Studebaker Lark (1959-1966)

1959 Studebaker Lark VIII Regal Sedan

 

Publié par Philippe Baron le 3 juin 2015.

 

Aussi éloignée par ses formes et ses dimensions des vastes voitures américaines de la fin des années cinquante, la Studebaker Lark innove dans la modernité et le gabarit raisonnable. Première des voitures outre-Atlantique dites « compactes » avant que les trois géants de Detroit ne s’y intéressent, la Lark apportera-t-elle un souffle suffisant à la marque Studebaker confrontée à de profondes difficultés financières pour éviter de disparaître de la scène automobile ?

 

1959 Studebaker Lark VIII Regal Hardtop Coupe

 

Avec des pertes de 13 millions de dollars en 1958, Harold Churchill, président de la société Studebaker depuis 1956, sait que l’avenir de l’entreprise dépend d’une nouvelle automobile de large diffusion, économique et au gabarit raisonnable. Comme la firme de l’Indiana ne dispose pas de moyens financiers suffisants pour produire une voiture totalement nouvelle, elle décide d’utiliser un maximum d’éléments maison pour réduire les coûts de fabrication.

 

1960 Studebaker Lark Sedan

 

Si la cellule centrale reste la même que la grosse berline Hawk, la voiture, baptisée Lark et réalisée en seulement neuf mois, ne mesure plus que 4.44 m de long, tout en conservant une habitabilité confortable pour 6 personnes. Le pare-brise est emprunté à la gamme 1955, le volant à celle de 1957 et la forme du toit et des portières à des modèles hardtop du millésime 1958. Le styliste Duncan McRae réussit à donner une forte personnalité à la Lark en apposant sur son avant court et droit une large grille de calandre.

 

1960 Studebaker Lark VIII Deluxe Station Wagon

 

Présentée officiellement le 8 novembre 1958 et introduite sur le marché au début de l’année 1959, la Studebaker Lark est proposée en quatre configurations de carrosserie : berline deux ou quatre portes, break deux portes et hardtop à deux portières. La finition de base est la De Luxe, qui ne propose pas la carrosserie hardtop, et la version haute la Regal. Deux choix de motorisation sont proposés. La Lark VI est animée par un six-cylindres aux soupapes latérales de 2.8 l et 90 ch, tandis que la Lark VIII utilise un V8 culbuté de 4.2 l et 180 ch.

 

1960 Studebaker Lark VIII Regal Convertible
1961 Studebaker Lark 2-Door Sedan

 

Le résultat des ventes du millésime 1959 est très satisfaisant puisque 131 078 Lark trouvent preneurs, portant le chiffre d'affaires à 387 millions de dollars et un bénéfice dégagé de 28 millions. Pour 1960, la gamme Lark Regal est complétée d’un cabriolet, carrosserie abandonnée par la marque depuis 1952, et un break 4 portes beaucoup plus pratique que le 2-portes. Pour 1961, la série Cruising pour la berline 4-portes est introduite en offrant plus de luxe. La série Regal reçoit quatre optiques et sur demande pour les De Luxe. La Lark VI bénéficie d’un nouveau six-cylindres en ligne « Skybolt Six » aux soupapes en tête de 112 ch.

 

1962 Studebaker Lark Daytona

 

En 1961, dès l’arrivée des premières compactes produites par les trois géants, GM, Ford et Chrysler, les ventes de Lark commencent à décliner. Après 127 713 unités enregistrées en 1960, la production chute à 64 631 pour l’année 1961. Studebaker tente de relancer les ventes en introduisant en 1962 une série haut de gamme nommée Daytona, réalisée par le styliste Brooks Stevens, disponible pour les configurations hardtop et cabriolet.  

 

1962 Studebaker Lark Convertible - Photo : Rex Gray

 

L’ingénieux Brook Stevens est également l’auteur du Wagonaire introduit dans la gamme Daytona en 1963. Ce station wagon se distingue par son toit en tôle d’acier, coulissant sur des rails jusqu’au niveau des portières arrière, facilitant ainsi le transport d’objets encombrants. Brooks Stevens sera chargé également du restylage de la dernière génération de Lark produite entre 1964 et 1966.

 

Studebaker Lark Wagonaire
1963 Studebaker Lark Wagonaire Daytona

 

Dès 1964, la production des Studebaker Lark est transférée de South Bend, Indiana à l’usine canadienne de Hamilton, Ontario avec des 6-cylindres 3.8 l 120 ch ou V8 4.6 l 195 ch fournis par la division Chevrolet de General Motors. La production se terminera définitivement en mars 1966 après 522 677 unités produites depuis le début du modèle. La dernière Lark fabriquée à South Bend, qui n’a jamais été livrée à un concessionnaire de Pennsylvanie et la dernière Lark fabriquée au Canada sont exposées au Musée Studebaker à South Bend. 

 

1965 Studebaker Lark Cruiser
1965 Studebaker Lark Daytona Sport Sedan
1966 Studebaker Daytona Sport Sedan - Photos : RM Auctions
1959 Convoi Studebaker - Scan : Dick Copello
1959 Studebaker Lark 2-Door Sedan - Scan : Alden Jewell
1959 Studebaker Lark Sedan - Photo : Steve Brown
Scan : Geoff Nowak
Photo : Stuart Meade
1960 Studebaker Lark Regal 2-Door Hardtop - Scan : Alden Jewell
Studebaker Lark - Modèles de gauche à droite : 1964 - 1963 - 1962 - Photos : Erin
Scan : Alden Jewell
1962 Studebaker Lark Daytona Convertible Indy 500 Pace Car
1962 Studebaker Lark Daytona - Photo : Greg Gjerdingen
1962 Studebaker Lark Hardtop Coupe
1963 Studebaker Lark Wagon - Photo : Steve Owen
1963 Studebaker Lark Daytona Convertible
1963 Studebaker Cruiser
Photo : Michael Wayne Jordan