Renault Clio (1990-2012)

 

Publié par Philippe Baron le 7 avril 2018.

Après avoir épuisé presque tous les chiffres de 4 à 30, Renault décide pour 1990 de baptiser désormais ses nouvelles automobiles d’un nom. Ainsi, le grand événement du mois de juin est la Clio, la voiture à vivre de demain, qui a pour objectif de prolonger le succès de la Renault 5, dont elle remplace les modèles les mieux motorisés et les mieux équipés en offrant à sa clientèle des atouts supplémentaires.

 

Ces atouts supplémentaires sont une meilleure habitabilité, des performances et un agrément de conduite et d’utilisation supérieurs, une fiabilité plus grande et un coût d’utilisation inférieur. Six ans après le lancement de la deuxième génération de Renault 5, la Clio est le fruit d’un beau mariage de raison entre le progrès technique et un marketing intelligent. Avec sa carrosserie affinée à l’avant et épanouie à l’arrière par rapport à celle de la Super 5, la Clio charme sans vraiment étonner. Renault nourrit pour elle de solides ambitions puisqu’elle est produite à 2 850 exemplaires par jour : 1 550 à Flins, 500 à Vilvoorde en Belgique, 650 à Valladolid en Espagne et 150 à Setubal au Portugal. Le nom Clio vient de la muse grecque portant ce nom et proposé par Pierre Dos, directeur de la communication de l’usine Renault de Cléon en Normandie.

 

Renault propose d’emblée pas moins de 25 versions (dont 4 ‘Société’), avec deux carrosseries, 3 (dès septembre) et 5 portes, de dimensions identiques, cinq motorisations 4-cylindres en ligne avec un éventail de puissances de 49 à 92 ch, trois boîtes de vitesses (mécanique à 4 et 5 rapports, automatique à trois rapports dès le mois de décembre) et trois niveaux d’équipement : RL, RN, et surtout la RT qui peut recevoir d’intéressantes options comme l’ABS, la direction assistée ou l’air conditionné. Les moteurs sont de conception récente, à l’exception du 1100 49 ch à carburateur. La version 1200 60 ch est à carburateur ou à injection électronique monopoint, la version 1400 80 ch est à carburateur double corps ou injection électronique monopoint, la version 1700 92 ch à carburateur double corps. La version 1900 diesel 65 ch à injection mécanique est présentée au mois d’octobre.

 

Ainsi en 1990, la Clio est auréolée du titre de ‘Voiture de l’année’ en Europe, ‘Volant d’Or ‘ en RFA, ‘Carro de ano’ au Portugal, ‘Coche del ano’ en Espagne et ‘Flocon d’or’ du guide Carien. En mars 1991, sont présentées la version luxe Baccara, garnissage intérieur avec cuir véritable, épaisse moquette, inserts de bois dans le tableau de bord et dans les panneaux de portes, et la sportive 16 S de 1 764 cm³ et 140 ch avec des ailes avant en plastique déformable.

Renault Clio Baccara
1991 Renault Clio 16S

 

En janvier 1992, dernière née de la gamme, la Clio S, dont la ligne rappelle celle de la Clio 16S, et qui reçoit le moteur 1,4 Energy. Au 1er janvier 1993, tous les moteurs répondent aux normes de dépollution Euro 93. Ils sont donc tous à injection mono ou multipoint. Les versions équipées du fameux 1 721 cm³ 92 ch reçoivent le nouveau moteur 1 794 ch 95 ch. La 16S catalysée perd, quant à elle, 3 petits chevaux.

1992 Renault Clio S

 

En 1993, arrive la Clio Williams, un modèle destiné à exploiter commercialement les succès en F1 de l’écurie Williams-Renault et à homologuer l’auto en Groupe A, d’où les 2 500 exemplaires ‘civils’ requis et numérotés dans un premier temps. Ces derniers reçoivent le moteur F7R de 1 998 cm³ et 150 ch. Par rapport à la 16S, les trains roulants bénéficient d’améliorations. Mais surtout, elle s’en distingue par sa tenue : teinte Bleu Sport, jantes en aluminium dorées Speedline de 7 pouces de large, sellerie spécifique, moquette bleue et logos Williams. En mars 1994, la Clio phase 2 est lancée et la 16S devient 16V avec un équipement enrichi. En avril, la Williams réintègre le catalogue et devient un modèle à part entière mais elle est condamnée par les normes antipollution en janvier 1996. Elle quitte le catalogue avant la 16V en mars 1997. Les chiffres de production donnent 35 000 versions 16S/16V et 12 100 Williams, dont 5 417 phase 1 numérotées et 6 683 phase 2 (incluant les 500 modèles ‘Swiss Champion’ commémorant la victoire de Daniel Hadorn en championnat suisse de rallye Groupe N en 1994).

1993 Renault Clio "Williams"

 

La gamme Clio s’enrichit en février 1994 de la version RSi en motorisation 1 764 cm³, volant cuir, sièges avant forme baquet, direction assistée, rétroviseurs électriques dégivrants et jantes alliage. Nouveauté aussi, la Clio Be Bop disponible en motorisations 1 171 cm³ essence et 1 870 cm³ diesel, vitres teintées, volant sport à trois branches, boîte 5 vitesses sur la version essence et autoradio 4X6 W à commande sous le volant. A noter aussi, la version Alizé, dérivée de la version RN, lors du second restylage au printemps 1996. La production de la Clio 1ère génération se termine en avril 1999 pratiquement un an après la commercialisation du modèle génération. Best-seller du constructeur au losange, la Clio I a été produite à 4 016 013 exemplaires.

1998 Renault Clio II

 

Présentée en mars 1998, la Clio II devient rapidement la voiture la plus vendue en France. Le modèle de base possède déjà un équipement de sécurité complet : ABS avec répartiteur de freinage EBV, double airbag et cinq ceintures de sécurité 3 points avec prétensionneurs et limitateurs d’efforts à l’avant. Les motorisations proposées pour ce modèle sont un 1,2 essence et 1,9 diesel. Au niveau supérieur, la RTA avec les 1,2, 1,4, 1,9 D et 1,6 disponible qu’en boîte automatique Proactive. Plus haut, la RTE avec 1,4, 1,6, et 1,9 D, la RXT avec 1,6 en boîte manuelle disponible et le 1,9 D pour la 5 portes. Les versions sportives : Si 1,6 et 16v 1,6 16s. La version haut de gamme prend le nom de Clio Initiale avec la motorisation 1,6.

Renault Clio RS

 

Le premier restylage intervient à l’été 2001 avec des améliorations aussi d’ordre technique (réseau électrique multiplexé, disques plus grands, freinage d’urgence…). 2002 voit arriver sous le capot les très attendues motorisations diesel à rampe commune. Apprécié pour son moteur 1,5 dCi 65 ch, la Clio renforce l’offre en proposant l’extrapolation 80 ch. Cinq mécaniques essence figurent au catalogue : 1,2 60 ch, 1,2 16V 75 ch, 1,4 16V 98 ch, 1,6 16V 110 ch et 2,0 16 V 172 ch (Renault Sport). La Clio peut être dotée au choix d’une boîte manuelle, robotisée ou automatique. Les finitions portent les noms de Authentique (verrouillage à distance, vitres avant électriques), Expression (radio avec commande au volant, rétroviseurs électriques), Privilège (climatisation régulée, lecteur CD, ordinateur de bord et jantes alu), Dyna-mique (traitement plus sportif), RS, Initiale et Renault Sport (sellerie cuir, phares xénon, jantes 16 pouces…).

 

Pour la Clio V6 produite à Dieppe, ce sont les ingénieurs maison qui se sont occupés de la mise au point du nouveau modèle et non plus TWR. Avec son six-cylindres 3,0 poussé à 255 ch positionné à l’arrière, sa boîte de vitesses retravaillée et son comportement plus affûté, elle assure enfin la descendance de la mythique R5 Turbo 2.

 

En 2004, la gamme Clio se compose de 97 versions. Renault joue la carte de la personnalisation avec des finitions, des ambiances, choix du moteur et niveau d’équipement associés. Voiture la plus vendue en France, elle voit l’arrivée de la version 100 ch du moteur 1,5 dCi. La version Renault Sport 2,0 16V passe de 172 à 182 ch. La Clio II termine sa carrière en 2005 après 5 631 000 exemplaires produits. Toutefois, Renault la maintient quelques mois encore sous le nom de Clio Campus avec une gamme fortement simplifiée.

Renault Clio RS

 

Le lancement de la troisième génération de Clio en septembre 2005 trois mois après sa présentation est un événement majeur pour Renault. Plus grande, plus sûre et toujours mieux équipée, cette Clio impose de nouveaux standards sur le marché des citadines. Avec une longueur de 3,99 m, la Clio 3 grandit de 17 cm par rapport à sa devancière. En largeur, le gain est de 6 cm avec ses 1,87 m, alors que la hauteur passe de 1,43 m à 1,49 m. Basée sur la plate-forme commune aux Modus, Logan et Nissan Micra, la nouvelle Clio, produite en France à Flins et en Turquie à Bursa, propose donc une excellente habitabilité grâce à son empattement de 2,57 m , soit 10 cm de plus que le Clio 2.

 

La Clio III adopte les trains roulants de la Mégane, loués pour leurs qualités de guidage et d’efficacité. Côté motorisations, toutes en quatre-cylindres, la gamme au lancement, se compose de trois blocs essence et d’un diesel décliné en trois puissances. Le 1,2 16v constitue l’offre d’entrée en essence. Il développe 75 ch et peut être accouplé à la boîte robotisée à cinq rapports. Au-dessus, on trouve le 1,4 16v de 100 ch et le 1,6 16v de 110 ch. Tous répondent aux normes Euro IV, ils sont rejoints par une version 2,0 16v de 140 ch. Quant à la version Renault Sport, fabriquée à Dieppe et disponible dès juin 2006, elle reçoit le 2,0 turbo de 200 ch. Le diesel retenu est le 1,5 dCi. Il est décliné en 70, 85 et 105 ch. Le modèle 85 ch est le seul à recevoir la boîte robotisée, tandis que le 105 ch est équipé de la boîte manuelle à six vitesses. A noter que la boîte auto-adaptative à quatre rapports est disponible sur les moteurs1,6 16v et 2,0 16v.

Renault Clio RS

 

En matière d’équipement, Renault a doté la Clio des dernières évolutions technologiques. Ainsi, sur certaines versions, la carte mains-libres des Mégane, Scénic, Laguna et Espace remplacent la traditionnelle clé. Les capteurs de pluie et de lumières font leur apparition, de même que le radar de recul, le limiteur-régulateur de vitesse, les feux additionnels de virages, les phares bi-xénon... Ces équipements sont installés en série ou en option selon la motorisation et la finition. A l’image du reste de la gamme Renault, la Clio est déclinée en trois niveaux d’équipement (Pack, Confort et Luxe) et cinq ambiances (Authentique, Expression, Dynamique, Privilège et Initiale), mais aussi à paraître une version indigente, l’Access. Les multiples combinaisons possibles et la longue liste d’options permettent de se façonner une Clio à la carte.

 

Mais c’est certainement au niveau de la sécurité que cette Renault marque une avancée décisive pour le segment. En effet, elle dispose de huit airbags, d’un ABS nouvelle génération, couplé au répartiteur électronique de freinage (EBV) et à l’aide au freinage d’urgence (AFU). Certaines versions reçoivent également un ESP associé à l’antipatinage ASR et au contrôle de sous-virage (CSV). Pour les enfants, la Clio en voiture à vocation familiale adopte un concept, jusque-là inédit, d’installation des juniors âgés de 6 à 10 ans. La place centrale de la banquette arrière dispose d’une assise raccourcie et d’ancrages de ceintures spécifiques. En outre, un appui-tête, spécialement conçu pour les jeunes passagers, est disponible en option.

Renault Clio RS

 

En 2007, Renault propose un nouveau moteur 1,2 TCE de 100 ch et présente au mois d’août la version Estate qui ne sera commercialisée qu’en janvier 2008. Le volume du coffre passe de 151 dm³ à 1 277 dm³ lorsque les sièges sont rabattus. Le restylage offre une nouvelle face à la Clio en mars 2009 : nouveaux phares aux formes complexes ainsi qu’une prise d’air trapézoïdale. A l’arrière, nouveaux feux et boucliers. La version RS gagne 3 petits chevaux, le 1,2 16v offre maintenant le choix entre 65 et 75 ch et apparaît le 1,6 de la Twingo RS dégonflé à 128 ch.

 

En parallèle à la production de la Clio 4 officiellement dévoilée le 3 juillet 2012, Renault prolonge la Clio 3 pendant 2 ans en petite série, signant la fin de sa production d’un total de 2 400 000 exemplaires. Cette version appelée Collection est fabriquée uniquement dans l’usine de Flins, disponible en 3 ou 5 portes avec un moteur essence ou diesel de 75 ch eco.

Renault Clio RS