Peugeot 505 (1979-1992)

 

Publié par Philippe Baron le 15 janvier 2014.

 

Longue et belle carrière pour cette 505 qui respectait la tradition de la berline grande routière, spacieuse, confortable et saine, au sein de la gamme Peugeot. Sa silhouette flatteuse avait été définie par Pininfarina en collaboration avec le bureau de style maison, Gérard Welter pour l’extérieur et Paul Bracq pour l’intérieur. Le large choix des motorisations avec leur lot de puissance et de brio contribua au succès de la Peugeot 505.


 

Lancée en mai 1979, la Peugeot 505 sera la dernière berline de la marque à propulsion arrière. A cette époque, Peugeot jouait encore sur les deux tableaux de la traction avant et de la propulsion arrière. Les roues motrices avant inaugurées par la 204 étaient représentées par la 104 et la 305, tandis que les roues arrière motrices concernaient les modèles de gamme supérieure, la 504 et la 604.


 

Avec une carrosserie trois corps avec malle séparée de l’habitacle, la Peugeot 505 utilise la plate-forme renforcée, de même empattement mais avec les voies avant et arrière élargies, de celle qu’elle doit remplacer, la 504. Cette dernière, cependant toujours demandée, ne quittera la scène qu’en 1983. La longueur de la 505 est 4.58 m pour une largeur de 1.72 m.


 

A son lancement, plusieurs versions sont proposées. Les GL, GR et SR reçoivent un 4-cylindres en ligne de 1 971 cm3 de 96 ch (100 ch à partir de 1984), alimenté par un carburateur double corps Zénith ou Solex. La boîte de vitesses est à 4 rapports sur le modèle GL, à 5 rapports sur les GR et SR, avec option automatique pour la SR, qui dispose aussi d’un degré de finition et d’équipement supérieur avec entre autres, vitres avant électriques, verrouillage centralisée, direction assistée. Les freins sont à disque à l’avant et tambour à l’arrière. Les versions TI et STI, équipées de 4 freins à disque, bénéficient de l’injection avec le 1 995 cm3, le fameux PRV en alliage léger conçu comme le sigle l’indique par une collaboration Peugeot, Renault et Volvo, produit par la Française de Mécanique à Douvrin (coentreprise PSA/Renault). Enfin, les versions diesel (GLD, SRD) disposent du 4-cylindres de 2 304 cm3, d’une boîte de vitesses à 4 rapports et de freins à disque à l’avant.


 

En février 1982, la version Break rejoint la berline ainsi qu’une déclinaison Familiale prévue pour accueillir huit passagers sur trois rangs de sièges. Le catalogue s’enrichit  au fur et à mesure de motorisations de plus en plus puissantes. Comme le dit la publicité : « Le constructeur sort ses griffes ! ». La version STI est rebaptisée GTI en juillet 1983 quand son moteur 2.2 litres à injection a vu sa puissance portée de 117 à 130 ch. Auparavant en octobre 1982, Peugeot présentait la 505 Turbo Injection, une version à hautes performances, bénéficiant d’un moteur turbo à essence, dérivé du bloc Chrysler 2 litres et mis au point avec la collaboration de Porsche. Le modèle recevait un équipement luxueux, avec synthétiseur de parole délivrant en clair des messages d’urgence. En janvier 1984, le montage d’un échangeur air/air refroidissant l’air comprimé par le turbo permet alors d’augmenter la puissance à 150 ch et de diminuer la consommation. La Peugeot 505 TI flirte avec les 200 km/h. Cette version sera suivie par une version 160 ch plus économique pour laquelle un kit PTS (Peugeot-Talbot Sport) était disponible. Il permettait au 2,2 litres de développer 200 ch et des performances de l’ordre de 215 km/h. Côté diesel, la 505 SRD Turbo de 2 304 cm3 de 80 ch, présentée en juillet 1980, revendique les 160km/h, tandis que la GTD Turbo apparue pour le millésime 1984, équipée d’un moteur de cylindrée et de puissance supérieure, 2 498  cm3 et 95 ch, dépasse les 170 km/h.

 


 

En juillet 1985, toutes les 505 reçoivent une nouvelle planche de bord dans un style plus massif, une calandre avant redessinée, des pare-chocs intégrés et des feux arrière façon 309 sur les berlines. La gamme est couronnée en 1986 avec le V6 d’une cylindrée de 2 849 cm3 développant 160 ch. Le bloc et les culasses sont en alliage léger, avec un arbre à cames par rangées de cylindres et le système d’injection Bosch LH 2.2 est à commande électronique. Avec cette technologie de pointe, la 505 V6 passe la barre des 200 km/h. Le modèle possédait de série toutes les options proposées au reste de la gamme : l'ABS, la condamnation centralisée des portes à distance, quatre lève-vitres électriques, le toit ouvrant coulissant électrique, les rétroviseurs électriques et dégivrants et un régulateur de vitesse (si boîte automatique).


Photo : Danny Kadarisman

 

La 505 est connue pour être un véhicule fiable, certains exemplaires ont dépassé les 500 000 km, et même les 1 000 000 km en Afrique ! En 1980, Peugeot a vendu 1 200 taxis aux villes de New York et de Los Angeles avant qu'il soit quasiment impossible d'exporter des véhicules diesel aux USA. Après avoir connu un pic de vente en 1984 (20 000 exemplaires) et avoir été reléguée au dernier rang d'une série d'essais de chocs en 1989, les ventes de 505 s'érodèrent aux USA. Finalement, Peugeot s'est retiré d'Amérique du Nord en 1991.


Peugeot 505 US - Photo : Kompressed

 

La Peugeot 505 fut produite entre mai 1979 et juin 1992 à 1 350 798 exemplaires. En raison de la crise économique et du retrait de Peugeot des USA, la 505 ne reçut aucune version coupé et cabriolet malgré des études dont une réalisée par Pininfarina.


Des prototypes devant l'Aventure Peugeot à Sochaux - Photo : Imanol Lobato