Peugeot 201 (1929-1937)

Photo : Philippe Baron

 

Publié par stubs-auto le 24 août 2012.

 

La Peugeot 201 n’est pas seulement la voiture qui inaugure le nouveau système de numérotation à zéro central qui positionne le modèle et sa gamme. Elle est surtout la voiture qui permettra au constructeur sochalien de traverser conquérant la crise du début des années trente en augmentant ses ventes et en engendrant des bénéfices au moment où la production des automobiles en France chute de un tiers.

 

Peugeot 201 Berline Luxe Malle Coquille 1932

Initialement, la 201 devait s’appeler 629 pour 6CV et 1929. Jusqu’ici les véhicules du Lion étaient désignés par leur type mais la 201 va changer la norme. Tout d’abord, 201 correspond au deux cent et unième projet de la marque. Ce chiffre à trois numéros, Peugeot va se l’approprier et déposer les numéros de 101 à 909 avec un zéro au milieu à l’Institut National de la Propriété Industrielle. Cette numérotation jouera un tour à Porsche en 1963 pour la 911 qui au départ devait porter le nom de 901.

 

 

L’étude de la 201 avait débuté en 1924 en premier lieu par un sondage auprès de la clientèle pour connaître leurs attentes. Cette enquête de marketing de première heure servit à établir le cahier des charges au printemps 1927. La nouvelle venue devra être abordable financièrement, très économique pour son utilisation et son entretien tandis que sa mécanique devra être robuste, simple et suffisamment puissante pour transporter confortablement quatre personnes à 80 km/h. 

 

 

Pour cette étude, longue et coûteuse, qui avait mis le constructeur face à des difficultés financières, une quarantaine de prototypes ont été construits pour que les essayeurs de la maison puissent sillonner les routes du Doubs dans toutes les conditions possibles et définir alors le meilleur produit possible.

 

Dès le 1er juillet 1929, la production de la 201 démarre mais elle n’est présentée qu’en octobre pour le Salon de Paris. L’accueil du public et de la presse est enthousiaste et résonne un succès annoncé. Non seulement elle est bien dessinée,  sa silhouette bien équilibrée et son prix attractif mais elle est aussi économique, argument primordial  au regard de la crise qui frappe les Etats-Unis avec le tout récent Krach boursier de Wall Street et qui menace l’Europe. En mars 1930, 5 000 commandes sont déjà enregistrées et les cadences de production ne cesseront jamais d’augmenter créant des modifications mécaniques continuelles sur les chaînes de montage. Alors que les ventes des constructeurs ont baissé de 38%, Peugeot augmente les siennes de 35% et cela grâce aux nouvelles méthodes de travail importées des Etats-Unis,  ainsi, le constructeur engendre 26% de profits sur chaque véhicule.

1930 Peugeot 201 - Photo : Sébastien Morlière

La Peugeot 201 est équipée d’un quatre cylindres à soupapes latérales de 1122 cm3, qui développe 23 ch, et qui lui permet de rouler à 80 km/h. Mais les raisons de son succès proviennent d’un confort nettement supérieur au standard de l’époque lorsqu’apparaît en septembre 1931 la 201 C, C pour Confort, avec l’adoption pour la première fois au monde sur une voiture de série, d’un essieu avant à roues indépendantes, qui améliore la tenue de route, le confort et l’agrément de conduite. Elle est produite parallèlement au modèle  à essieu rigide. La 201 C s’avère par ailleurs plus large et plus longue avec un empattement allongé. Une grande variété de modèles est au catalogue : torpédo, berline fermée à quatre places, cabriolet, roadster, coupé, familiale ainsi que l’utilitaire 201 T.

 

Photos : Philippe Baron

 

En 1932, la crise toujours présente ne semble pas affecter la production de la 201. Peugeot met un terme à la carrière de la 5CV et présente en juillet la 301, très fortement inspirée de la 201. En 1933, le Lion innove encore avec la 201 B qui adopte un châssis dit bloctube, plus rigide constitué de longerons et de traverses tubulaires, tandis qu’une nouvelle calandre en coupe-vent et phares en obus sont révélés au salon de Paris. Comme toute la gamme unifiée du constructeur, la 201 abandonne sa caisse anguleuse au profit du nouveau style Peugeot plus aérodynamique avec une poupe dite « queue de castor » qui  intègre un coffre à bagages ouvrant de l’extérieur. De plus, son nouveau quatre cylindres de 1,3 litre et 28 ch la fait passer désormais dans la catégorie des   7 CV. Ce dernier reçoit un vilebrequin à trois paliers (contre deux précédemment), qui favorise la longévité du moteur.

 

Peugeot 301

Pour la compétition, des modèles spéciaux de la Peugeot 201 verront le jour comme les 201 S et 201 CS, des modèles allégés dont la puissance était poussée à 30 ch. (un autre temps !) Une version très spéciale la 201 X à moteur 4 cylindres Bugatti est aussi produite. Malheureusement André Boilot, le pilote de Peugeot, trouvera la mort  à son bord le 5 juin 1932 dans une course de côte. Elle s’illustra au Rallye de Monte-Carlo en finissant deuxième en 1931 et première en 1932.

 

Peugeot 201 M Cabriolet 1936

Produite jusqu’au salon de 1936, la 201 sera construite à 142 309 exemplaires, toutes versions confondues. Son appellation ne disparaîtra pas pour autant, puisque la 301 sera rebaptisée 201 M (M pour Moderne). Ce sera la dernière Peugeot équipée d’un moteur à soupapes latérales jusqu’à son retrait qui interviendra à la fin 1937, scellant la disparition du modèle 201 qui a permis à Peugeot de traverser la crise sans encombre alors que beaucoup de constructeurs automobiles ont vu leurs ventes chuter de manière vertigineuse. Le succès de la 201 a obligé le constructeur à rénover, à moderniser ses outils de production et à agrandir son site de Sochaux pour un bien meilleur rendement et ainsi réaliser des profits pendant une période difficile et conforter sa notoriété.

 

1937 Peugeot 201 - Photo : Artcurial
1930 Peugeot 201 - Photos : Martien Uiterweerd