Renault 15/17 (1971-1979)

 

Publié par Philippe Baron le 26 mai 2015.

 

Lors du Salon de l’automobile de Paris 1971, Renault crée la sensation avec ses R15 et R17, deux coupés racés, élégants, nerveux et créés exclusivement pour séduire. Ces deux voitures, qui indiquent la volonté du constructeur au losange de développer une gamme autour de la berline R12, possèdent chacune leur personnalité avec des particularités esthétiques et mécaniques, dans le but de cibler un large éventail de clients.

 

Renault 17 - Photo : bjornhelgejahnsen

L’origine de ces deux modèles remonte en 1966, lorsque Renault lance le projet 117, celui de la R12. Le constructeur français ne veut pas seulement une seule berline, mais véritablement, une gamme gravitant autour de ce modèle. C'est ainsi que vont naitre les R15/R17 d’une philosophie différente. L'esthétisme devient une chose essentielle et prime désormais sur l’utilité et la praticité. 

Les deux coupés reprennent la plate-forme de la Renault 12 et sont équipés d’un moteur 4 cylindres essence et de roues avant motrices. L’équipe dirigée par Gaston Juchet, chef styliste de la Régie, a fait le choix de l’innovation radicale en matière de style. Les R15 et R17 auront ainsi l’honneur d’arborer des pare-chocs annulaires, première application en série d’une telle technologie.

 

1971 Renault 15

 

La R15 se présente comme une berline 2 portes avec des phares rectangulaires, issus de la Renault 12, dans une calandre entourée d’un bandeau chromé doublé de caoutchouc noir et une surface vitrée plus importante et plus conventionnelle. D’allure plus sportive, la R17, se présente avec un habitacle plus restreint. Elle adopte 4 phares ronds à iode, luxe unique dans la production française du moment et des custodes lamelles. Par contre, ni l’une ni l’autre ne disposent de hayon et de sièges arrière rabattables.

 

Photos : Thomas Bersy

 

Côté mécanique, la R15 TL reçoit le 1 298 cm3 de 68 ch (155 km/h) issu de la R 12 et la 15 TS le 1 565 cm3 de 102 ch (170 km/h) emprunté à la R16 TS, tout comme la 17 TL. Les freins sont à disques à l’avant et tambours à l’arrière, alors que la R17 bénéficie de disques aux quatre roues. L’injection électronique Bosch alimente la 17 TS, ce qui constitue une première pour une voiture proposée par la Régie. Le moteur de 1 565 cm3 développe 108 ch (185 km/h), dérivé de la R12 Gordini, il dispose d’une boîte 5 vitesses.

 

1971 Renault 15 TS

 

La Renault 17 Gordini apparaît après la disparition de la R 12 Gordini. Le 1 605 cm3 de la 17 Gordini revendique 108 ch à 6 000 tr/mn. La sportive décroche plusieurs championnats nationaux, notamment en Hongrie, en Roumanie, en Pologne et dans les Pays Baltes. En 1974, le tandem Thérier-Delferrier remporte l’épreuve américaine « Press on regardless », littéralement «  « écrase (l’accélérateur) sans prendre garde », comptant pour le championnat du monde des  constructeurs au volant d'une Renault 17 Gordini.

 

 

A l'automne 1975, quatre années de commercialisation permettent à la Régie de faire le bilan de ses ventes de coupés. En résumé, la part de la R15 n'a cessé de croître (de 35% en 1971 à 74% en 1975) au détriment de la R17. La 15 TL représentent à elle seule la moitié des ventes dès 1973 en progression continuelle, conséquence du choc pétrolier.

 

Renault 15 GTL

 

Pour le millésime 1976, alors que les ventes s’essoufflent, les 15 et 17 sont restylées : les faces avant et arrière évoluent mais toujours en conservant à l’avant les deux ou quatre optiques pour définir la 15 par rapport à la 17. La grande nouveauté est ces nouveaux sièges nommés ‘pétale’ en raison de leur forme. Ces quatre coussins réglables sont mis en vedette dans toutes les publicités de l'époque. En 1979, les 15/17 mettent un terme à leur carrière avec 209.887 exemplaires écoulés pour la Renault 15 contre 94.969 exemplaires pour la R17. La descendance est assurée par un autre coupé Renault qui marquera les esprits : la Fuego.