Renault Colorale (1951-1956)

 

Publié par Philippe Baron le 22 novembre 2015.

 

L’appellation Colorale, contraction des mots Coloniale et rurale, résume parfaitement la vocation de cette volumineuse Renault destinée à une France largement rurale et à son empire colonial. Présentée au Salon de 1950, l’imposante Colorale se décline en une gamme étoffée allant du break familial (Prairie ou Savane) au pick-up en passant par le fourgon tôlé et le châssis-cabine.

 

 

Après-guerre, les responsables de la toute jeune Régie Nationale des Usines Renault s’inspirent des station wagons américains pour concevoir une voiture fonctionnelle, disposant d’une grande habitabilité, robuste mais rustique pour une plus grande facilité d’entretien. Les exploits de la Colorale sur les pistes africaines ou lors du raid Alaska-Terre de Feu permettent de souligner les aptitudes du véhicule à se jouer des terrains difficiles.

 

 

La carrosserie de la Colorale est emboutie et assemblée chez Chausson, à Gennevilliers, et le montage final est effectué à Billancourt. La Colorale est proposée en sept modèles : un break quatre portes (à portes arrière antagonistes), dénommé « Prairie », une version deux portes rustique appelée « Savane », un break « Taxi » à 4 portes, avec 6 places à l'arrière réparties entre une banquette et des strapontins, une fourgonnette, un pick-up, un plateau-ridelles et un châssis-cabine. En 1952, est lancée la version 4X4.

 

 

Sous son capot, le vieux 4 cylindres « 85 », à soupapes latérales, apparu sur la Primaquatre de 1936, certes éprouvé et très solide, manque singulièrement de puissance. D'une cylindrée de 2 383 cm3, il ne développe que 46 ch. Face à son poids de 1 640 kg, la voiture consomme près de 16 litres aux 100 km et atteint péniblement les 100 km/h. En 1953, elle bénéficie du nouveau moteur destiné à la Frégate. Plus moderne, puisque culbuté, ce 4 cylindres de 1 996 cm3 développe 58 ch. Cette augmentation de puissance s'accompagne malheureusement d'une diminution du couple et les performances ne s'améliorent guère. Incapable de convaincre la clientèle, Renault abandonne le modèle fin 1956 après 39 464 exemplaires produits. La Colorale est alors remplacée par le break Frégate Domaine.

 

Photo : Eric Doll
1952 Renault Prairie Colorale 4X4 - Photo : Alain Robichon