Rolls-Royce Camargue (1975-1986)

1986 Rolls-Royce Camargue

 

Publié par Philippe Baron le 28 janvier 2016.

 

Par son style original dû au designer Paolo Martin de chez Pininfarina, la Camargue, lancée en mars 1975, est une Rolls-Royce un peu à part du fait de ses origines italiennes. Ce somptueux coupé est à sa sortie la voiture de série la plus chère au monde. Condensé de luxe, de raffinement et de sophistication, une Camargue nécessite pas moins de vingt-quatre semaines de construction avant de sortir des ateliers du carrossier Mulliner Park Ward à Londres.

 

 

La genèse de cette Rolls-Royce portant le nom de la belle région du sud de la France prendra près de six ans entre la naissance en 1969 du projet nommé Delta et la présentation finale au Salon de Genève 1975. Coupé d’élite, la Camargue ne subira  pas pendant sa période de production de modifications esthétiques notables, hormis les modèles destinés aux Etats-Unis qui porteront par obligation de gros pare-chocs renforcés.

 

 

Sophistiquée, la Camargue se distingue par son système de climatisation conçu par l’ingénieur John Holling. En effet, il offre la régulation automatique de la température, quelles que soient les conditions météorologiques extérieures, et surtout avec la présélection de cette température sur deux niveaux : pour la tête et pour les pieds.

 

 

La Camargue reprend les organes mécaniques de la Silver Shadow. Son gros V8 est un bloc avec culasses en alliage léger, vilebrequin à cinq paliers, arbre à cames central et soupapes en tête. Les versions européennes sont dotées d’un carburateur quatre corps Solex 4A1 contrairement aux versions américaines disposant de deux carburateurs horizontaux SU HD8. A partir de 1980, ces deux carburateurs laissent place à l’injection électronique.

 

Photos : Benoit Dujardin

 

Le freinage est à double circuit assisté sous haute pression (licence Citroën) avec des disques sur les quatre roues. Les suspensions disposent à l’avant de triangles superposés, combinés avec des ressorts hélicoïdaux, des amortisseurs télescopiques, barre stabilisatrice transversale et correcteur automatique d’assiette hydraulique. La direction à crémaillère remplace en 1977 le circuit de billes monté initialement. La puissance du moteur, rarement communiquée par le constructeur, est estimée à 225 ch à 4 000 tr/mn.

 

 

La Camargue eut une diffusion réduite, du fait de son prix exorbitant affiché en fin de carrière à 1 421 333 F. Elle tire sa révérence durant l’été 1986 après avoir été produite à 530 exemplaires.