Simca 1000 (1961-1978)

1969 Simca 1000 Special - Photo : Hugues Chaussin

 

Publié par Philippe Baron le 19 mai 2014.

 

Dès sa présentation au Salon de Paris du 4 octobre 1961, la Simca 1000 connaît un grand succès commercial. La clientèle est attirée par cette petite voiture massive mais de proportions agréables qui, par sa maniabilité, se joue des difficultés de la circulation. Beaucoup plus tard, dans sa version Rallye, la docile et paisible Simca 1000 deviendra une vraie bête de course, capable de lutter efficacement contre les Porsche 911 dans les courses de côte.  


Les Simca de Poissy en 1961
Photo Scan : John Lloyd

 

La Simca 1000 est la petite voiture économique familiale qui manquait dans la gamme Simca. Pour ce projet, Henri Théodore Pigozzi, patron de Simca, avait reçu la participation de Fiat et plus particulièrement celle de Dante Giacosa, le directeur du bureau d’études turinois. Ainsi la conception de la Simca 1000 est proche de celle de la Fiat 600 dont elle reprend le moteur arrière en porte-à-faux, les suspensions et la direction. La dénomination « 1000 » fut retenue pour marquer une rupture avec celles des modèles produits jusqu’alors. 


Henri Théodore Pigozzi, patron de Simca, et la Simca 1000

 

Le style de la Simca 1000 est signé du turinois Mario Revelli de Beaumont qui sera récompensé pour la ligne élégante de la voiture en remportant le Grand Prix de l’Art et de l’Industrie. Le style est qualifié de « trois boîtes » : une boîte pour les passagers, une boîte pour les bagages et une boîte pour le moteur. De dimensions réduites lorsqu’elle est vue de l’extérieur, la Simca 1000 de 3.80 m offre cependant une habitabilité satisfaisante et un confort suffisant pour parcourir de longs parcours. Pour ménager davantage de place dans l’habitacle, le radiateur d’eau a été déporté sur le côté droit du moteur comme sur la Fiat 600 D.  


1965 Simca 1000 - Photo : Clay le Photiste
Photo : Matt Cotton

 

Nouvelle par ses lignes, la Simca 1000 l’est aussi par son moteur quatre-cylindres longitudinal en porte-à-faux arrière de 944 cm3 avec transmission aux roues arrière par l’intermédiaire d’une boîte à quatre vitesses synchronisées (système Porsche). Elle est dotée d'une suspension à quatre roues indépendantes (ressorts hélicoïdaux à l'arrière et à lames à l'avant) et de freins à tambours à l’avant comme à l’arrière.


 

Lancée la même année que deux autres petites voitures françaises, la Citroën Ami 6 et la Renault 4, la Simca 1000 concurrence principalement la Renault Dauphine puis la Renault 8, toutes deux à moteur arrière. En septembre 1962, la puissance du moteur passe de 36 à 39 ch DIN, tandis que l'ancien groupe est récupéré par la 900 (sans fausse calandre), nouvelle version bas de gamme de la 1000, alors qu'apparaît brièvement en 1963-64 une 900 C de 39 ch. Pour les modèles 1963, une 1000 Luxe est lancée, remplacée un an plus tard par la 1000 GL équipée du moteur 42 ch DIN du coupé 1000 dessiné par Bertone sorti en mars 1962 et qui visait surtout la clientèle féminine. 


 

Pour 1965, la gamme 1000 est remaniée avec cinq finitions dont les 1000 L (ex-900) et 1000 LS (ex-1000) avec banquette rabattable en série, les 1000 GL et GLS et, nouveauté, la 1000 GLA à boîte semi-automatique trois rapports Ferodo, qui cède la place une année plus tard à l'option semi-auto sur les GL et GLS. Pour 1966, la nouvelle planche de bord adopte un compteur de vitesses horizontal et les vitres de portière avant s'équipent d'un déflecteur (GL et GLS) puis les « 1000 Commerciale » dépouillées apparaissent brièvement pour un an. Pour 1968, un moteur dérivé de la Simca 1100 (moteur Poissy) fait son apparition en 39 ch pour la L/LS et 42 ch pour la GL/GLS.


Photos Scan : Michiel V

 

La Simca 1000 est profondément modifiée pour 1969 : la direction à vis et galet devient à crémaillère, ensuite l'avant est revu avec des phares plus gros, une nouvelle calandre avec des clignotants débordants, et à l'arrière des feux agrandis et carrés qui remplacent les précédents de forme ronde. La nouvelle gamme se constitue alors de l'économique Sim'4 (pour 4 CV), la 1000 (5 CV) et la 1000 Spécial (1 118 cm3 et 6 CV) qui remplace les 1000 GL et GLS. Un an plus tard, 2 ch s'ajoutent aux Sim'4 et 1000, 4 ch à la Spécial. 


 

A partir de 1970, la marque de Poissy développe les versions sportives 1000 Rallye à partir de la 1000 Spécial puis la 1000 sera rescindée en versions LS et GL. La Rallye 1 débarque en février 1972 avec un moteur de 1 294 cm3 et 60 ch. En septembre de la même année, la puissance augmente à 82 ch avec la Rallye 2. La 1000 Rallye 3 de 1977 n’est autre qu’une Rallye 2 groupe 2 homologuée (103 ch, moteur type 1G4C). Si la première Simca 1000 n’était créditée que d’un petit 125 km/h en pointe, la Simca 1000 Rallye atteint 150 km/h et la Rallye 2 de 1972 dépasse légèrement les 170 km/h. Quant à la Rallye 3 de 1977, elle frôle les 180 km/h.


Scan : Douglas Millar

 

Pour 1972, la 1000 GLS réapparaît avec une boîte de vitesses manuelle (6 CV) ou avec la boîte de vitesses semi-automatique (5 CV). Toutes les Simca 1000 héritent d'un carrossage négatif des roues arrière de type 1000 Rallye 1 (roues en V inversé) pour 1973 et d'un tableau de bord à cadrans ronds pour 1975. Pour 1976, La GLS 6 CV et Spécial 7 CV deviennent des SR. Un an plus tard, les 1000 adoptent des phares rectangulaires avec grande calandre noire sous un capot plat tandis que la gamme se simplifie autour de la 1005 LS (944 cm3), la 1006 GLS (1 118 cm3), la Rallye 1 et la Rallye 2 bientôt suivie par la Rallye 3.


 

En mai 1978, la production de la Simca 1000 est arrêtée avec au compteur 1 949 256 exemplaires diffusés. La Simca 1000, qui est la dernière voiture française à moteur arrière, la dernière petite voiture à propulsion chez Simca, devenue Chrysler, puis Talbot. Elle attendra 1981 pour être remplacée par la Talbot Samba.