Renault Vivasix (1928-1931)

1929 Renault Vivasix PG 2 - Photo du site : les Renault d'avant-guerre

 

Publié par Philippe Baron le 15 juin 2013.

 

En 1928, Renault décide d'élargir son offre en créant deux nouveaux modèles baptisés Monasix et Vivasix, tous deux animés d'un 6-cylindres. Ces voitures seront destinées à une partie non négligeable de la clientèle habituelle des voitures de prestige, ou de très haut de gamme, et qui, en raison des circonstances économiques engendrées par les conséquences de la grande crise mondiale, se trouve dans l’obligation ou juge préférable de se tourner vers elles.

 

1928 Renault PG2 Luxe Type NO 4cylindres 15 CV - Photo : delcampe.net

 

Dans les années 20, Renault n'est pas considéré comme un constructeur de voitures dites populaires, dû à son prestige de pionnier, à ses grands succès en course, à sa participation à l'effort de guerre et au fait qu'il ne cultive pas la production de masse. L’origine de la Vivasix remonte au Salon de 1926, quand la 6-cylindres 15 CV PG fait son apparition en remplacement de la 15 CV 4-cylindres. La nouvelle voiture possède un frein au pied qui agit par servofrein sur les quatre roues et un frein à main qui agit sur les roues arrière seulement. Sa culasse est amovible et elle bénéficie d’une boîte à trois vitesses, d’une suspension par un ressort à lames transversal à l’arrière. Elle est proposée en châssis court ou en châssis long, et en version normale.

 

1927 Renault Vivasix

 

Bien que la voiture ne rentre pas dans la catégorie haut de gamme, elle recèle de qualités indéniables comme l’affirme Dimanche-Auto, le 10 octobre 1926 : «  La 15 CV a causé par son apparition sur le marché, une vive sensation. Capable de grimper toutes les côtes en prise directe à vive allure et de rouler aussi bien en ville que sur les routes sans changer de vitesse, cette voiture, par sa marche souple et silencieuse, la douceur de sa suspension, son démarrage et ses accélérations rapides, sa tenue de route impeccable, son freinage puissant et le confort de ses carrosseries, est l’idéal de la voiture moderne la plus parfaite. » Un an plus tard, au Salon 1927, cette 15 CV évolue sensiblement et prend le nom de Vivasix (3 litres - type PG 1). Elle reçoit la suspension arrière des 40 CV, soit deux ressorts cantilever obliques et un transversal, une boîte à quatre vitesses. 

 

1930 Renault Vivasix 1930 Renault Primaquatre KZ6 - Photos : RM Auctions

 

A l'occasion du Salon 1928, Renault abandonne les dénominations de ses modèles par le chiffre de leur puissance fiscale, en faveur de noms à la consonance agréable tels que Monasix, Vivasix. Ces nouvelles appellations sont bien accueillies par le public car elles ont l’avantage de désigner très exactement un type déterminé, alors que la dénomination par la puissance est vague et demande à être précédée par l’adjonction du type, généralement désigné par des chiffres difficiles à retenir et facilitant les confusions. Elles sont en outre très utiles à l’exportation en raison de la variation des règles d’évaluation de la puissance différentes selon les pays.

 

 

A ce salon 1928, l'appellation "Stella" est introduite pour désigner une version haut de gamme du catalogue 6 et 8 cylindres. La Vivasix devient Vivastella dans sa version de grand luxe. Les carrosseries « Stella » bénéficient d’une finition irréprochable, avec une décoration en plusieurs tons de peinture, des boiseries intérieures et des garnitures utilisant les meilleurs matériaux disponibles, des jantes flasquées et divers accessoires raffinés comme de jolies lanternes d’auvent qui permettent leur identification rapide. De plus une calandre thermostatique équipe la Vivastella. Cependant la différence de prix entre les deux versions est très importante : les Stella coûtent plus de 50 % plus cher que les modèles standard.

 

 

Au Salon de 1928, Renault présente un nouveau modèle 8-cylindres, la Reinahuit, qui fait vieillir les autres types car son radiateur de refroidissement se trouve à l’avant, ce qui a nécessité un nouveau dessin de calandre. Celle-ci est désormais munie de fentes horizontales. La remise à niveau ne tarde pas. Dès le Salon 1929, toutes les Renault reçoivent le radiateur avant protégé par une calandre peinte dans le ton de la caisse avec de fines barrettes horizontales, les 6-cylindres bénéficiant de volets thermostatiques horizontaux comme la 8-cylindres. La Vivasix perdra cet équipement au cours de 1930. L'allègement (gain de 100 kg) se poursuit par un raccourcissement du châssis normal à 3,11 m d'empattement et abaissement du cadre, ou 3.35 m pour les carrosseries à cinq ou sept places. D’une cylindrée de 3 180 cm3, la Vivasix roule à 110 km/h. La PG4 Vivasix modèle 1931 adopte l'ensemble moteur-boîte avec embrayage à disque. Renault abandonne donc le volant-moteur ventilateur et sépare la dynamo et le démarreur.

 

 

La période difficile que vit le monde en 1931 n’est guère propice à une généralisation des 6-cylindres, ce que confirme le lancement de trois nouvelles 4-cylindres en début d’année. En conséquence, les Vivasix, Monasix et Nervahuit sont supprimées du catalogue. Les modèles 6-cylindres restent la Monastella, la Vivastella, et la nouvelle, la Primastella, en fait une version allégée de la Vivastella, dont elle possède la mécanique, mais construite sur un châssis raccourci, ce qui lui permet de rouler plus vite.

 

1931 Renault Vivasix Type PG4 - Photo : Autodream