Renault 21 (1986-1995)

 

Publié par Philippe Baron le 18 janvier 2016.

 

Succédant à la 18, la Renault 21 présente une carrosserie tricorps dessinée chez ItalDesign et offre confort, habitabilité, équipement et performances. Dévoilée en mars 1986,  elle détient en France, dès l’année suivante, la première place de la catégorie des moyennes supérieures ainsi que celle du marché diesel. Produite à Sandouville en Normandie, elle se décline dès l’automne en break Nevada puis en septembre 1989 en berline bicorps à hayon.

 

 

À sa sortie, la Renault 21 n'est disponible qu'en berline 4 portes avec coffre et motorisations essence 1,7 ou 2 litres. Ce choix de carrosserie pouvait surprendre vu le goût de la clientèle française pour les berlines 5 portes mais s'expliquait par le désir d'éviter la concurrence interne avec la 25 (bicorps) et de satisfaire les préférences de la clientèle hors France pour les berlines tricorps dans ce segment de marché. Renault avait vu juste : spacieuse et confortable, la 21 reçoit les éloges de la presse qui salue aussi une tenue de route très saine, des consommations inférieures à la moyenne grâce à l'excellente aérodynamique et une impression générale de solidité, même si le choix des matériaux de l'habitacle et l'esthétique simpliste de la planche de bord déçoivent. Le succès commercial dépasse les attentes du constructeur, surtout en milieu de gamme essence (1,7 litre 90 ch). Les versions diesel, sorties en mai 1986, y contribuent également : les Turbo-D et Turbo-DX vont soutenir la comparaison avec la concurrence durant toute la carrière de la Renault 21 sans aucune modification mécanique.

 

1986 Renault 21 Turbo D

 

En 1987, le break 21 Nevada se distingue de la berline par un allongement de 18 cm (4,64 m). Renault cherche ainsi à réunir la clientèle potentielle des Renault 21 et 25 sur un seul modèle, une stratégie qui s'avéra payante en termes de volumes de vente. La longueur du Nevada lui confère un volume utile exceptionnel avec la banquette rabattue donnant un plancher long de plus de 2,10 m. Une version sept places (strapontins dans le coffre) figure aussi au catalogue.

 

 

Renault développe deux architectures pour les moteurs 4-cylindres de la 21 : moteur transversal pour les versions 1,7 litre essence (76 ou 92 ch) et 1,9 litre diesel (65 ch), et moteur longitudinal pour les 2 litres essence (120 et 140 ch) et 2,1 litres diesel (74 et 88 ch). Le 2 litres essence est proposé dans une version inédite alimentée par une injection électronique Renault avec coupure d'alimentation à la décélération, régulation du ralenti et détection du cliquetis cylindre par cylindre. La Renault 21 étrennera en mars 1991 la boîte automatique "type AR" à 4 rapports avec gestion électronique qui équipera par la suite la quasi-totalité de la gamme Renault jusqu'à la fin des années 1990. En juin 1987, apparaît le modèle phare de la gamme : la 21 2 litres Turbo de 175 ch dont la vitesse maximale est de 227 km/h. Elle est reconnaissable à ses doubles optiques et est munie en série de l'ABS. À partir de 1992, la gendarmerie française utilise ce modèle comme véhicule d'interception rapide sur autoroute. 

 

Renault 21 Turbo

 

Les ventes de la Renault 21 subissent le contrecoup de la sortie au milieu de l’année 1987 de la Peugeot 405. Renault réplique en juin 1989 par un restylage (faces avant et arrière revues, nouvelle planche de bord, tissus et revêtements intérieurs améliorés), l’ajout de la 2 l TXI 12 soupapes 140 ch (3 soupapes par cylindre) et surtout par le lancement de la 21 à hayon en septembre. Vu la préférence du marché français pour les 5 portes, elle prend vite l'avantage.

 

1990 Renault 21 TXI

 

En septembre 1989, sont présentées deux versions à transmission intégrale permanente : un différentiel central répartit le couple moteur à raison de 65% sur l’avant et 35% sur l’arrière et en parallèle, un visco-coupleur modifie cette répartition en fonction de l’adhérence rencontrée par chacun des deux essieux. Le différentiel arrière est à blocage manuel par commande pneumatique. Cette transmission est montée sur les 21 TXI Quadra (140 ch) 4 et 5 portes et sur la 21 2l Turbo Quadra 4 portes (175 ch).

 

1990 Renault 21 Turbo Quadra

 

En juillet 1990, la gamme 21 s’enrichit de la luxueuse version Baccara. Extérieurement, la 21 Baccara se distingue par une peinture métallisée vernie relevée d’un filet latéral, des vitres teintées, des jantes en alliage léger, des boucliers et des rétroviseurs extérieurs ton caisse et des projecteurs anti-brouillard. Plus représentatif, l’habitacle se pare d’une sellerie en cuir bicolore (passepoil bleu pour les sièges, coutures bleues pour le volant et le soufflet de levier de vitesses), de parements en ronce de noyer (petites incrustations dans les portières et le tableau de bord, pommeau de levier de vitesses), des surtapis avant et arrière…L’équipement s’enrichit de sièges chauffants avant, d’une climatisation automatique, d’une alarme, d’un régulateur de vitesse, de quatre vitres électriques ou d’une installation stéréo avec télécommande par satellite sous le volant.

 

 

En avril 1992, les moteurs à injection 1,7 litre, 2 litres 12 soupapes et 2 litres turbo adoptent le catalyseur pour répondre aux normes de dépollution Euro 93. La Renault 21 achève début 1994 une carrière qui fit d’elle une des voitures les plus performantes et efficaces de sa catégorie pour faire place à la Laguna. La 21 Nevada (rebaptisée tout simplement Renault Nevada en mai 1993) restera en production jusqu'à la sortie du break Laguna en septembre 1995. Au total 2 096 000 d'exemplaires ont été produits (dont 1,684 million berlines et 412 000 breaks Nevada). 

 

1990 Renault 21 TXI Quadra