Renault 12 (1969-1980)

 

Publié par stubs-auto le 13 septembre 2012.

 

Modèle phare de la Régie Renault des années soixante-dix, la R12 tournait la page du tout à l’arrière pour la traction avant et faisait des infidélités au hayon en optant pour une carrosserie trois volumes avec malle arrière classique pour mieux cibler le marché international. En France, elle sera la voiture la plus vendue en 1973.

Dès 1964, le bureau d’études Renault se penche sur la remplaçante des Renault 8 et Renault 10. Ambitieux, le projet ‘117’ vise une carrière internationale d’où une préférence pour un modèle tricorps à la ligne traditionnelle que dessinera Robert Boyer. Des prototypes seront d’ailleurs testés au Brésil avec Ford pour partager les frais de développement. 

Ford Corcel

Dans les années 60, le constructeur américain avait racheté Willys-Overland Brésil qui produisait des Renault et était sur le point de produire la Renault 12. La version brésilienne, sortie un an avant le R12, porte le nom de Ford Corcel, esthétiquement très proche de la R12 à ses débuts. Elle sera produite pendant près de trente ans mais avec des liftings quasi-annuels. En France, des dérivés de la Renault 12 à l’allure moins conventionnelle viendront compléter la gamme en 1971, les R15 et R17.

Dacia

Le salon de l’Automobile de Paris est le lieu de lancement de la Renault 12 berline en 1969. Elle est présentée en deux versions L et TL qui donne l’avantage d’avoir deux sièges séparés à l’avant, plutôt qu’une banquette ainsi que certains accessoires. Sous le vaste capot, est disposé tout à l’avant en position longitudinale le 4-cylindres Cléon fonte de 1 289 cm3 de 54 ch DIN, boite 4 rapports, 145 km/h, freins à disques à l’avant et tambours à l’arrière, sans assistance. La R12 mesure 4.34 m de longueur, 1.63 m de largeur, 1.43 m de hauteur et pèse à vide 900 kg. Le moteur TS ne sera disponible qu’en 1973 avec 60 ch DIN et 150 km/h. Les versions break L et Tl seront présentées au Salon 1970.

Pendant l'été 1971, la Renault 12 Gordini reprend le flambeau de la défunte R8 Gordini à l’architecture complètement différente. La 12 G est dotée d'un moteur 1 565 cm3 type 807/20 issu de la Renault 16 TS revu par Amédée Gordini, surnommé le Sorcier, soit 113 ch DIN à 6 250 tr/min et 14,3 mkg de couple à 4 500 tr/min. Outre diverses modifications (vilebrequin, admission, arbre à cames, ...), il est alimenté par deux carburateurs horizontaux double corps Weber et refroidi par un radiateur d'huile. Ce moteur est servi par une boîte 5 vitesses. Le freinage est renforcé par des freins à disques ventilés à l'avant (pour la première fois sur une voiture française) et des freins à disques à l'arrière. Le réservoir d'essence de 89 litres avec remplissage sur le côté gauche (et non à l'arrière à droite de la plaque d'immatriculation comme sur les autres R12) était spécifique. L'extérieur se différencie aussi par la teinte bleu France, les bandes blanches, les projecteurs additionnels longue portée protégés par des petits butoirs, la prise d'air sur le capot, les jantes largeur 5 pouces et demi et la suppression des pare-chocs (sauf Gordini TL). Dans l'habitacle, on trouve un compte-tours, un volant 3 branches et des garnitures allégées. La société Renault-Gordini à Viry-Châtillon commercialisait un kit compétition qui comprenait : segments, bielles, chemises, arbres à cames, ressorts de soupapes, bougies, gicleurs, trompettes d'admission à la place du filtre à air et nouveau couvre culbuteur. Les R 12 G seront les actrices de la Coupe Gordini de 1971 à 1974. En 1971, aux mains des frères Marreau, la Gordini établit le record sur le trajet Le Cap Alger. Pour 1972, quelques modifications sont apportées au reste de la gamme : un alternateur au lieu de la dynamo et la suppression des feux de position latéraux sur les ailes avant. La production de la 12G prend fin en 1975 avec 5 188 voitures produites. Elles sont donc aujourd’hui très rares et se négocient au dessus de 12 000€.

 

Lino Ventura n’en mène pas large sur le siège passager d’une R12 Gordini dans l’emmerdeur (1973)

 

En 1976, la Renault 12 subit un léger restylage au niveau de la calandre, des pare-chocs, une nouvelle planche de bord et feux et jupe arrière modifiés. Sa carrière se termine en France en 1980 mais sa production est ensuite transférée en Argentine, Roumanie et en Turquie. Production totale : 2 200 000 exemplaires, 

Photo : wwwuppertal