Panhard Scarlette (1953)

1953 Panhard Scarlette - Photo : Forum GS-GSA.org

 

Publié par Philippe Baron le 31 décembre 2014.

 

Née Ariette en 1951, la dernière des Rosengart est une petite automobile pleine de charmes. Hélas, sa modernité n’est qu’apparente car sous son capot, repose un vieux moteur dérivé des Austin Seven d’avant-guerre. Rosengart trouve une solution en se rapprochant de Panhard. Se procurant le châssis et la mécanique de la Dyna X87, l’Ariette devient la Scarlette et l’une des plus performantes 5 CV de 1953. Dommage, elle ne connaîtra qu’une existence éclair de quelques mois.

 

1951 Rosengart Ariette Cabriolet

 

Au Salon de Paris 1951 du Grand Palais, les visiteurs découvrent la Rosengart Ariette, une petite voiture économique et confortable dont les lignes modernes et élégantes ont été dessinées par Philippe Charbonneaux. La carrosserie à deux portes est longue de 390 cm et large de 148 cm, l'habitacle est agréable et le coffre est spacieux. La mécanique reste cependant modeste, avec l'antique 747 cm3 à soupapes latérales de la Super Cinq d'avant-guerre, juste poussé à 19 puis 21 ch à 4 000 t/min, pour permettre à la voiture de dépasser les 95 km/h. En efffet, l'Ariette, malgré son dessin moderne, cache une conception héritée des années trente, ce qui ne correspond plus aux standards du début des années cinquante. De plus, son prix de 615.000 francs est trop élevé, sachant que la Renault 4 CV aux prestations équivalentes ne coûte que 439.000 francs. En deux ans de production, Rosengart ne pourra en écouler que 1 577 exemplaires.

 

 

Déjà bien à la peine au sortir de la guerre, l’entreprise Rosengart avait dû céder ses actifs en 1947 à la S.I.O.P. (Société Industrielle de l’Ouest Parisien). L’Ariette se vendant mal, la S.I.O.P se rapproche de Panhard dans le but d’élaborer une voiture commune. Baptisée Scarlette, cette voiture hybride, qui aura la particularité de n’avoir aucune étiquette de constructeur, va prendre la carrosserie réussie de l'Ariette avec son style ponton et la calandre de la Panhard Dyna X. Le moteur est le 850 Sprint, un bicylindre de 851 cm3 donnant 40 ch à 5 000 tr/mn, alimenté par un carburateur double corps inversé Solex 30. Cette motorisation lui permet une vitesse de 120 km/h.  

 

 

Malheureusement, la Scarlette est victime d’une mise au point interminable et de retards d'homologation qui vont repousser sa mise en production au 24 juin 1953, alors que la nouvelle Panhard Dyna Z venait d’être dévoilée. La carrière de la Scarlette est compromise et, après seulement 208 exemplaires produits, dont quelques cabriolets, la S.I.O.P décide à l’automne 1953 de mettre fin au modèle. Au printemps 1954, les ateliers ferment définitivement leurs portes.

 

Photo : Phil Panpan 12