Panhard Dyna X (1947-1954)

 

Publié par Philippe Baron le 5 juin 2014.

 

Face aux dures réalités économiques de la reprise, mais avec un avenir à reconstruire dans une paix enfin retrouvée, Panhard abandonne les dispendieuses voitures qu'il produisait avant-guerre pour opérer un véritable virage technique et commercial avec la Dyna X. Cette petite voiture d’une grande originalité, élaborée pendant la guerre, est présentée en septembre 1946 sous les voûtes du Grand Palais lors du 33e Salon de l’Automobile de Paris.

 

 

Deux projets très voisins ont donné naissance à la Panhard Dyna X. En 1943, l’ingénieur Jean-Albert Grégoire présente aux constructeurs français, Simca et Panhard, une voiture ALG (Automobile légère Grégoire), parfois appelée AFG (Aluminium français Grégoire), commanditée par l’Aluminium Français pour promouvoir l’utilisation de l’aluminium dans la construction automobile, qui, à cette époque de rationnement, était non contingenté, contrairement à l’acier. Panhard, qui de son côté travaillait sur le projet VP2, prit le temps d’étudier minutieusement le prototype de Grégoire. Après évaluation, le projet ALG ne sera pas retenu par les deux constructeurs français mais Panhard en retiendra néanmoins l’aluminium pour la carrosserie, ce qui fera de la Dyna X la première voiture de grande série à recevoir une carrosserie entièrement en aluminium.

 

Photo : Deudeuche86
Photo : Andrew Bone

Louis Bionier, le dessinateur maison, s’inspira beaucoup de la carrosserie de l’AFG pour lui donner des formes attachantes qui feront beaucoup pour la personnalisation de la voiture. La nouvelle petite de la Porte d’Ivry, présentée au Salon 1946 en même temps qu’une autre attraction, la Renault 4 CV,  ne mesure que 382 cm de longueur, pour un poids tout aussi mesuré, n’excédant pas 550 kg. Elle n’apparaît qu’avec deux grilles frontales mais lorsqu’elle sera relookée à l’automne 1949, sa ligne audacieuse,  tarabiscotée et la multiplication des artifices esthétiques dont la calandre à motif rond central lui vaudront le surnom de Dyna Louis XV. Cette surcharge de décorations en fera finalement tout le charme.


 

La production de la Dyna X 84 Type 100 – pour 100 km/h - ne démarra qu’en mai 1947. Son coût de fabrication était important dû à l'emploi de l’Alpax, alliage d’aluminium-silicium, qui était le matériau utilisé pour le châssis et la quasi-totalité de la carrosserie. L’emboutissage était assuré chez des sous-traitants : Facel pour les éléments en alliage léger, Arbel pour les ailes, Montupet pour les éléments de fonderie pour la structure. L’assemblage de la voiture était alors effectué dans l’usine Panhard du quai d’Ivry. A titre de comparaison, la Renault 4 CV, la concurrente la plus directe, était vendue à 245 000 francs et la Dyna X 84 à 409 000 francs.

 

 

Techniquement, la Dyna X est une voiture innovante avec son bicylindre en aluminium de 610 cm3 et 24 ch refroidi par air, son vilebrequin assemblé avec son embiellage à galets inverseurs et ses culbuteurs rappelés par des barres de torsion, une boîte de vitesses à quatre rapports et une suspension à quatre roues indépendantes (ressort transversal à l’avant et bras tirés avec trois barres de torsion par roue à l’arrière). Conçu par Louis Delagarde, ce moteur est très particulier. Avec ses régimes élevés et son haut rendement, le bicylindre opposé rend la voiture tonique et offre des performances inhabituelles pour la cylindrée et d’excellentes qualités routières ainsi qu’une consommation très réduite (5.5 l), un avantage énorme en ces temps de rationnement. Le flat-twin évoluera en passant à 28 ch (Type 110), puis à 35 ou 38 ch avec le 745 cm3 (Type 120) en version Sprint avec carburateur double corps, puis  38 ou 40 ch avec le 851 cm3 Sprint (Type 130).

 

Panhard Dyna X Junior - Photo : Erick Papyricko

 

La gamme Dyna X prend forme à partir de la fin 1948 avec l’arrivée des deux versions fourgonnette K. Elles sont fabriquées à l’usine Panhard d’Orléans, soit en carrosserie usine ou livrées sous forme de châssis-cabine sur lequel les artisans spécialisés construiront des caisses à la demande. En 1950, la berline découvrable apparaît. Puis, en 1952, sont lancés le roadster Dyna X Junior et le break 5 portes. Le 7 juillet 1953 signe l’arrêt des Dyna X berlines qui auront été produites à 32 173 exemplaires. Les fourgonnettes et breaks continueront jusqu’en juillet 1954. Au total, tous styles confondus, la gamme Dyna X aura été produite à environ 42 000 exemplaires.

 

Photo : Telkine
Photo : Marco 56