Simca Océane & Plein Ciel (1957-1962)

Publié par Philippe Baron le 30 juin 2015.

 

Au Salon de l’Auto 1956, Simca dévoile son nouveau cabriolet nommé Océane et son nouveau coupé appelé curieusement Plein Ciel, nom qui aurait mieux convenu au cabriolet. Jamais en retard d’une mode, après le style italien de la génération précédente, les nouveaux modèles d’agrément de Simca se sont imprégnés d’un design américain aux lignes plus agressives qui fascinait Henri Pigozzi, le président-directeur général de Simca.

 

 

Ces deux véhicules viennent remplacer le Coupé de Ville apparu en 1954 et le cabriolet Week-End en 1955, ce dernier qui fut photographié par un jeune photographe de Paris Match du nom de Roger Vadim. Il réalisa plusieurs clichés du cabriolet avec à son bord son épouse, une jeune starlette de 19 ans complètement inconnue à l’époque, Brigitte Bardot. Ce cabriolet, le premier d’une série construite par Facel et portant le numéro 705001, sera conservé par la future star pendant six ans. Dans la photo ci-dessous prise en 1955 lors du tournage de ‘Et Dieu créa la femme’, Brigitte Bardot croise Roger Vadim dans son spider Lancia Aurelia B24 sur le vieux port de Saint-Tropez.

 

Photo : Thomas Bersy

Avant la présentation officielle des deux nouveautés, une fuite dans la presse révéla le nom de Plein Ciel pour le cabriolet et Océane pour le coupé. Déconcerté mais non désarçonné, Henri Pigozzi décida alors d’inverser le nom des modèles. De toute façon, l’appellation Plein Ciel pour le coupé pouvait paraître appropriée puisqu’elle faisait référence au pare-brise panoramique, une première chez un grand constructeur français, supposé apporter une grande luminosité dans l'habitacle et une meilleure visibilité de la route et du ciel. Au Salon 1956, une jeune actrice, Anne-Marie Persen pose sur le stand habillée en sirène. Sa tenue est même dessinée avec des petites Océane et Plein Ciel. Commercialisés en 1957, l’année de la 500 000e Aronde produite, ces modèles élégants sont prioritairement destinés à la clientèle féminine. Henri Pigozzi se targue d’ailleurs de vendre ses voitures aux plus jolies femmes de Paris et lors de l’exposition, « La femme et sa voiture » organisée aux Galeries Lafayette et inaugurée par Henri Pigozzi, lui-même, l’Océane et la Plein Ciel occupent une place de choix dans cette représentation première du genre.

 

Ces Thunderbird à la française à la ligne allongée et tendue font du plus bel effet avec une large calandre à grille en aluminium poli, un pare-brise panoramique et des ailes arrière aiguisées. L’Océane et la Plein Ciel sont construites et réalisées artisanalement par Facel Metallon à Colombes, le constructeur des voitures françaises de prestige. Portières, ailes et capots sont ajustés à la main par les ouvriers au bout de la chaîne de production.


 

Construites sur la plate-forme de l’Aronde et profitant de plusieurs de ses organes mécaniques, l’Océane et la Plein Ciel sont équipées du récent moteur 1300 cm3 Flash Spécial de l’Aronde Montlhéry à la puissance de 57 ch qui revendique 140 km/h en pointe. Le 9 avril 1957 à Montlhéry, ce moteur battait plusieurs records avec une Aronde qui se lança sur l’anneau et qui ne s’arrêta que le 17 mai, après avoir parcouru 100 000 km. Elle fut sacrée Championne du Monde des 100 000 km et gagna parallèlement 25 records de classe (1 500 cm3) et trois autres de distance. L’Océane reçut à partir de 1958 sur sa malle arrière l’écusson «  Records du Monde ». Le nouveau quatre cylindres à cinq paliers de la P60 arrive à la fin 1960 sous la forme du Rush Super (62 ch à 5 200 tr/mn). Il s’effacera bientôt au profit du Super M (70 ch à 5 900 tr/mn), qui motorisera les voitures jusqu’au terme de leur carrière. 

 

Jugées élégantes mais snobes, l’Océane et la Plein Ciel ne décollent pas au niveau des ventes dû à un tarif élevé, le double d’une berline Aronde,  et se voient heurter de plein fouet par la concurrente Renault Floride, proposée à un prix beaucoup plus attractif. Elles tireront leur révérence en juillet 1962 pour céder la place au coupé dérivé de la Simca 1000 après une production tous modèles confondus de 11 540 exemplaires.