Renault R3 (1961-1962)

Crédit photo : http://home.planet.nl

 

Publié par Philippe Baron le 11 novembre 2012.

 

Modèle low cost avant l’heure, la Renault 3 est la voiture la plus déprimante jamais proposée par Billancourt. L’unique teinte proposée était le gris. Version dépouillée au maximum de la R4, pour le minimum la R3 ne profite même pas de son moteur, devant se contenter d’une cylindrée inférieure. Renault n’insistera pas sur son sort devant le succès fulgurant du modèle 4 ‘luxe’. La rareté de ce « vilain petit canard » fait qu’il est maintenant très recherché par les collectionneurs.

 

 

Agacé par le succès phénoménal de la Citroën 2CV, Renault se doit de réagir avec une automobile qui offre une plateforme de chargement généreuse et accessible par une large ouverture arrière. Cela implique une révolution culturelle pour la Régie qui prône alors le tout-à-l’arrière avec sa 4CV.L’Estafette de 1959 sera le premier véhicule du losange à tester la traction avant. 

 

 

 

En Août 1961, Renault présente à la presse ses nouvelles voitures qui sont déclinées en trois versions : la R3, la R4 et la R4L. Elles ont toutes les trois la même présentation générale. La R4 doit son nom à sa puissance fiscale et reprend le moteur de la 4CV, un 747 cm3 de 26.5 ch, avec une carrosserie à quatre glaces. La R4L est dotée de la même mécanique que la R4 mais avec 6 glaces et une finition de qualité supérieure. Reste alors, le « vilain petit canard » du lot, la R3 avec son moteur de 3 chevaux fiscaux, un 603 cm3 de 22.5 ch et une boite de vitesse de 3 rapports.

 

 

La R3 n’est disponible qu’en une seule teinte : gris pyramide pour la première année et gris Templier l’année suivante.  Dépourvue du moindre chrome, la R3 n’a droit qu’à 4 vitres latérales, les custodes arrière vitrées de la 4L sont ici remplacées par de la tôle. Dans l’habitacle, l’équipement est réduit au strict minimum. Pied à la planche, Renault garantit une vitesse de pointe de 90 km/h.

 

 

Pourtant vendue à un prix inférieur de quelques centaines de francs à celui de la Citroën 2CV la plus basique, la R3 n’arrivera pas à séduire, même les bourses les plus plates et Renault abandonnera le modèle en juin 1962, après moins d’un an de production et seulement 2 526 exemplaires vendus. D’après Autorétro, il n’y aurait que 17 Renault 3 recensées dont les deux hollandaises qui illustrent cet article. Très rare, la cote de la R3 se situe entre 4 000 et 6 000 €.