Panhard Dyna Z (1954-1959)

Photo : StefSup

 

Publié par Philippe Baron, le 7 juillet 2013.

 

Panhard, la doyenne des marques françaises, présente à la presse le 17 juin 1953 au restaurant « Les Ambassadeurs » à Paris, une voiture à la carrosserie atypique mais bien sympathique qui lui assure un succès immédiat. Innovante, performante, la Dyna Z offre également un habitacle spacieux. Sa technologie et sa bouille joviale en font l’une des berlines les plus modernes et populaires du marché.

 


 

La Dyna Z ou 54 succède à la petite Dyna X de 1946 à la carrosserie très baroque signée Louis Bionier, responsable du style chez Panhard depuis 1921.  Le styliste ne manque pas d’audace quand il dessine à nouveau les traits d’une automobile très aérodynamique, à la silhouette en « goutte d’eau » qui interpelle les visiteurs du Salon de Paris d’octobre 1948. Basé sur un châssis de Dyna X avec moteur 610 cm3 de 28 ch, ce prototype nommé Dynavia possède une carrosserie en aluminium très originale et présente des idées innovantes concernant l'éclairage avec projecteurs rectangulaires à déflecteurs ellipsoïdaux. Grâce à sa forme aérodynamique et un Cx de 0.279, le véhicule dépasse les 130 km/h tout en restant économique avec une consommation descendant entre 3,5 et 5 l/100 km. Panhard se servira des recherches effectuées lors de la conception de ce concept-car pour la Dyna Z.

 

 

 

La Dyna Z, présentée en 1953, est l’une des premières voitures de sérié à bénéficier d’une étude aérodynamique. Les expérimentations ont été effectuées en soufflerie au sein de l’Institut Aérotechnique de Saint-Cyr. Les formes rondes et effilées  de la voiture lui assurent une présentation originale et unique dans le paysage automobile du début des années 50.Très moderne, elle propose des équipements peu rependus alors, comme son antibrouillard placé au milieu de l’enjoliveur de la prise d’air, un feu de recul, un lave-glace, un dispositif antivol. 

 

Crédit Photo : http://storm.oldcarmanualproject.com

 

La légèreté de la Dyna Z vient de sa structure en Duralinox, un mélange d’aluminium et de manganèse. Le poids se limite à 650 kg à vide. L’intérieur de la Dyna Z se distingue par le confort des deux banquettes qui peuvent accueillir quatre adultes et deux enfants mais également par sa planche de bord très rationnelle qui intègre de grands vide-poches très appréciables. La marque Panhard, pionnière de l’automobile française, fait toujours preuve d’innovations mais investit ses efforts également dans la sécurité.  Ainsi, le tableau de bord rejette les angles pour des formes arrondies et rembourrées. Le pare-brise et la lunette arrière sont conçus pour s'éjecter en cas d'accident. Le réservoir est situé entre les roues arrière, à l'abri des chocs. De même, la roue de secours se trouve dans le coffre mais dans un compartiment séparé par un plancher pour éviter de se salir en la sortant et d’avoir à retirer les bagages. Le volume de ce coffre est par ailleurs impressionnant et offre la possibilité d’un volume augmenté en démontant la banquette arrière.

 

1957 Panhard Dyna Z - Photos : James Edition
Longueur : 4,577 m Largeur : 1,668 m Hauteur : 1,42 m Empattement : 2,57 m Garde au sol : 0,16 m Voies avant et arrière : 1,30 m Capacité du coffre : 254 litres

 

La Dyna Z hérite du 2-cylindres à plat de 850 cm3 de la Dyna X mais amélioré par l’ingénieur Louis Delagarde. Il développe 42 chevaux suffisant pour permettre à la légère Panhard de s’offrir des pointes à 130 km/h, une performance un peu trop tonique cependant pour la fragilité de la mécanique. La Dyna Z souffrira de ce rendement exceptionnel et les vibrations occasionnées se vengeront par des dérèglements parfois difficiles à résoudre, ce qui donnera à la Dyna Z une réputation de capricieuse.

 

Crédit Photo ! Tatraplan - http://www.forum-auto.com

 

Le caractère sportif de la Dyna Z 1 perd de son efficacité en 1955. Cela n’est pas dû à un changement de motorisation mais pour des raisons financières, la belle doit quitter sa robe d’aluminium pour de la tôle d’acier. En effet, le coût de la caisse en Duralinox ne tient pas compte de toutes les chutes de découpage de la carrosserie. Pour éviter d’augmenter le prix des voitures, Panhard est obligé de s’incliner en faveur de l’acier. Ce choix entraîne une sévère hausse du poids des berlines passant de 710 kg pour les Duralinox à 875 kg pour les tout-acier. Sa vitesse de pointe est sanctionnée à 115 km/h. Elles retrouveront des performances de premier ordre avec l'arrivée du moteur « tigre » en 1959 trois mois avant leur fin de carrière. La puissance fera un bond de 42 à 50 chevaux. Avec cette mécanique, la Dyna retrouve le brio des versions Duralinox et redevient une vraie sportive à la vitesse de pointe de 145 km/h.

 

À l’initiative du carrossier belge D'Ieteren, un cabriolet très élégant est présenté au salon de Bruxelles en 1956. Panhard reprendra à son compte la construction de ce cabriolet avec quelques modifications mineures dès le printemps 1957. En 1958 suivront les dérivés utilitaires de la Dyna Z : les D-65, en pick-up, bâché ou non, fourgonnette tôlée et châssis-cabine à carrosser.

 

 

 

 


En septembre 1959, la Dyna Z quitte la scène et laisse sa place à la PL17 qui reprend son esthétisme et sa technologie. Voiture à forte personnalité, la Dyna Z aura été produite à 155 000 exemplaires et sa cote actuelle pour un exemplaire en très bonne condition s’évalue aux environs de 5 500 €.