Peugeot 204 (1965-1976)

 

Publié par Philippe Baron le 23 octobre 2016.

 

Lors de la présentation officielle de la Peugeot 204 le 23 avril 1965 au Palais des Sports de Paris, le constructeur au Lion rompt avec sa tradition commerciale de ne proposer qu’un seul modèle en même temps au catalogue. Aux côtés de la 404 pour une clientèle habituée aux gros volumes,  la 204, bientôt surnommée, la plus parisienne des grandes routières, compte se mesurer aux polyvalentes et compactes de taille moyenne en forte demande sur le marché. La dernière petite Peugeot produite, la 202, était sortie, il y déjà bien longtemps, en 1938.

 

 

Quatrième constructeur français en 1965, Peugeot restait en retrait derrière Renault, Citroën et Simca, qui proposaient depuis longtemps des gammes beaucoup plus variées. Le Lion se devait de réagir, conscient que le marché des moins de 7 chevaux fiscaux représentait déjà plus de 65 % du parc automobile français. L’étude de la 204 débute dès 1960. Pour son dessin, la firme sochalienne fait appel à nouveau à Pininfarina mais l’essentiel de la réalisation se fera au bureau d’études de la Garenne-Colombes sous la supervision de Paul Bouvot. Cette berline de 6 CV mesure moins de quatre mètres et son poids n’atteint pas les 900 kg. Proposée uniquement lors de sa sortie en version berline grand luxe 4/5 places, la 204 dispose dès le début de série, de l'option toit ouvrant. 

 

 

Contrairement à sa légendaire culture de la prudence, Peugeot mise gros sur l’innovation en positionnant le 4-cylindres en ligne à l’avant en position transversale, améliorant ainsi l’habitabilité. Grande première pour Peugeot très attaché jusqu’ici au mode propulsion, ce sont les roues avant qui transmettent au sol la puissance. De plus, culasse, bloc, boîte et transmission sont entièrement en aluminium. Les ingénieurs Desbois et Soubis ont également mis au point une boîte de vitesse à quatre rapports synchronisés qui inclut le pont. Cette boîte-pont est boulonnée sous le bloc et graissée par la même huile que le moteur grâce à un carter commun. La liste des innovations ne s’arrête pas là, avec des suspensions indépendantes pour les quatre roues et des freins à disque à l’avant. La Peugeot 204 affiche de très bonnes performances avec ce 1 130 cm3 de 58 ch, permettant de titiller les 140 km/h.

 

 

Quelques mois après la sortie de la berline, est proposé le break 204 qui offre un volume de charge de 1.5 m3 sans modification de dimensions. Puis en septembre 1966, la gamme s’étoffe à nouveau avec l’arrivée du coupé, du cabriolet, tous deux sur un empattement réduit de 29 cm (3.73 m de long) et de la fourgonnette, basée sur le break mais dénuée de portes arrière. Elle sera fabriquée jusqu'en juin 1976 à un peu moins de 38 000 exemplaires avant que son homologue 304 ne prenne le relais.

 

 

Avec le cabriolet et le coupé,  les stylistes de la Garenne-Colombes réussissent un joli travail tout en reprenant les lignes générales de la berline. Pour le cabriolet, ils réutilisent de nombreux éléments de cette dernière, permettant ainsi une industrialisation et une commercialisation à un coût intéressant. Le prix de vente n'est que de 20% supérieur à celui d'une berline, alors qu'une 404, faite par Pininfarina, vaut 60 % de plus qu'une berline ! A partir de l’automne 1967, un hard-top en acier sera disponible. Quant au coupé, ses belles lignes donneront à son auteur, Paul Bouvot, le Grand Prix de l'art et de l'industrie automobile 1966. 

 

 

Les coupés et cabriolets 204 sont dotés de la même motorisation que la berline mais équipés de suspensions abaissées, d'une ligne plus basse, leur vitesse de pointe est légèrement supérieure (143 km/h).Un peu plus de 18 000 exemplaires pour le cabriolet seront produits, et un peu plus de 42 000 pour le coupé, jusqu'en mars 1970.

 

Photo : Citroën Azu

 

Au Salon de Paris 1967, le plus petit diesel du monde monté en série arrive mais pour l’heure, il est réservé uniquement pour le break. Tout en aluminium, ce moteur est d’une cylindrée de 1 255 cm3 de 40 ch et permet à la voiture de rouler à plus de 120 km/h. La publicité de l’époque affiche ‘le kilomètre à moitié prix’. La réputation de Peugeot en la matière n’’étant plus à faire, cette version remportera un gros succès auprès des artisans et des commerçants. La berline ne pourra bénéficier de ce moteur diesel qu’en septembre 1974 au Salon de Paris pour le millésime 1975. Elle recevra la version de 45 ch pour 1 357 cm3 et 130 km/h, apparue en avril  1973. 

 

 

A l'automne 69, la famille Peugeot s’agrandit avec l’arrivée de la 304 qui dérive directement de la 204. Pour son dernier millésime, les versions essence de la 204 reçoivent un nouveau moteur de 1 127 cm3 de 59 ch DIN. Avec la 204, Peugeot obtint un succès retentissant qui lui permit de s’installer en 1971 à la deuxième place des constructeurs français. Pendant trois années consécutives, 1969, 1970 et 1971, la berline 204 sera la voiture française la plus vendue dans l’Hexagone. Au moment de son retrait à la fin de l’année 1976, plus de 1.6 million d’exemplaires tous styles confondus seront sortis des lignes.