Peugeot 605 (1989-1999)

 

Publié par Philippe Baron le 14 mars 2013.

 

Aboutissement d’une politique technique, industrielle et commerciale, ambitieuse menée d’une main de maître pendant les années 80, la 605 marquait le retour de Peugeot dans le créneau des berlines haut de gamme. Pourtant, avec ses déboires techniques, la ‘605’ faillit mettre à mal l’image même de sérieux et de fiabilité de la firme sochalienne. Mais finalement, après une opération de « remise à niveau », elle réussira à redorer le blason du Lion.

 



 

Lancée en France en septembre 1989, sur le plan esthétique la Peugeot 605 fait l’unanimité. D’aucuns reprochent seulement à ses lignes harmonieuses de ne pas être suffisamment différenciées de celles de la 405, sortie deux ans plus tôt. Mais Peugeot voulait imposer un « style », une cohérence dans la gamme, une identité maison, signée Gérard Welter et Paul Bracq. La 605 offre en grande routière un faisceau de qualités de haut niveau et remarquablement homogène : élégance, confort, tenue de route, équipement, insonorisation.

 



 

Avec la 605, Peugeot opte pour un choix plus rationnel en matière de gestion de la production grâce à une étude commune avec son partenaire Citroën, qui aboutit à des véhicules à la personnalité très affirmée et très différente. Ainsi la Peugeot 605 partage avec la Citroën XM sa plate-forme et un bon nombre d’éléments, à commencer par les moteurs. Originellement composée de deux 4-cylindres 2 litres 115 et 130 ch et deux V6 3 Litres 170 et 200 ch, la gamme 605 s’est progressivement étoffée en avril 1990 avec l’apparition de motorisation turbo-diesel 2 L 100 ch puis diesel atmosphérique 2 L 83 ch, ainsi que de la boîte automatique. Si en effet, le moteur V6 24 soupapes se distinguait par une gestion commune de l’allumage et de l’injection ainsi que par un système d’admission variable, les groupes diesel se distinguaient eux par une culasse à 3 soupapes par cylindre.

 

 

L’une des originalités techniques majeures de la nouvelle Peugeot réside dans un tout nouveau système d’amortissement piloté à gestion électronique automatique qui, à partir des informations enregistrées par cinq capteurs (vitesse, effort de freinage, pression sur l’accélérateur, angle et vitesse de braquage des roues directrices) assure à  tout instant un compromis confort/comportement optimal. Cet amortissement piloté est monté sur la SV 3.0 et la SV 24, les deux versions haut de gamme, qui ont également en série un antiblocage de roues ABR Bendix et une direction à assistance variable en fonction de la vitesse.

 

 

En 1991, plus de 50 % des 605 vendues sont des versions diesel, les V6 ne représentant que 15 % des grosses berlines sochaliennes vendues en France, tout en étant le V6 français « haut de gamme » le plus vendu. La ‘605’ est la seule Peugeot qui est restée à carrosserie unique, sans déclinaison break, coupé ou cabriolet.

 

 

Pendant l’année 1992, la ‘605’ connut bien des déboires. Très nombreux furent les clients qui se sont plaints de pannes diverses, remettant en question la fiabilité et le sérieux de la firme sochalienne. Très courageusement, les responsables d’Automobiles Peugeot en ont tiré les conclusions et demandé à tous les propriétaires d’une 605 de la ramener chez leur vendeur pour une vérification gratuite et complète. Les SV 24 ont même repris la route de l’usine où elles ont été remises au niveau des voitures concurrentes les plus récentes. Cette opération, qui a bien failli être un fiasco sur le plan de la communication, a été lancée au plus mauvais moment puisque dans la même période Renault présentait à la presse internationale la Safrane, concurrente directe de la 605. Elle aura sans doute coûté cher à Peugeot, mais comme elle était indispensable, elle aura finalement réussi à redorer le blason du constructeur français. 

 

 

En 1995, un restylage mineur remet la berline au goût du jour, mais victime de la mauvaise réputation des premiers modèles, la 605 ne se vendra finalement plus beaucoup. Toutefois, son excellente plate-forme sera en grande partie reprise sur sa remplaçante, la 607. La carrière de la ‘605’ se termine en 1999 avec 252 185 exemplaires produits.