Rolls-Royce Phantom I Jonckheere Aerodynamic Coupe (1934)

Crédit Photo : Raphael Belly

 

Publié par Philippe Baron le 17 décembre 2012.

 

La Rolls aux portes rondes est l’une des voitures les plus intrigantes d’avant-guerre. Carrossé par les ateliers belges Jonckheere, ce coupé, qui était à l’origine un cabriolet, comporte une part de mystère. Les archives concernant sa conception ont été détruites pendant la Seconde Guerre mondiale et à ce jour on ignore le nom de son commanditaire ainsi que celui de l’artiste, auteur de ce design audacieux si loin du classicisme conservateur des Rolls-Royce de l’époque.

 

Crédit Photo : Ultimate Carpage

 

En 1925, un cabriolet Rolls-Royce Phantom I, carrossé par Hooper & Co, était spécialement destiné à un client américain de Detroit. L’épouse de ce dernier ne succombant pas au charme de cette réalisation, la voiture resta en Angleterre et connut un certain nombre de propriétaires. En 1934, le cabriolet est confié aux ateliers Jonckheere et se métamorphose en coupé aérodynamique représentatif du courant Art Déco qui était alors en vogue. Le style exubérant de la « Round Door » avec justement ses portes rondes et son arête dorsale interpelle les traditionalistes de la marque qui crient au sacrilège en contemplant la calandre en fronton gréco-romain dans une position inclinée. Malgré cette controverse, le coupé « Jonckheere » remportera le ‘Prix d’Honneur’ au concours d’élégance de Cannes en 1936.

 

 

Cette Rolls-Royce décadente mesure plus de 6 mètres de long avec un empattement de 3.82 mètres. Elle repose sur un châssis de Phantom I avec un énorme 6-cylindres de 7.7 litres de 108 ch qui ne l’emmène cependant pas au-dessus des 140 km/h.

 

La Rolls-Royce aux portes rondes reprit le chemin des Etats-Unis où elle fut aperçue peu avant la seconde guerre mondiale à Harbor Bay dans l’Etat du Maine, conduite par un chauffeur obèse qui eut beaucoup de mal à s’extirper de son habitacle pour assister son employeur à descendre. Dans les années 50, le coupé fut découvert dans une décharge du New Jersey. Max Obie, un entrepreneur de la Côte Est en fit l’acquisition. Sur des parkings de supermarché, il racontait que cette voiture avait appartenue à la Royauté et faisait payer un droit d’entrée à toutes personnes curieuses de connaître son intérieur. A nouveau abandonnée, la Rolls-Royce est récupérée lors d'une vente aux enchères en 1991 par un collectionneur japonais pour 1.5 million de dollars et qui entreprendra sa restauration.

 

 

Depuis 2001, cette Rolls-Royce, emblématique du courant stylistique « streamline », appartient au Musée Peterson Automotive de Los Angeles où elle peut être vue à titre confidentiel. En 2012, la carrosserie Jonckheere, maintenant spécialisée dans l’habillage d’autobus, a demandé au styliste Ugur Sahin, de réinterpréter la Rolls-Royce aux portes rondes pour l’histoire de la firme. Il l’a nommée tout simplement : Rolls-Royce Jonckheere Aerodynamic Coupe II.