Renault Nervasport ZC2-ZC4 (1933-1935)

Crédit photos : Arts & Revs

 

Publié par Philippe Baron le 28 octobre 2017.

 

Au Salon de Paris d’octobre 1933, la révolution de l’aérodynamique est en marche chez Renault. Le constructeur français propose ses carrosseries ‘osées’ pour ses modèles courants mais également pour ses voitures haut de gamme dont la Nervasport, qui totalement métamorphosée, porte maintenant le nom de ZC 2.



 

La Nervasport de 1933 reçoit pour la première fois une carrosserie d’usine dite ‘aérodynamique’, à calandre et pare-brise inclinés, aux angles arrondis et une roue de secours extérieure, placée à l’arrière sous un cache. Le coffre à bagages n’est accessible que de l’intérieur, après basculement des sièges arrière. La nouvelle Nervasport ZC 2 conserve les phares obus de la Nervasport TG 5. Les pare-chocs à lame unique sont cintrés à l’avant. Le capot garde ses cinq volets ouvrants mais ils sont non plus verticaux mais inclinés.

 

 

La Renault Nervasport ZC 2 dispose d’un nouveau moteur 8-cylindres de 4 825 cm3 développant 100 ch. Elle sera produite à 250 exemplaires répartis en 67 berlines quatre portes, 13 berlines deux portes, 14 coaches non décapotables, 64 coaches décapotables et 84 cabriolets. Huit châssis ont été confiés à l’extérieur chez Fernandez, Kellner, Letourneur, Mignot et Billebault, Saoutchik et Van den Plas.

 

 

Le cabriolet qui illustre cet article est le seul cabriolet ZC 2 survivant de 1934. Après la seconde guerre mondiale, il est resté chez le même propriétaire pendant des années avant d’être mis aux enchères chez Maitre Poulain, rue du Faubourg Saint Honoré à Paris en 1976. L’illustre acquéreur de ce cabriolet était Jean Rédélé, le père des célèbres Alpine. La voiture subit une minutieuse restauration pendant les années 1980 par Le Calvez de Paris, sous la supervision de Jean Rédélé. La Nervasport a fait partie de la collection privée de l’industriel jusqu’à sa mort. Le 9 décembre 2012, la voiture a trouvé un nouvel acquéreur pour la somme de 150 000 €.

 

 

Au Salon d’octobre 1934, la Nervasport ZC4 succède à la ZC2 avec les modifications de carrosseries propres aux modèles 1934-1935 qui prennent ce que l’on appellera ‘la ligne queue de pie’. L’arrière de la voiture est moins abrupt qu’auparavant et s’orne d’un pli de tôle central, la lunette est en deux parties sur les berlines, la plaque de police est en matière translucide et une petite porte permet l’accès à la roue de secours. A l’avant, le capot perd ses volets d’aération et gagne de larges ouvertures horizontales soulignées par des baguettes chromées. Les pare-chocs avant sont en deux parties et de nouvelles jantes ‘artillerie’ apparaissent sur tous les modèles.

 

Renault Nervasport ZC4 - Photo : Original Vintage

 

A l’instar de la Nervastella, la Nervasport garde pour un temps le moteur ‘80’, directement issu des modèles ZC 2 et ZD 2 de l’exercice précédent, mais au cours de l’hiver 1934-1935, la course à la puissance s’intensifie et l’usine met au point une nouvelle version du huit-cylindres, l’alésage étant porté à 85 mm. Ce moteur, principalement destiné aux voitures ‘Grand Sport’, est monté sur toute la gamme huit-cylindres. D’une cylindrée de 5 448 cm³, il développe 110 ch et il est taxé pour 31 CV.

 

1935 Renault Nervasport ZC4

 

Les huit-cylindres de cette année bénéficient d’un starter automatique. Ce dispositif, commandé par un thermostat et par dépression ‘enlève au conducteur la sujétion de pousser ou de tirer la commande du starter’ affirme La Vie Automobile, qui ajoute un peu plus loin : ‘la carburation est toujours parfaitement réglée, indépendamment du conducteur’. Il est évident que l’emploi d’un chauffeur professionnel devenant de plus en plus rare, en raison de la difficulté des temps, l’automobiliste moyen n’a pas forcément les compétences voulues pour bien mener sa machine. Dans un même but de faciliter la conduite, il a été prévu sur ces mêmes voitures un système de pédale d’accélérateur qui, au moment du départ, actionne automatiquement le démarreur.

 

 

Construite sur un châssis de 3,21 m d’empattement, la carrosserie atteint 4,87 m de longueur. 73 modèles ont été construits : 22 conduites intérieures quatre places, 24 coaches décapotables, 17 cabriolets et 10 voitures ont été carrossées à l’extérieur par Chapron, Labourdette, Letourneur, Dubos, Mignot et Billebault, Grummer et Saoutchik. Ces voitures obtiennent de grands succès, aussi bien en concours d’élégance que dans le domaine sportif : Lahaye et Quatresous remportent le rallye de Monte Carlo 1935 au volant d’une de ces Nervasport .