Saab 95 (1959-1978)

 

Publié par Philippe Baron le 16 juillet 2016.

 

En 1959, pour la première fois de son histoire, Saab diversifie son offre commerciale autour de son modèle de base en proposant son premier break familial. La marque, qui ne s’était jamais aventurée dans ce segment, présente la Saab 95, développée sur la base de la Saab 93. Les chiffres de l’année justifieront le bienfait des lourds investissements entrepris avec 12 000 Saab 93 exportées vers le continent nord-américain.

 

 

Au milieu des années cinquante, la firme suédoise est en pleine expansion mais l’espace de son usine de Trollhättan est devenu trop restreint pour respecter un carnet de commande surchargé. La direction de l’entreprise décide alors de transférer les activités aéronautiques du groupe à Göteborg et Linköping pour libérer de la place et dès le printemps 1957, des travaux gigantesques sont entrepris dans le but d’assembler au moins 80 véhicules par jour. L’objectif du nouveau directeur général, Tryggve Holm, est de pouvoir accroître la production vers le continent américain pour son nouveau modèle la Saab 93 dès 1957. Les chiffres de 1959 justifieront le bienfait de ces investissements avec 12 000 Saab 93 exportées vers le continent nord-américain.

 

 

L’entreprise, qui pratiquait jusqu’ici une politique mono-modèle, surprend sa clientèle en présentant aux cotés de sa berline 93 sa version break familial en 2 portes, prête à rivaliser avec sa compatriote aux bons résultats, la Volvo Duett. En mai 1959, la Saab 95 est dévoilée. Le designer Sixten Saxon a conservé les arrondies avant de la 93 mais redessiné la poupe avec des arêtes vives et des ailerons marqués. L’inspiration, venue de la station-wagon américaine la Chevrolet Nomad, n’est pas innocente puisque la cible visée est évidemment les Etats-Unis. 

 

 

La Saab 95, d’à peine plus de 4 mètres de longueur, séduit immédiatement par son aspect pratique. Elle peut accueillir sept passagers, avec la présence d’un strapontin dos à la route pour installer deux enfants en renonçant au coffre comme dans nos monospaces compacts d’aujourd’hui. Comme ces derniers, le break Saab est modulable et annonce une charge utile de 500 kg. Il bénéficie d’un espace important si l’on escamote le strapontin et la banquette en proposant un plancher d’1.60 m de long pour 0.95 m de large.

 

 

Sous le capot, le 3-cylindres deux-temps, fonctionnant avec mélange à 3% d’huile, est disposé longitudinalement à l’avant. Sa cylindrée est de 841 cm3, avec une puissance de 42 ch SAE à 5 000 tr/mn. Le couple maxi est de 8,2 mkg à 2 800 tr/mn. Les commandes de la boite de vitesse 4 rapports sont au volant. En ce qui concerne les performances, la Saab 95 atteint une vitesse maximale de 119 km/h avec un 0 à 80 km/h en 17 secondes.

 

 

Dès 1960, lorsqu’apparaît la nouvelle Saab 96, le break calque son évolution sur celle de la nouvelle. En 1963, le monogramme Saab, alors sur le capot moteur, est déplacé sur la calandre, intégrant un avion stylisé en hommage aux origines de la marque. Il faut attendre 1965 pour que la face avant soit complètement remaniée et allongée. Le capot moteur est maintenant à nervure centrale et s’achève en pointe au-dessus de l’écusson Saab au centre de la calandre comme les Alfa Romeo. 

 

 

Pour la mécanique, un changement radical va permettre de booster les ventes de 41.5 % en 1967 avec l’adoption, comme sur la 96, d’un moteur V4 d’origine Ford d’1.5 l, développant 65 ch, permettant au break d’atteindre 150 km/h en vitesse de pointe. Peu d’évolutions majeures interviendront jusqu’à la fin de carrière de la Saab 95 en février 1978 après avoir été produite à 110.529 exemplaires. Il faudra attendre le retour de la 9-5 Estate en 1999 pour retrouver un break dans la gamme Saab.

 

1967 Saab 95 Wagon - Photos : Gooding & Company