Rolls-Royce 20/25 HP (1929-1937)

La 20/25 fut la Rolls-Royce la plus vendue de la période de l'entre-deux-guerres. Elle succédait à la Rolls-Royce Twenty qui, dès 1922, permit à la marque de faire face à la demande croissante pour des voitures conduites par leur propriétaire et non plus par un chauffeur. Présentée en 1929, la 20/25 HP reprenait le concept en améliorant sa puissance. (Article & Photos)

Rolls-Royce Camargue (1975-1986)

Par son style original dû au designer Paolo Martin de chez Pininfarina, la Camargue, lancée en mars 1975, est une Rolls-Royce un peu à part du fait de ses origines italiennes. Ce somptueux coupé est à sa sortie la voiture de série la plus chère au monde. Condensé de luxe, de raffinement et de sophistication, une Camargue nécessite pas moins de 24 semaines de construction avant de sortir des ateliers du carrossier Mulliner Park Ward à Londres. (Article & Photos)

Rolls-Royce Corniche V (2000-2002)

Depuis le début des années 1970, le cabriolet Corniche est le must Rolls-Royce. Après une interruption entre 1996 et 2000, il est revenu encore plus majestueux pour survoler l’asphalte et emmener à ciel ouvert ses occupants hors du temps. Produit en Grande-Bretagne à Crewe, il est le plus cher et avec ses 5.41 m le plus long cabriolet au monde. Encore plus exclusif qu’une Bentley Azure. (Article & Photos)

Rolls-Royce Phantom I (1925-1929)

Le succès de la Rolls-Royce Silver Ghost étant acquis, la marque de Derby ne s’endort pas pour autant sur ses lauriers. Après avoir élargi sa clientèle avec la petite « Twenty » en 1923,  Henry Royce réinvente la « meilleure voiture du monde » avec la New Phantom, ultérieurement baptisée Phantom I, dès 1925. (Article & Photos

Rolls-Royce Phantom I Jonckheere Aerodynamic Coupe (1934)

La Rolls aux portes rondes est l’une des voitures les plus intrigantes d’avant-guerre. Carrossé par les ateliers belges Jonckheere, ce coupé, était à l’origine un cabriolet. Les archives concernant sa conception ont été détruites pendant la Seconde Guerre mondiale et à ce jour on ignore le nom de son commanditaire ainsi que celui de l’artiste, auteur de ce design audacieux si loin du classicisme conservateur des Rolls Royce de l’époque.  (Article & Photos)

Rolls-Royce Phantom II (1929-1935)

En septembre 1929, l’arrivée de la Rolls-Royce Phantom II, fait rebaptiser la New Phantom, Phantom I. Cette fois, les innovations concernent le châssis et la suspension. Cette évolution reflétait la politique de Rolls-Royce qui tendait à introduire des changements par paliers sans procéder à un renouvellement total du moteur et du châssis en même temps. (Article & Photos)

Rolls-Royce Phantom II Roadster Brockman (1930)

La Rolls-Royce Phantom II prit son envol en 1929. Barker & Company reçut en 1930 le châssis 130XJ pour une Limousine de Ville Pullman. Les registres de la Fondation Rolls-Royce ne peuvent établir avec exactitude la date concernant sa transformation en roadster paré de cuivre poli, probablement exécutée par la Dick Brockman & Company de Reading. (Article & Photos)

Rolls-Royce Phantom III (1935-1939)

En octobre 1935, à l’Olympia Motor Exhibition de Londres, Rolls-Royce présente la très attendue Phantom III, conçue en partie par Henry Royce avant sa mort le 22 avril 1933. Pour cette raison, elle est considérée comme le dernier modèle purement Rolls-Royce, toutes les pièces et tous les éléments ont été étudiés par Henry Royce et fabriqués par Rolls-Royce à l’exception des pneus, des bougies et quelques accessoires. (Article & Photos)

Rolls-Royce Phantom V (1959-1968)

Présentée en 1959, la nouvelle limousine à empattement long de Rolls-Royce, la Phantom V, remplace à la fois la Phantom IV et la Silver Wraith. Voiture à la finition exemplaire, elle est réservée aux têtes couronnées, aux chefs d'état et aux célébrités des années soixante. La plus mythique est, sans aucun doute, celle de John Lennon qui reçut un traitement psychédélique exécuté par l’artiste Steve Weaver en 1967. (Article & Photos)

Rolls-Royce Silver Cloud I & II (1955-1962)

Après la Seconde Guerre mondiale, Rolls-Royce ne renonce pas à la conception artisanale de ses voitures de prestige. Pour la toute nouvelle Silver Cloud, présentée en 1955, le constructeur britannique, qui réalise ses carrosseries dans son usine de Crewe, fait cependant quelques concessions au modernisme avec un style semi-ponton tout en conservant la caractéristique calandre verticale dont la forme représente le fronton d’un temple grec. (Article & Photos)

Rolls-Royce Silver Cloud III (1962-1965)

Pour les collectionneurs de la marque, la Silver Cloud III est considérée comme la dernière véritable Rolls-Royce. Ce modèle de prestige au nom de « Nuage d’Argent » est en effet la dernière Rolls-Royce construite à l'image de ses prédécesseurs sur le principe du châssis séparé pour faciliter la préparation de versions spéciales par des carrossiers, même si en pratique, la majorité des voitures ont été vendues avec la carrosserie d'usine. (Article & Photos)

Rolls-Royce Silver Ghost 40/50 HP (1907-1926)

Au London Motor Show de 1906, la « Silver Ghost » allait établir la réputation d’élite de la jeune marque Rolls-Royce. Baptisée à l'origine 40/50 HP, la voiture est surnommée Silver Ghost : Fantôme d’argent. Fantôme pour le silence, elle semble glisser dans l'air comme un fantôme - Argent car la carrosserie est en aluminium et les accessoires sont en argent. (Article & Photos)

Rolls-Royce Silver Shadow (1965-1980)

Initialement, la première Rolls-Royce Silver Shadow de 1965 devait s'appelait « Silver Mist », une évolution naturelle par rapport au modèle précédent « Silver Cloud ». Le nom a été changé en « Silver Shadow » après avoir réalisé que mist, signifiant brouillard en anglais, signifiait par contre fumier, ordures ou saleté en allemand. (Article & Photos)

Rolls-Royce Silver Wraith (1946-1959)

Présentée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Silver Wraith est l’évolution de l’éphémère Wraith dont la carrière fut stoppée dès le début du conflit. La Silver Wraith perpétuait la tradition chère à Rolls-Royce constituant à ne livrer que le châssis en laissant au client le soin de trouver le carrossier de son choix, ce qui explique la grande variété des modèles Silver Wraith. (Article & Photos)

Rolls-Royce Twenty (1922-1929)

En 1922, Rolls-Royce lance la petite ‘Twenty’, qui répond à la demande de clients désireux de conduire eux-mêmes leur véhicule et non plus leur chauffeur. La ‘Twenty’ conserve toutes les qualités traditionnelles de la firme et se révèle bien adaptée à un usage urbain, tout en ayant toutes les aptitudes pour se lancer quand nécessaire dans un voyage longue distance. (Article & Photos)

Rolls Royce, Spirit of Ecstasy

Spirit of Ecstasy, l’esprit d’Extase, est cette magnifique statuette fièrement apposée sur les radiateurs des automobiles Rolls-Royce, représentant une jeune femme inclinée à l’avant dans une attitude dynamique et aérienne, les bras étendus, lancés haut en arrière, les manches de sa robe flottant au vent évoquant un déploiement d’ailes.  

Cette mascotte, connue aussi sous le nom de la Dame Volante (The Flying Lady) a été créée en 1911 par le sculpteur anglais Charles Sykes. Elle porte en elle l’histoire d’une passion secrète entre John Walter Montagu de Beaulieu, pionnier du mouvement de l’automobile, éditeur du magazine ‘Car Illustrated’ dès 1902 et sa secrétaire Eleanor Velasco Thornton.

Nous sommes en 1910 et la vogue des mascottes de radiateur commence à se répandre. Claude Johnson, qui sera plus tard directeur de Rolls-Royce, veut éviter que la calandre des Rolls-Royce ne soit défigurée par des figures insolites disposées par certains clients et qu’il considère comme d’un goût discutable (chat noir, figure de policier, etc.).Aussi, pour satisfaire sa clientèle élitiste et préserver l'esthétique des voitures de la marque, la prestigieuse firme Rolls-Royce fait appel au sculpteur Charles Sykes pour produire une mascotte dignifiant le caractère et l’esprit de ses véhicules, vitesse avec silence, absence de vibration, la mystérieuse exploitation de la grande énergie et la beauté d’un organisme vivant d’une grâce superbe. Charles Sykes présente alors une version modifiée de la statuette faite à la demande de Lord Montagu quelques années auparavant pour sa Silver Ghost.   

Présentée à un « Concours de Bouchons de radiateurs » organisé à Paris par le journal « L’Auto », Spirit of Ecstasy se voit attribuer le Premier Prix. Exclusivement fabriquée dans l’atelier de l’artiste à partir de 1911, la mascotte est réalisée selon la technique de la cire perdue. D’une valeur de 17,5 centimètres à l’origine, sa hauteur évoluera au fil des décennies pour s’adapter à chaque nouveau modèle de la marque.


Eleanor Thornton

Lord Montagu de Beaulieu avait commissionné cette mascotte qui représentait l’amour qu’il avait pour sa maitresse Eleanor Velasco Thornton. Le Baron étant marié et Eleanor étant d’une classe sociale inférieure, leur liaison était vouée au secret. Inséparables cependant, ils travailleront ensemble pendant une dizaine d’années à la revue d’automobiles et elle portera son enfant. Pour commémorer cet amour, Eleanor servit de modèle pour la figurine. Dans sa version originale appelée ‘le murmure’, elle pressait un doigt sur ses lèvres pour symboliser le secret de leur romance.

La tragédie frappa les amants le 30 Décembre 1915 lors de la première guerre mondiale. Alors qu’ils voyageaient à bord du SS Persia en route pour l’Inde, bordurant la Crête, leur bateau fut torpillé par un sous-marin de guerre allemand. Eleanor périra dans les eaux de la Méditerranée, quatre ans après avoir été immortalisée par son amant. Le Baron survivra, affaibli, et ne décédera que quatorze ans plus tard. A la lecture de son testament, la famille découvrit l’existence de Joan, fille illégitime des deux amants.  

La statuette originale est exposée au National Motor Museum, musée fondé à la mémoire du Baron en 1952 par son fils Edward, dans le village de Beaulieu dans le comté d’Hampshire dans le sud-est de l’Angleterre. Ce musée contient plus de 250 véhicules anciens dont quelques notoriétés, telle la Ford Anglia volante d’Harry Potter ou la Mini de Mr Bean.

Deux Rolls-Royce ne sont pas dotées de la mascotte. La Phantom IV, livrée à la Princesse Elizabeth en 1950, porte une statuette de St George à cheval tuant un dragon, créée par Edward Seago avec la particularité d’être interchangeable pour être fixée sur n’importe quel véhicule de la flotte royale. Quant à la Princesse Margaret, elle a choisi une statuette de Pégase, le cheval ailé de la mythologie grecque pour ornementer le capot de sa Phantom IV, livrée en 1954.  


Charles Rolls (1877-1910)

Charles Rolls est né le 27 août 1877. Issu de la plus haute noblesse, il est le plus jeune fils de Lord Llangattock, ancien membre du parlement, originaire de Monmouth au Pays de Galles, là où Charles Rolls passe son enfance. Passionné de mécanique depuis son plus jeune âge, il a grandi les mains dans le cambouis. D’ailleurs à l’école, on le surnommait ‘Dirty Rolls’. Il entre au Collège d'Eton puis à l'Université de Cambridge, où il est le premier étudiant à s'y rendre en voiture au volant d'une des premières Peugeot, une 2 ¾ HP qui sera suivi d’un tricycle de Dion-Bouton puis d’un tri-car Léon Bollée et, fin 1897, d’une 4-cylindres Panhard de 2,4 litres, celle-là même qui avait gagné la course Paris-Marseille-Paris. Non sans avoir eu besoin de soutien scolaire, il sort  de l’université avec un diplôme d’ingénieur en mécanique et en science appliquée.


Charles Rolls Statue, Monmouth Town

 

A cette époque, Charles Rolls s’enthousiasme pour la course automobile. Membre de plusieurs clubs, il est présent partout où une manifestation sportive et mécanique se déroule. En 1900, il remporte le RAC 1 000 mile Trial. Pendant cette course, il insiste pour que la pause-déjeuner dure deux heures pour permettre aux spectateurs d’admirer les bolides. En 1901, il participe et termine 6ème à la terrible course Paris-Berlin au volant d'une Mors. En 1903, il fonde avec succès une luxueuse concession d'automobile à Piccadilly à Londres. Dans cette concession, la C.S Rolls & Co, financée par son père qui lui a fait une avance sur héritage, il commercialise pour des aristocrates britanniques des automobiles importées d'Europe (Peugeot, Panhard, etc.). Hormis les Minerva (voiture belge, véhicule personnel de Charles Rolls), il est très déçu par le faible niveau technique de toutes les premières voitures qu'il essaie alors. Elles sont bruyantes, peu puissantes, vibrent de toutes parts, sont difficiles à manier, tombent souvent en panne, sont peu confortables, etc.

 

Charles Royce sait susciter l’attention du public et se veut l’apôtre de la voiture en militant contre les premières lois anti-voitures et en défendant l’essor de l’industrie automobile britannique. En 1903, il est membre fondateur de la RAC (Royal Automobile Club). Il est également l’auteur de la première définition du mot ‘Automobile’ dans l’Encyclopedia Britannica. En 1904, âgé de 27 ans, on lui présente Henri Royce, alors âgé de 41 ans, qui vient de fonder la « Royce Company » à Manchester. Contrairement à Charles Rolls, Henry Royce est d’origine modeste mais avec son intelligence aiguë et à force d’effort, ce mécanicien de génie se taille très vite une excellente réputation dans tout le pays. En 1902, cet autodidacte venait de fabriquer sa première voiture (Royce 10 HP, renommée ensuite en Rolls-Royce 10 HP) de 2 cylindres et 10 chevaux. Cette voiture avant-gardiste séduit à l’unanimité grâce à ses exceptionnelles qualités : esthétisme, luxe, robustesse, fiabilité, silence, confort, souplesse. Charles Rolls est emballé par les essais. Enfin une voiture anglaise digne de toutes les éloges qu'il s'engage à commercialiser sous son nom.


Statue de Charles Rolls sur l'esplanade de Douvres dans le Kent

Le 4 mai 1904, Rolls et Royce s'associent et fusionnent leurs entreprises en Rolls-Royce. La marque se fait immédiatement une réputation solide auprès des clients aristocratiques de Charles Rolls, par leur très haut niveau de qualité et de perfection. Ces voitures les plus chères, mais aussi les meilleures du monde, imposent un respect universel dès 1910. Elles se distinguent également en compétition pendant les années 1900. Lorsque Charles Rolls gagne en 1906 la célèbre course Tourist Trophy de l'Île de Man au volant d'une Rolls-Royce 30 HP. Il déclare : « Comme je n'ai fait que rester assis à attendre que la voiture franchisse la ligne d'arrivée, le mérite revient à monsieur Royce qui en est le dessinateur et le constructeur.» 


Devenu membre de l'Aéro-Club de France, Charles Rolls obtient son brevet de pilote en 1906, commence à délaisser ses affaires de Rolls-Royce et envisage de se lancer dans la fabrication de moteurs d’avion. Après le succès de Louis Blériot, premier pilote à traverser la Manche en avion le 25 juillet 1909 avec son Blériot XI, Charles Rolls tente de faire mieux et devient le 2 juin 1910 le premier pilote à traverser la Manche dans les deux sens sans s’arrêter dans un Wright Flyer III des frères Wright. Malheureusement, la tragédie frappe le destin de Charles Rolls le 12 juillet de la même année à Bournemouth. Lors d’un meeting aérien, son avion heurte violemment le sol. A l’aube de sa 33ème année, il est le premier sujet de sa Majesté à décéder dans un accident d’avion.


Charles Rolls Statue, Dover, Kent, UK - Photo : Ken Baker