Panhard 24 CT (1964-1967)

Photo : Cixpack1

 

Publié par Philippe Baron le 15 janvier 2017.

 

Présenté à la presse le « 24 » juin 1963, puis au public au Salon de Paris en octobre, le séduisant coupé « 24 » CT est l’ultime Panhard à porter ce nom. Le chiffre « 24 » fait référence aux « 24 » Heures du Mans pour rendre hommage au vaillant moteur Tigre conçu dans les années 40 et qui fut l’un des plus titrés en compétition et bien sûr aux 24 Heures du Mans, pour y avoir remporté plusieurs fois l’Indice de performance. Avant-gardiste dans sa forme et dans sa conception, la Panhard 24 CT fait preuve de qualités routières de haut vol pour son époque.

 

Photo : Gueguette80

 

Réussite esthétique, les lignes de la Panhard CT sont signées Louis Bionier, dessinateur des Panhard depuis les années 30, assisté de René Ducassou-Pehau et d’André Jouan. Les doubles optiques en forme d’amande ressemblent à des yeux de biche. Ils feront par la suite les belles nuits des Citroën DS restylées. La ceinture de caisse, basse et très marquée, est inspirée de la fameuse ligne de la Chevrolet Corvair.  De profil, on remarque la quasi-symétrie du pavillon, maintenu par quatre flèches solidement ancrées sur la plate-forme.

 

Photos : Gueguette80

 

Toute la conception de la voiture est axée sur la sécurité passive, une idée maitresse en voie de développement à l’époque. Châssis ultra rigide, doubles optiques, feux arrière débordant sur les flancs mais protégés par les rebords du coffre, bourrelets de protection sur le tableau de bord et autour du pavillon, volant creusé et rembourré. Pare-chocs enveloppants en inox. Les plis de tôle des ailes, du capot, du toit et du coffre augmentent la rigidité de l'ensemble. Le système d'essuie-glaces est puissant. Des ceintures de sécurité sont disponibles en option.

 

 

L’équipement est de finition haut de gamme avec les sièges avant réglables en hauteur, longueur et inclinaison. La banquette des finitions T est rabattable, le miroir de courtoisie du pare-soleil passager est éclairé. La roue de secours se trouve à l'abri de la saleté, dans une trappe sous le coffre très vaste. Les accoudoirs des portes sont prolongés par une lampe s'allumant à l'ouverture. Il y a même un thermomètre d'ambiance sur le couvercle de la boîte à gants. Le volant est réglable en profondeur. Le chauffage, très ingénieux, est assuré par des prises d'air au niveau des cylindres et distribué grâce à des canalisations ceinturant l’habitacle, soufflant l'air vers le pare-brise, ou la lunette arrière. Il est dirigé par une commande rotative sur le tableau de bord.

 

 

Lors de sa commercialisation en 1964, la Panhard 24 se décline en deux modèles : C et CT. Les deux versions reçoivent le moteur 848 cm3 à 2 cylindres à plat, à soupapes en tête, refroidi par air grâce à une turbine. Le moteur de la 24 C développe 42 ch DIN, tandis que celui de la CT en compte 50 ch DIN dans sa version Tigre. Ainsi se déterminent les appellations : C pour Coupé et CT pour Coupé à moteur Tigre. Ces moteurs au son caractéristique datent de la fin des années 40. Conçus par Louis Delagarde, ils ont subi maintes améliorations et ont même été consacrés par la compétition, puisque les DB ainsi équipées ont remporté à plusieurs reprises l’Indice de performance aux 24 Heures du Mans.


Photos : flickr

 

En août 1964, la 24 C moins performante n’est pas reconduite au catalogue. Les efforts se portent sur la CT qui reçoit les freins à disques sur les quatre roues et le moteur M10 S. Il a la même puissance que le M8S mais avec un couple supérieur associé à une quatrième plus longue. En octobre de la même année, Panhard lance les berlines 24 B et 24 BT. Bien que le véhicule ne reste disponible qu’en 2 portes, la longueur passe de 4.26 m à 4.49 m.

 

 

L'année 1965 est marquée par la reprise de Panhard par Citroën. Une version dépouillée de la berline prendra le nom de 24 BA mais ne sera produite qu’à 161 exemplaires. Avec toutes ses qualités, on peut amèrement regretté le sort peu glorieux que Citroën a réservé à la 24 en la supprimant du catalogue en juillet 1967 et en refermant ainsi le grand livre de l’aventure automobile Panhard-Levassor ouvert en 1890.

 

Photo : flickr

 

Chiffres de production : 14 181 exemplaires pour la CT, 1 623 pour la C, 2 037 pour la B, 161 pour la BA et 10 649 pour la BT, soit une production totale de 28 651 exemplaires.