Sunbeam Alpine (1959-1967)

Publié par Philippe Baron le 2 février 2016.

 

La Sunbeam Alpine cabriolet est lancée en 1959. Elle reprend l’appellation du 2.3 l présenté en 1953 qui était alors le premier modèle à porter à lui seul le nom de la marque Sunbeam depuis le rachat de Sunbeam-Talbot par le groupe Rootes en 1935 et qui connut son heure de gloire dans le film d'Alfred Hitchcock, "La Main au Collet", avec Grace Kelly donnant à son volant des sueurs froides à son passager, Cary Grant, sur les hauteurs de Monaco. Conçue pour le marché américain, friand de ces petits cabriolets, la Sunbeam Alpine entre en concurrence avec ses rivales britanniques Triumph TR4, MGA, puis MGB.

 

 

Le design très réussi de l’Alpine est signé Kenneth Howes, ex collaborateur de Raymond Loewy chez Studebaker. Pour sa motorisation, le quatre-cylindres de 1,5 litre bénéficie d’une culasse en aluminium, d’un nouveau pont arrière et de freins à disque à l’avant. Avec deux carburateurs, la puissance atteint 78 ch qui permettent à la voiture de dépasser les 155 km/h. Voiture de conception moderne, l’Alpine abandonne le châssis traditionnel pour une structure monocoque. L’assemblage final se fait chez Bristol Siddeley à Coventry. La Sunbeam Alpine va connaître quatre évolutions. La première série est produite à 11 904 exemplaires jusqu’en 1960. Cette année-là, en octobre, l’Alpine II hérite d’un nouveau moteur de 1,6 litre et 80 ch (Alpine II : 19,956 exemplaires jusqu’en février 1963).

 

1963 Sunbeam Alpine Series 3 - Photos : Nick Farrow

En 1962, la Sunbeam Alpine connaît son heure de gloire en figurant dans le premier film de James Bond sur les écrans, ‘James Bond 007 contre Dr. No’. Dans la première poursuite de la série, Bond, au volant d’une Sunbeam bleue, tente de semer une vieille limousine La Salle sur l’ile de Kingston en Jamaïque.


 

En 1963, apparaît l’Alpine III. L’assemblage des véhicules se fait maintenant à l’usine Rootes de Ryton. Une version dite « GT » est maintenant proposée parallèlement au cabriolet. Il s’agit d’un coupé réalisé simplement par le montage d’un hard-top sur le cabriolet. Si ce hard-top est amovible, la capote et son mécanisme disparaissent toutefois. Mieux finie mais moins puissante (77 ch contre 82 ch pour le cabriolet), cette version de l’Alpine sera peu diffusée et rapidement abandonnée.

 

Sunbeam Alpine Tiger

 

Produite un an seulement, l’Alpine III (5 863 exemplaires) s’efface en 1964 au profit de l’Alpine IV (12 406 exemplaires), dont le design est profondément remodelé. Pour donner un nouvel élan à son modèle, Rootes le rajeunit en lui rabotant les ailerons. La calandre est également redessinée. Techniquement, une nouvelle boîte de vitesses entièrement synchronisée fait son apparition comme sur l’ensemble des modèles Rootes.

 

 

En mai 1964 au Salon de New York, est présentée une version sportive de l’Alpine dans laquelle un gros V8 américain de 4.2 l a été greffé. L’adaptation de ce bloc Ford de 164 ch avait été confiée à Carroll Shelby, qui avait parfaitement réussi une telle métamorphose avec l’AC, devenue Cobra. La voiture est baptisée Tiger et en 1966, Sunbeam revoit la copie de son moteur en proposant un V8 4.7 l de 200 ch. 7 085 exemplaires de la Tiger seront produits entre 1964 et 1967.

 

Sunbeam Alpine V

 

En 1965, la dernière version, l’Alpine V (19 122 exemplaires), prolonge la vie du modèle jusqu’en 1968. Elle bénéficie du nouveau quatre cylindres 1 725 cm3 à cinq paliers du groupe Rootes, alimenté ici par deux carburateurs Zenith-Stromberg (92 ch). La production de la Sunbeam Alpine est abandonnée en 1967 au moment du rachat de Rootes par Chrysler.

 

1965 Sunbeam Tiger Coupe Harrington (unique exemplaire)
1967 Sunbeam Tiger II
1967 Sunbeam Tiger II - Photos : Patrick Ernzen, RM Auctions