Renault 5 (1972-1984)

1972 Renault 5

 

Publié par Philippe Baron le 4 avril 2016.

 

L’arrivée de la Renault 5 le 28 janvier 1972 bouleverse le paysage automobile français et son envol vers le succès va être fulgurant. L’objectif du projet 122 lancé en 1968 était de présenter à un public jeune une citadine financièrement abordable, élégante, polyvalente, performante et confortable. Le résultat est à la hauteur des attentes avec un design novateur signé Michel Boué qui secoue les habitudes  en proposant un seul modèle trois portes avec un intérieur aux couleurs flashy. De plus, la Renault 5 bénéficie d’une campagne publicitaire colorée, dynamique et sympathique, de quoi la rendre très populaire.

 

 

Mais la Renault 5 est aussi à la pointe de l’innovation technique. Première voiture à être équipée de boucliers en polyester armé pour plus de sécurité par rapport aux habituels pare-chocs chromés, elle innove aussi en proposant un hayon arrière qui s'ouvre jusqu'au pare-chocs pour la première fois sur une petite voiture, ce que tous les autres constructeurs copieront. Le coffre a une contenance de 270 dm³ et s'agrandit jusqu'à 900 dm³ quand la banquette arrière est rabattue. Avec sa toute nouvelle structure centrale indéformable, l’habitacle reste intact en cas de choc. 

 

Michel Boué et sa conception

 

La Renault 5 hérite de la plate-forme, des suspensions à barres de torsion et des moteurs à arbre à cames latéral (782 à 1 400 cm³) de la Renault 4, ce qui permet un prix contenu. Le levier au tableau de bord est à commande directe car il passe au-dessus du moteur jusqu'à la boîte de vitesses montée longitudinalement à l'extrême avant. Plus tard, un levier de vitesses au plancher sera proposé.

 

1972 Renault 5 TL

 

La gamme commence avec une version L qui reprend le moteur 4 CV de 782 cm³ de la Renault 4. La présentation extérieure est simplifiée : pas d'entourages chromés de pare-brise et de lunette arrière ni de baguette chromée de bas de caisse et roues identiques à la Renault 4. Pour les modèles 1975, les enjoliveurs de roue sont supprimés. Pour 1977, la Renault 5 L s'appelle simplement Renault 5 en recevant le moteur 845 cm³ de la Renault 6. La 5 TL propose le moteur 5 CV de 956 cm³ à cinq paliers issu de la Renault 8 (type Cléon fonte) et un équipement plus décent : accoudoirs de porte, sièges avant inclinables, tablette arrière et lunette arrière chauffante. Freins à disques à l'avant avec roues ajourées. Clignotants avant blancs pour 1973 jusqu'en 1978. Pour 1974, les différents sigles chromés laissent place au losange Vasarely à l'avant et à un nouveau badge en plastique noir à l'arrière. Pour 1979, les enjoliveurs de roue sont supprimés.

 

 

En avril 1974, apparaît la 5 LS (155 km/h), équipée d’un 1 289 cm³ développant 64 ch, de roues de style, d'un essuie-glace arrière et d'un échappement arrière (il est latéral sur les versions L et TL). Par rapport à la 5 TL, son équipement est amélioré : elle bénéficie des freins assistés, de phares à iode, d'un levier de vitesses au plancher, d'un tableau de bord moussé, d'un volant moussé, d'un compte-tours, d'un totalisateur partiel, d'un allume-cigarettes et de la moquette au sol. La 5 LS devient 5 TS dans la gamme 1975, en ajoutant des sièges dits intégraux (ils intègrent des appuie-têtes de type ajourés), une console centrale et des feux de recul. Pour 1977, elle possède des vitres arrière entrouvrables. En février 1976, la 5 Renault GTL adopte le moteur 1 289 cm³ retravaillé pour consommer très peu d'essence (4,7 L/100 selon le constructeur). La 5 GTL se singularise par les bandeaux latéraux de protection en polyester prolongeant les pare-chocs, les roues de style et les feux de recul. Pour 1978, elle possède des vitres arrière entrouvrables. La 5 GTL va devenir la plus vendue des Renault 5.

 

 

En mars 1976, est lancée la Renault 5 Alpine qui atteint 170 km/h. Elle dispose d'un moteur 1 397 cm³ qui développe 93 ch et de la boîte de vitesses à cinq rapports de la Renault 16 TX. La Renault 5 Alpine est reconnaissable à sa décoration spécifique « A5 » sur les flancs, le hayon et le nez du capot, à ses pare-chocs noirs avec spoiler avant et projecteurs antibrouillard incorporés, à son rétroviseur extérieur en forme d'obus et à ses jantes en tôle de type Gordini. L'intérieur est repris de la 5 TS avec les sièges intégraux sauf le volant à trois branches (d'abord Motto-lita puis Iso-delta pour 1978). Pour 1978, elle reçoit des jantes type « bobine ». Pour 1979, l'intérieur change presque entièrement. Les sièges et le tableau de bord sont nouveaux mais le volant reste le même. Fin 1976, une version Coupe de la 5 Alpine est destinée à la coupe Renault 5 Elf. La Renault 5 Alpine s'appelle Gordini en Grande-Bretagne où Sunbeam a déposé le nom Alpine.

 

1976 Renault 5 Alpine

 

La Renault 5 fait son apparition en Amérique du Nord en 1976. Son marché le plus intéressant est celui du Québec où on l'appelle tout simplement « La Cinq ». L'agence publicitaire Cossette obtient le contrat de publicité et la dépeint comme la voiture pour les jeunes et le plaisir de conduire. Le slogan est « Le Chnac, ça s'attrape ». Les publicités suivantes vantent son économie d'essence et son volume intérieur avec le slogan « Le Chameau ». Le chanteur québécois Robert Charlebois participe à sa publicité. La Renault 5 obtient ainsi 50 % du marché de la petite voiture dans la province.

 

 

Aux États-Unis et dans le reste du Canada, la Renault 5 est vendue de 1976 à 1984 sous l'appellation Le Car. Elle y est en compétition avec la Honda Civic et la Volkswagen Rabbit mais ne peut tirer son épingle du jeu. La version vendue est celle de 1 397 cm³. L'aventure américaine de la Renault 5 est immortalisée par une apparition dans la série Agence tous risques, dans l'épisode ‘Bataille rangée’. De couleur bleue, elle y est transformée en char d'assaut par les héros de la série et est finalement détruite. Dans la version francophone de la série, la voiture est nommée « R5 » et non « Le Car ».

 

 

En janvier 1978, la 5 Automatic 1300 s'équipe d'une boîte de vitesses automatique, d'un toit en vinyle noir (sauf si option toit ouvrant en toile), de jantes de style, ainsi que de boucliers et de bandeaux latéraux de protection noirs. En février 1981, la cylindrée passe de 1 289 cm³ à 1 397 cm³. Sur la base de la 5 TL, une R5 Société à deux places est proposée. Elle comporte des panneaux latéraux tôlés à l'arrière, rapidement remplacés en série par des vitres.

 

1979 Renault 5 Cinq Portes

 

En juillet 1979, la Renault 5 est déclinée en variante cinq portes. Celles-ci sont identiques à celles de la Fasā-Renault Siete (7) espagnole, une Renault 5 à quatre portes avec une malle arrière et des pare-chocs chromés. Sur la cinq-portes, la planche de bord, le volant et les sièges sont aussi nouveaux. Le moteur des 5 TL et 5 GTL passe à 1 108 cm³. La Renault 5 à cinq portes se rend populaire auprès des auto-écoles. La Renault 5 Auto-école se démarque de la 5 TL par ses bandeaux latéraux de protection et ses feux de recul supplémentaires.

 

1980 Renault 5 Turbo

 

À partir de septembre 1981, le carburateur de la Renault 5 Alpine est aspiré par un turbocompresseur : la 5 Alpine Turbo (110 ch) dépasse les 185 km/h. Elle reçoit des jantes spécifiques à ailettes. À partir de la fin 1983, le modèle pour la Suisse adopte une vanne EGR pour respecter les normes antipollution. À partir de mars 1984, la 5 Alpine Turbo devient la 5 Lauréate Turbo. En octobre 1981, une version luxueuse de la 5 TS à trois portes est proposée, elle s'appelle 5 TX. Elle est dotée d'une direction assistée, de lève-vitres électriques, d'un volant et d'un pommeau de levier de vitesse gainé de cuir, d'une banquette rabattable par moitié, d'un coffre entièrement moquetté et d'un prééquipement radio. Il existe aussi une 5 TX à boite automatique. À l'extérieur, les vitres teintées bronze, les jantes en alliage léger, la bande de décoration latérale et l'antenne noire la différencient. Pour 1983, les boucliers anthracite sont généralisés.

 

1982 Renault 5 Alpine Turbo

 

Phénomène de société, dès la première année, la R5 conquiert 5 % du marché automobile français. Sa faible consommation se révèle un atout de poids après le choc pétrolier de 1973. En 1974, elle s’installe ainsi en tête des ventes du marché français, puis se positionne 3 ans plus tard à la tête du marché européen mais aussi deuxième voiture la plus vendue au monde. Pendant plus de 10 ans, elle restera à la tête des ventes des petites cylindrées en France. Au final, 5 545 000 unités seront vendues à travers le monde. La Renault 5, termine sa carrière fin 1984 sous le nom de 5 Lauréate comme version d'accès au côté de la nouvelle Supercinq. Cette remplaçante n'osera pas s'écarter du style si réussi de la première version.

 

1985 Renault 5 GT Turbo

 

La deuxième génération de Renault 5, qui est appelée dans toutes les documentations françaises officielles Supercinq, apparait en septembre 1984 en version 3 portes. La version 5 portes est produite à partir de mai 1985. La carrosserie est totalement nouvelle, mais avec le même profil. Deux variantes cabriolet sont même produites, une première par le carrossier belge EBS, puis une seconde par le carrossier français Gruau à partir de 1989, nommée « Belle Île ». En juin 1990, la Supercinq est remplacée par la Renault Clio. À ce moment-là, elle est toujours la voiture la plus vendue en France devant sa grande rivale de l'époque, la Peugeot 205. À partir de là, la Supercinq joue le rôle de véhicule intermédiaire entre la Clio et la Renault Twingo. Peu à peu, les versions haut de gamme et sportives sont supprimées, ne restent que les versions d'entrée de gamme. Des séries limitées sont éditées dès le début des années 1990.

 

1987 Renault 5 GTX
1989 Renault 5 Convertible
1991 Renault SuperCinq Five

 

Dès 1991, les ventes ont logiquement largement souffert de la concurrence de la Clio. Toutefois, Renault choisit de conserver la Supercinq au catalogue comme alternative économique à la Clio ou même tout simplement pour les clients que la Clio rebute encore. Elle n'est alors disponible que dans une unique version Five, dépouillée. En 1994, apparaît la version Saga, mieux équipée. Les ventes baissant d'année en année, la Renault 5 n’est bientôt produite plus qu'en Slovénie. En décembre 1996 la série « Bye-Bye » fait son apparition. Comme son nom l'indique elle est une sorte de baroud d'honneur de la petite auto souriante. Elle est limitée à 2 000 exemplaires, en 3 ou 5 portes. Son slogan se veut commémoratif, il s'agit d'annoncer la fin de la plus ancienne Renault encore en production à ce moment-là : « Ce n'est pas tous les jours que l'on peut acquérir une voiture de collection neuve ».