Peugeot Quadrilette (1920-1924)

1924/10 Peugeot 172 BS Quadrilette Grans Sport 1924 Peugeot 172 BS Quadrilette Grand Sport

Publié par stubs Auto le 18 août 2012.

 

Au début des années vingt, la France sort péniblement d’une guerre marquée par des milliers de vies perdues, sacrifiées sur les champs de bataille. Dans ce contexte de l’après-horreur, les rescapés éprouvent un besoin irrésistible de plaisir, de frivolité et de s’offrir une automobile. Ceux, qui n’avaient pas été touchés financièrement par le conflit, pouvaient se permettre l’acquisition de luxueuses voitures coûtant une fortune, habillées par des carrossiers de talent. Mais face à eux, des milliers de gens, qui avaient appris à conduire dans les forces armées, étaient quasiment sans argent. Peugeot, comme d’autres constructeurs, va répondre à cette forte demande en leur proposant la Quadrilette, minimaliste, économique et populaire.

L’état Français, conscient que l’industrie cherchait de nouveaux débouchés, facilitent la tâche des constructeurs de voitures populaire en créant par la loi de finances du 30 juillet 1920 la réglementation sur les « cyclecars » qui réduit à 100 francs la taxe annuelle de cette nouvelle catégorie de petites voitures, moins taxées que les véritables automobiles. Pour bénéficier de cette catégorie, un cyclecar doit répondre précisément à certains critères définis officiellement . Le véhicule automobile doit être à trois ou quatre roues et posséder au maximum deux places. Avec sa carrosserie nue, il ne doit pas excéder un poids supérieur à 350 kg et la cylindrée ne doit pas dépasser 1100 cm3. La limite de poids ne concerne pas les accessoires divers comme les lanternes ou phares, roue de secours…

 

La Quadrilette relève du même esprit que la Bébé des années 1910. Dès 1919, le constructeur sochalien préside à l’étude de ce projet qui sera présenté pour la première fois en public au Salon de Bruxelles 1920. Il rentre dans les normes décrites pour l’obtention des avantages fiscaux annoncés par le gouvernement. Avec ses voies très étroites, plus courtes à l’arrière qu’à l’avant, la voiture accueille deux personnes en tandem. Son quatre cylindres à culasse non détachable de 667 cm3 développe 9,5 ch. et l’entraîne à 60 km/h. Il est supporté par un châssis léger en tôles pliées en lieu et place des traditionnels longerons. La transmission est assurée par une boîte-pont à trois rapports sans différentiel. Sa suspension est dépourvue d’amortisseurs. Son système de freinage est une commande à main sur une roue arrière, celle à pied agissant quant à elle sur l’autre.



 

La Quadrilette type 161 s’impose rapidement pour ses qualités pratiques. Maniable et passe partout, elle s’avère très économique avec une consommation de cinq litres aux cent kilomètres. Sa clientèle est jeune, mais certains automobilistes l’acquièrent également comme seconde voiture. Devenue à la mode, elle séduit les vedettes à l’image de Mistinguett. Elle s’aligne aussi en compétitions, courses de côte ou de régularité, et gagne la catégorie cyclecars du Tour de France auto de 1923.

 

Dès 1921, la Quadrilette évolue en type 161 E, E pour élargi, et offre deux sièges non plus disposés l’un derrière l’autre mais côte à côte décalées de quinze centimètres. En 1922, la Type 172 arrive et la Quadrilette gagne 4 cm de largeur ainsi qu’un démarreur et un éclairage électriques. Ses ailes sont allongées et son arrière est en pointe. En 1924 est lancé un nouveau modèle de faible diffusion, la Quadrilette Grand Sport (type 172 BS), dotée d’un moteur plus puissant de 720 cm3.

 

En avril 1924, une nouvelle loi de finances augmente l'impôt annuel du cyclecar de 100 à 120 francs et abaisse celui des voiturettes à 180 francs. Ce sera le déclin du cyclecar et les grandes marques font évoluer leurs modèles dans la catégorie voiturette pour éviter la contrainte de la limite de poids de 350kg. Après 3 500 Quadrilette Type 161 et 8 700 Type 172 produites, représentant à l’époque 31 % de la production Peugeot, la Quadrilette après ce beau succès s’efface pour celle qui sera couramment appelée la 5 CV équipée d’une mécanique voisine et qui rencontrera également le succès. En 1925, la loi de finances supprime la catégorie cyclecar qui est rattachée au même régime fiscale que les autres automobiles.

La Bonne Adresse

Plus d’info sur la Quadrilette ? : http://quadrilette.reseaulocal.fr/ un site très détaillé avec de nombreuses données techniques ainsi que les cotations actuelles de ces devancières attachantes. Ce site très complet qui évoque aussi les 5CV types 172 BC à 190 S est également très enjoué avec pleins de photos et d’illustrations.

Type 172 1ère main, 2 places décalées, n° 6606

Une page d’histoire Peugeot par Top Gear