Renault 20/30 (1975-1984)

 

Publié par Philippe Baron le 5 octobre 2012.

 

Pendant les années 1960, Renault s’était concentré sur les petites berlines populaires puis sur le concept berline-break avec la R16. L’énorme succès de cette voiture a de quoi inciter la Régie à mettre en chantier dès 1971 le projet d’une grande routière destinée à occuper le haut de la gamme au losange, la R30. Au début, Renault envisageait un V8 de deux cylindres mais la crise pétrolière de 1973 en décidera autrement.


 

 

En 1971, Peugeot, Renault et Volvo décident de mettre en commun leurs compétences techniques pour élaborer un moteur V8 qui équipera les hauts de gamme des trois marques. Ainsi dans le but de mieux affronter la concurrence européenne, la Société franco-suédoise de moteurs est créée pour produire un V8 dans l’usine la Française de Mécanique à Douvrin dans le Pas-de-Calais. Seulement avec le choc pétrolier d’octobre 1973, les valeurs seront revues à la baisse et un V6 PRV (initiales de trois constructeurs)  d’une conception des plus modernes sera retenu. Ce moteur 2 664 cm³ V6 essence développe 131 ch DIN avec le choix d’une boîte de vitesses à quatre rapports manuelle ou trois rapports automatique. 


 

Le V6 PRV équipe en premier la Volvo 264 dès l’automne 1974 précédant de peu les coupés et cabriolets Peugeot 504. Ils seront suivis par la Peugeot 604 qui sera présentée en même temps que la Renault 30 TS dotée du même moteur en mars 1975 au salon de Genève. Les lignes de sa carrosserie bicorps avec hayon sont dessinées par Gaston Juchet, à la tête du Service Style de Renault depuis 1965. Mais le style berline-break de la R30 n’accroche pas, il est trop éloignée des formes classiques des hauts de gamme des autres marques et n’arrive pas à convaincre ni la presse, ni la clientèle visée. Aussi, la Régie Renault s’empresse fin 1974 de présenter la R20, identique à la R30 sauf pour ses deux optiques quasi-rectangulaires.


 

La Renault 20 débute sa carrière en versions L, TL et GTL avec le moteur de la Renault 16 TX, un 1 647cm3 de 96 ch DIN à arbre à cames latéral entraîné par chaîne. La presse est unanime à louer l'habitabilité et le confort de la voiture mais critique assez sévèrement les performances, surtout en reprises. La 20 GTL, qui est dotée d'une direction assistée, de la condamnation centralisée des portes et de lève-vitres avant électriques est la plus vendue. La Renault 20 L n'a pas le droit aux roues de style ni à l'autocollant noir mat sous la lunette arrière ; elle sera supprimée dès 1977. En juillet 1977, la Renault 20 reçoit le tout nouveau 1 995 cm3 à arbre à cames en tête de 110 ch DIN (type J6R, puissance ramenée à 109 ch en 1979 et 104 ch à partir du restylage de 1980) sur la version TS 2 litres. Celle-ci sera rapidement la grande familiale préférée des français devant les Peugeot 505 et Citroën CX.. À partir de novembre 1978, une boîte à cinq vitesses est disponible en option. Pour 1981, une 20 LS 2 litres à l'équipement de niveau TL apparaît et se vendra peu. La diffusion des Renault 20 à moteur 2 litres restera limitée à l'étranger où le hayon n'est pas apprécié dans ce segment de marché,


 

En octobre 1978, la Renault 30 TX est proposée avec toujours le même moteur mais  avec une injection Bosch K-Jetronic à la place des carburateurs. La puissance monte à 142 ch DIN. La boîte de vitesses manuelle passe à cinq rapports alors que la version automatique est inchangée. Ce modèle se distingue par les roues en alliage léger à croisillons et bénéficie de nombreux équipements supplémentaires. En décembre 1979, la R20 est la première Renault de tourisme à être équipée d'un bloc diesel (type J8S). Celui-ci possède une cylindrée de 2 068 cm3. Dérivé du bloc essence de la TS 2 litres, il est aussi réalisé en aluminium. La direction peut être assistée (en série sur la version GTD). La R20 Diesel existe d'abord en version atmosphérique (63,5 ch DIN) puis en version turbo (85 ch DIN) pour 1983. Fin 1981, la Renault 30 Turbo D fait une apparition tardive avec un quatre cylindres 2 069 cm³ turbo-diesel délivrant 85 ch DIN, dérivé du bloc atmosphérique apparu deux ans plus tôt sur la R20. Cette même année, est lancée une version TX 2.2 litres avec une évolution à 2 165 cm3 (115 ch DIN, type J6T) du moteur de la TS. 


Photo Gueguette 80

 

 

La Renault 30 tire sa révérence en 1983 avec 136 403 exemplaires produits et la Renault 20, un an plus tard, avec 607 405 exemplaires produits, pour être remplacée par la R25.