Panther (1972-1990)

Panther (1972-1990) Panther J72

Publié le 6 juillet 2012.

 

A la fin des années soixante, le londonien Robert Jankel n’a qu’une idée en tête, celle d’offrir à une clientèle marginale mais friquée une voiture sophistiquée, ressemblant aux belles sportives d’avant-guerre, tout en ayant une mécanique très moderne.

Féru de Jaguar depuis sa prime enfance, Robert Jenkel réussit à  obtenir du constructeur de Coventry des pièces mécaniques provenant notamment du moteur de la XK 6 cylindres de 3.8 l. Il fonde sa marque Panther Westwinds près du circuit de Brooklands dans le Surrey et construit un prototype extravagant et décomplexé qu’il décide de produire sous le nom de J72, J comme Jaguar et 72, année de sa présentation.

Panther J72 Panther J72

 

Avec son look néo-classique, la J72 fait un tabac. Elle se démarque de la production de l’époque et trouve sa clientèle dans les milieux branchés des seventies. Des stars, comme Freddie Mercury du groupe Queen, s’affichent à son volant. Fortement inspirée dans ses lignes par la Jaguar SS100, trois moteurs seront proposés pendant sa production de 1972 à 1981 : un 3.8 l ou un 4.2 l Jaguar XK6 et le 5.3 l Jaguar V12 pour le marché américain. Les 500 exemplaires produits pendant cette période, représentent une véritable performance pour une voiture tarifée presque trois fois le prix d’une Morgan Plus 8.

Panther Lazer 1974

Au Salon de Genève 1974 est exposée une Panther FF évoquant la Ferrari 125 S de 1947 mais le prix de vente exorbitant de l’anglaise limitera sa production à sept exemplaires. Le designer, qui ne se laisse pas abattre aussi facilement par ses déboires, propose la même année un véhicule très futuriste, la Panther Lazer, qui se veut un buggy pour milliardaire. Ce prototype ne sera jamais commercialisé. Il sera acheté par l’importateur Panther au Canada pour l’offrir à son épouse, qui refusera ce cadeau. La voiture retournée en Angleterre sera achetée quelques années plus tard par Reza Pahlavi, fils du chah d’Iran et de Farah Diba, alors dans ses années de teenager.

Panther FF 1974

Vient ensuite, toujours en 1974, la De Ville qui est considérée comme la Panther qui exprime le mieux la personnalité de la maison britannique. La De Ville est inspirée par la classique Bugatti Type 41 Royale avec sa calandre en fer à cheval mais ses lignes sont plus arrondies. La De Ville reprend la mécanique de la Jaguar XJ : une suspension arrière à roues indépendantes avec bras de suspension avant et arrière, support de direction et quatre freins à disque. Deux motorisations existent : un six cylindres en ligne à DACT de 4 235 cm³ de cylindrée et un V12 à carburateur de 5 343 cm³, les deux équipées d'une boîte trois vitesses automatique.

Panther de Ville

Les intérieurs de cette limousine très british sont richement finis et faits de cuir Connolly, le tableau de bord entièrement de bois de noyer, l'instrumentation est celle de la XJ mais avec un style plus rétro. L'équipement de bord comprend : climatisation, autoradio à quatre haut-parleurs, direction assistée, vitres électriques sur toutes les portes et, en options, toit ouvrant électrique, téléphone, télévision et minibar.

 

Au total, 60 exemplaires ont été produits dont 46 berlines, onze cabriolets et une limousine à six portes pour un prince malais. Beaucoup de stars ont succombé à son luxe tapageur : Johnny Hallyday, Elton John, Kenny Rogers, Marty Robbins, Rock Hudson et Oliver Reed .La Panther De Ville est également la voiture de Cruella d'Enfer dans le film de 1996 Les 101 Dalmatiens. Il s'agit d'une berline, qui a été fortement modifiée en coupé, avec une livrée bicolore (blanc et noir), le toit étant recouvert de vinyle noir. Cette voiture est exposée à Disneyland Resort Paris. (voir vidéo ci-dessus avec la musique de Queen : I'm in Love with my Car).

Panther Rio 1976

En 1976, Panther signe un accord avec Triumph pour une étude personnalisée de la Triumph Dolomite, dotée d'une calandre façon Rolls Royce et d'un habitacle particulièrement soigné. Cette Panther baptisée Rio est vendue à près de trois fois le prix d'un modèle standard. La démesure de son prix de vente aura pour conséquence de ne trouver que trente huit acquéreurs jusqu'en 1978.

Panther Lima

Présentée en 1976, la Panther Lima, aux courbes apparemment inspirées des lignes de la Bugatti Type 55 des années 1930, devait reprendre un châssis de Triumph Spitfire et une mécanique Triumph mais, devant le refus de British Leyland de coopérer et l’intérêt de Vauxhall pour ce prototype, elle est finalement créée sur une base de Vauxhall Magnum. La Lima MK1 (1976-1979) utilise toute la partie arrière du châssis autoporteur de la Magnum, auquel un châssis tubulaire vient s’adapter pour compléter la partie avant. Le train avant et la suspension sont les mêmes que sur la Magnum.

La Lima MK2 (1979-1982), plus ambitieuse, a un châssis totalement nouveau, entièrement tubulaire et nettement plus rigide que celui des MK1, mais qui entraîne au final un poids légèrement supérieur. Sur le plan des finitions, la MK2 est bien meilleure, avec un tableau de bord en bois et des sièges en cuir munis d’appuie-tête.En ce qui concerne la motorisation, c'est le quatre-cylindres en ligne Vauxhall 2 3 L haute compression qui équipe la MK1 et basse compression pour la MK2. La Lima proposée à un tarif attractif séduit et 897 exemplaires seront produits.

En 1980, à la suite d'importantes difficultés financières, notamment causées par le projet Panther 6, un vaisseau du futur boosté par deux turbocompresseurs susceptible d’ atteindre les 320 km/h et le 0 à 160 km/h en moins de 8 secondes, la compagnie est reprise par un investisseur Coréen nommé Young Kim aux ambitions plus réalistes. 

La Panther 6

Ainsi, la Panther Kallista,  qui apparaît en 1982, reprend les éléments qui ont fait le succès de la Lima. Bien que très ressemblantes esthétiquement, les deux voitures sont de conceptions complètement différentes. Le polyester de la carrosserie de la Lima est abandonné au profit de l’aluminium, les portières sont rallongées. On reste sur un châssis tubulaire et on passe à une motorisation Ford : un 4-cylindres 1600 ou V6 de 2.8 l. La recette fait succès puisque 1 700 exemplaires seront vendus jusqu’en 1990.

Panther Kallista 1982

Parallèlement, Young Kim confie à Len Bailey l’étude d’une voiture de sport à moteur central, la Solo. Cet élégant coupé targa monocoque repose sur la motorisation de la Sierra Cosworth de 240 ch. La voiture présentée à Francfort en 1987 ne sera diffusée qu’en 1989, suite au rachat de Panther par le groupe Coréen SsangYong, Seuls 16 exemplaires seront vendus avant que l’usine Panther ne ferme définitivement ses portes en 1990.

Panther Solo 1989

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