Salmson S4 E/61 (1937-1951)

1950 Salmson S4-61 - Photo : Pontfire

 

Publié par Philippe Baron le 27 juillet 2015.

 

En 1936, la France est paralysée par des conflits sociaux et des grèves qui se succèdent. Les "Accords de Matignon" permettent la reprise de l'activité. Le coût de la main-d'œuvre augmente considérablement ce qui pénalise toutes les entreprises artisanales comme la Société des Moteurs Salmson, où chaque véhicule est encore assemblé à la main. Salmson ne peut lutter face à la concurrence qui impose la loi de la grande série. Les ventes chutent vertigineusement mais les nouvelles S4 E et S4 61 sont prêtes à relever le défi. 

 

1950 Salmson S4 - Photo : Gaetan Tourniaire

 

Une des marques de fabrique des Salmson au passé sportif est un moteur à deux arbres à cames en tête, une exception à l'époque pour les voitures de tourisme. Depuis 1929, la S4 constitue le cœur de gamme de la marque, sa mécanique évoluant au fil des ans jusqu'à 1 732 cm3 et un peu plus de 50 ch. Sans égaler les marques les plus sportives comme les Delahaye ou les Talbot, les Salmson S4 sont des automobiles de bonne facture, bien finies et offrant d'excellentes qualités routières en regard des marques de plus grande diffusion. 

 

1951 Salmson S4-61 - Photos : LRM

 

Très classique, la S4 E, première 13 CV de la marque, offre un plaisir rare aux quelques privilégiés qui peuvent se la payer. Motorisée par un 4-cylindres à double arbre à cames en tête, son moteur de 2.3 litres développe plus de 70 ch à près de 5 000 tr/mn. Faisant le plus souvent appel à une boîte électromagnétique Cotal, la Salmson S4 E emmène ses quatre passagers à 145 km/h. Plusieurs exemplaires sont habillés par de grands noms de la haute couture. La S4-61 produite à partir de 1938 est sa version 10 CV dont le moteur de 1 730 cm3 développe 51 ch.

 

1951 Salmson S4 61 L - Photos : Artcurial

 

La Salmson S4 E a été produite à 369 exemplaires entre le 24 octobre 1937 et le 15 juin 1940, puis à 1 014 exemplaires entre le 23 juillet 1946 et le 30 juin 1951. Après-guerre, les banques, à la tête de l'entreprise, sont convaincues de la fin à court terme de la production française de voitures de luxe et veulent vendre l'entreprise. Une décision précipitée par l'effondrement du secteur aéronautique, soutien permanent de la branche automobile. Deux syndics sont alors nommés dans le but de régler toutes les affaires en cours, avant de se prononcer, en novembre 1951, pour une liquidation judiciaire. 

 

Photo : Pascal Piérart