiale, il acquiert les marques Clément-Talbot et Sunbeam. Les voitures qui sont fabriquées dans les usines de Suresnes prennent le nom de Talbot en France et Darracq au Royaume-Uni pour ne pas être confondues avec les Talbot anglaises. Puis, suite à la crise économique du début des années trente, le groupe anglais STD (Sunbeam-Talbot-Darracq) est mis en liquidation et démantelé. Le groupe Roots se trouve acquéreur des filiales britanniques tandis que l'usine Darracq de Suresnes est cédée à Anthony Lago qui en prend les rênes en 1934.

 

 

Devenue indépendante du groupe anglais STD, la marque française Talbot se lance dans un programme sportif dynamisé par son propriétaire Anthony Lago et son ingénieur en chef Walter Becchia. Les premières Lago reprennent le châssis à entretoises en X à suspension avant indépendante, mais avec un trio de moteurs « T 150 », des six cylindres conçus par Walter Becchia, un 2, 7 litres 15 CV, un 3 litres 17 CV et un 4 litres 23 CV, ce dernier avec chambres de combustion hémisphériques et soupapes en tête inclinées, à commande croisée. La boîte présélective Wilson est montée sur les modèles les plus gros. 

 

1939 Talbot-Lago T150 C Coupe - Photos : Gooding & Company

 

Dévoilée au Salon de Paris, en octobre 1936, la dernière routière d'avant-guerre de la marque, la 4 litres T150C, est proposée sur deux empattements : 2, 65 m pour la version courte SS (Super Sport) livrable qu’en châssis destiné à être habillé par les meilleurs carrossiers de la profession et 2,95 m pour la Talbot-Lago Spécial Grand Sport à la mécanique identique mais qui reçoit une carrosserie de coach ou de cabriolet, toutes les deux réalisées dans les ateliers de Suresnes. Malgré leur plus grande longueur, pour recevoir des carrosseries plus habitables, ces dernières ne pèsent que 130 kg de plus que la version courte et sont souvent engagées en compétition par leur propriétaire. La puissance varie de 140 ch sur les versions client à 155 ch sur les voitures compétition d'usine. En 1937, Talbot-Lago remporte le Grand prix de France et le Tourist Trophy. Au moment de l'entrée en guerre, en 1939, Tony Lago avait réussi à hisser la marque parmi les meilleures en Europe.

 

 

Le modèle est reconduit en 1946, sous le nom de Record, avec des freins hydrauliques, une boîte Wilson et une version 4,5 litres de 170 ch du classique moteur longue course à tiges croisées. Pour la compétition, il y avait la Grand Sport sur châssis court avec un moteur de 190 ch, ce modèle servant de base à la voiture de Rosier qui gagna les 24 Heures du Mans 1950 et à la monoplace de Grand Prix. 

 

1938 Talbot-Lago T150 C Goutte d'eau Jeancart Figoni & Falaschi - Photos : RM Auctions

 

Après la Première Guerre mondiale, Joseph Figoni ouvre un petit atelier de réparation en carrosserie avant de se lancer dans la fabrication de carrosseries complètes. Le nom de Figoni apparait lorsque l’Alfa Romeo carrossée par ses soins remporte les 24 Heures du Mans en 1933 et 1934. Ce n’est pas encore la célébrité mais une renommée suffisante pour qu’un industriel italien Olivio Falaschi s’intéresse à la petite entreprise. Ils s’associent en 1935 pour fonder la carrosserie Figoni & Falaschi, le premier s’occupe du design et le second de la partie commerciale. 

 

 

Figoni & Falaschi ont été chargés de carrosser la majorité des châssis de T150, principalement en berlinette ou en cabriolet, mais d’autres reçurent une carrosserie d'usine. À conduite à droite, comme toutes les voitures de luxe françaises d'avant-guerre, les T150 n’ont été produites qu’à 69 exemplaires tous modèles confondus (dont 4 ou 5 cabriolets usine). La première Talbot-Lago T150 carrossée par Figoni & Falaschi était présentée au Salon de l’Automobile de Paris de 1937. Le style de la voiture était impressionnant : les lignes courbes, l’inclinaison de pare-brise et la recherche de l’aérodynamisme, ont fait de ce modèle baptisé « Goutte d’eau » une référence dans le design automobile. Deux variantes de style ont été développées par Figoni & Falaschi sur le modèle coupé goutte d’eau : l’un dénommé « Jeancart », qui tire son nom du Docteur Jeancart, le premier à demander un décrochement à l’arrière pour ménager d’avantage de place pour les bagages, l’autre « New York ». En tout, 17 voitures ont été construites avec la carrosserie « goutte d’eau » dont trois avec un châssis assez différent, notamment au niveau du moteur, et dénommés T23.

 

Talbot-Lago T150C SS Figoni & Falaschi
1938 Talbot-Lago T150C-SS Figoni et Falaschi - Photos : RM Auctions
1938 Talbot-Lago T150 C SS Figoni Falaschi Roadster - Photo : RM Auctions
1936 Talbot Lago T150C - Photo : Artcurial Motorcars