Simca Aronde (1951-1958)

Le Touquet - Paris Plage, Hôtel Bristol avec Simca Aronde Grand Large, Jaguar MKVII, MG Magnette, Peugeot 203, ( Photo : PikkPikk)

Publié par Philippe Baron le 29 mai 2015.

 

L’Aronde, présentée le 31 mai 1951, matérialise l’indépendance de Simca souhaitée par le dirigeant de la firme, Henri-Théodore Pigozzi, pour mettre ainsi un terme à un partenariat noué avec Fiat en 1934. L’Aronde, nom signifiant en ancien français « hirondelle » et aussi le symbole de la marque Simca, vole rapidement vers le succès. Elle sera la voiture la plus vendue en France en 1956.

 

Photo : Motozone 69

 

La Simca 9 Aronde, simplifiée rapidement au nom Aronde, est une création totalement due aux ingénieurs et aux stylistes de Nanterre. Première Simca à carrosserie monocoque, elle n'a presque plus rien en commun avec un modèle Fiat existant. Cependant, la Fiat 1400 sortie un an plus tôt possède une structure identique. En fait, la Simca 9 Aronde et la Fiat 1400 ont été élaborées conjointement chez le grand emboutisseur américain Budd, spécialiste des carrosseries tout acier.

 

Photo : Selene Solveig

 

La carrosserie de l’Aronde, finalisée par René Dumas, adopte une ligne du style ponton, c'est-à-dire avec les ailes intégrées dans le reste de la carrosserie. La lunette arrière panoramique (en une seule pièce, contre trois à partir de 1952) renforce la luminosité dans un habitacle raisonnable pour quatre adultes. Sur la face avant, la curieuse calandre, faite d’une large bande chromée en forme d’escalier, est baptisée calandre en podium. Cette calandre cintrée s’élargit en 1954 en arc de cercle pour former une moustache. Détail amusant, le bouchon de réservoir d’essence est caché dans le feu arrière gauche comme pour les Cadillac. Bâtie sur un empattement de 2.44 m, l’Aronde mesure 4.07 m en longueur.

 

Photo : Isabelle Blanchemain

 

Malgré sa modernité apparente, la 9 Aronde est techniquement très classique et reste fidèle à la propulsion. Elle est mue par le même moteur Fiat de 1 221 cm3, identique à celui qui équipait les Simca 8 1200 qu'elle remplace, mais dispose de 45 ch. Nerveuse, rapide avec des pointes à 130 km/h, la voiture est toutefois sobre avec une consommation ne dépassant jamais 8.6 litres aux 100 km/h, d’où le slogan de la marque à l’époque : un appétit d’oiseau.

 

Photo : Fred 52

 

Entre les mois d’août et de septembre 1953, sur l’autodrome de Montlhéry, une berline Simca Aronde pulvérise près de trente records internationaux en parcourant 100 000 km à 104.07 km/h de moyenne. Cette voiture historique sera par la suite exposée sur le stand de la marque lors du Salon de Paris d’octobre 1953.

 

1955 Simca Aronde Elysee

 

L'Aronde 1300, construite pour les modèles 1956 à 1958, se distingue par des lignes de carrosserie d’inspiration américaine dite « Océane », intégrant une partie arrière allongée. L'Aronde 1300 reçoit le moteur « Flash » de 1 290 cm3.

 

 

En 1957, Simca fait à nouveau la une avec une série de retentissements records du monde avec une Aronde strictement de série prélevée le 20 mars sur la chaîne de production. Elle était la 538 080e produite depuis 1951. Le départ est donné sur l'autodrome de Montlhéry le 9 avril à 6h01. La voiture tourna pendant 38 jours et 37 nuits pour arriver le 16 mai à 14h après 100 000 km parcourus à une moyenne de 113 km/h. Simca utilisera la performance pour lancer la berline Montlhéry pour les modèles 1958 avec le moteur « Flash Spécial ». Après un peu plus de 900 000 exemplaires produits, l’Aronde laisse place à l’Aronde P 60.

 

Photo : renault19872000

Simca Aronde Grand Large (1955-1959)

 

Au salon de l’Auto 1952, Simca présente un coupé décliné de son modèle populaire, l’Aronde. La petite berline bien dans l’air du temps fête son premier anniversaire en étant deuxième vente du pays derrière la 4CV de Renault avec 55 000 exemplaires vendus. Baptisé « Grand Large », ce coupé n’est pas destiné à la production mais un exercice de style pour attirer l’attention du public sur le stand du constructeur de Nanterre. Et pourtant, devant le succès rencontré, Henri-Théodore Pigozzi  décide de relever le défi en lançant sa commercialisation.

 

 

De défi il faut véritablement parler car au-delà de l’originalité du style, la Grand Large est dépourvue de montant central et les vitres latérales sont entièrement escamotables. Cette caractéristique la fait ressembler à un cabriolet doté d’un hard-top. Mais Simca s’aperçoit très vite que la caisse n’est pas assez rigide et que de nombreux renforts devront être rajoutés pour préserver l’ensemble. Il faudra alors pas moins de deux années pour modifier sa conception et maitriser le surcoût de production des éléments spécifiques.

 

1955 Simca Aronde Grand Large - Photo : Techni-tacot.com
1956 Simca Aronde Grand Large - Photo : Ghislain 51

 

En 1955, la Grand Large bénéficie du renouvellement de la gamme Aronde pour faire son lancement. Elle adopte la ligne Océane et reçoit une carrosserie bicolore, des chromes et un habitacle généreux. Trois versions sont proposées, la Normale avec petits enjoliveurs centraux, la Spécial avec de grands enjoliveurs ajourés à mi-diamètre et la version luxueuse, la Rue de la Paix. Digne d’une petite américaine, elle est l’un des modèles français les plus élégants des années 1950.

 

Photos : http://www.classiccarcatalogue.com

 

Dans sa version de base, la Grand Large est dotée d’un 4-cylindres en ligne de 1 221 cm3 développant 45 ch mais les versions supérieures reçoivent le moteur Flash, inédit, de 1 290 cm3 de 48 ch qui permet d’atteindre les 135 km/h, une vitesse très honorable pour l’époque. Après quatre années de production et environ 80 000 unités produites, elle s’efface pour laisser place à la dernière génération d’Aronde, la P60. Simca renouvellera le concept coupé sans montant central avec la P60 Monaco.

 

Photo : gueguette80
Photo : Pontfire

Simca Aronde Châtelaine (1954-1962)

Photo : Gueguette 80

 

Lancée en 1951, l'Aronde est retouchée pour l'année modèle 1954. Elle abandonne sa calandre en escaliers pour une calandre arrondie. Il en est de même pour ces modèles utilitaires, la Messagère entièrement tôlée, la Commerciale avec petite fenêtre carrée sur les panneaux latéraux qui prend le nom de Châtelaine en 1954. Ce break est relativement en avance sur son temps dans la mesure où il n'est pas conçu comme un utilitaire; plutôt comme un break de luxe. Il est équipé de la même manière qu'une voiture de tourisme, sans économie d'accessoires.

 

1952 Simca Aronde Commerciale

 

La Châtelaine est la version entièrement vitrée disposant d'une banquette arrière escamotable pour une double utilisation : utilitaire ou familiale. Une fois repliée entièrement, le break Châtelaine dispose d'une bonne surface de chargement, grâce notamment à sa roue de secours disposée judicieusement sous le plancher plat.

 

Scans : Michiel V

 

La Châtelaine ne propose que deux portes latérales. Pour faciliter l'accès aux places arrière, le siège avant droit s'escamote complètement. L'arrière s'ouvre en deux parties, vers le bas et vers le haut. Le hayon du bas peut se maintenir ouvert, offrant ainsi un espace allongé supplémentaire. La charge utile est de 500 kg et son moteur d'une puissance de 45 ch à 4.500 tr/mn lui permet d'atteindre la vitesse confortable de 125 km/h. En octobre 1955 le nouveau moteur Flash de 1 290 cm³ remplace l'ancien de 1 221 cm³. Sa puissance reste tout de même identique (45 ch).

 

 

Au lancement de la P60, Simca propose une version encore plus luxueuse de la Châtelaine : la Ranch qui comme la P60 haut de gamme porte une robe bicolore. Le modèle paraît en 1960 mais parallèlement la Châtelaine reste au catalogue. La Messagère cède la place à l’Artisanale, entièrement vitrée elle aussi, mais avec des grillages intérieurs sur les côtés et la Commerciale disparaît. Comme la berline, ces utilitaires sont motorisés par un 4-cylindres de 1 290 cm3, développant 57 ch à 5 200 tr/mn et leur permettant d’atteindre les 130 km/h.

 

Photo : Camille0743