Packard Twelve (1932-1939)

1934 Packard Twelve Victoria Dietrich

 

Publié par Philippe Baron le 30 septembre 2014.

 

"Interrogez celui qui en possède une !". Pendant des années, Packard utilisa ce slogan en matière de qualité, de luxe et de confort. Ce slogan n’était pas que du vent. Il exprimait l’ambition d’un constructeur qui, au début des années 1930, s’était donné pour but de créer la moitié des voitures de prestige circulant dans le monde. La Packard V12 fut, entre 1932 et 1939,  le porte-étendard incontesté de la flotte Packard et de ses superbes vaisseaux de luxe.

 

 

Packard avait déjà eu une douze- cylindres au programme, baptisée Twin-Six, entre 1916 et 1925. Dans les années 1920, l’entreprise se fit surtout un nom avec des modèles à six et à huit cylindres. Le constructeur avait construit près de la moitié de toutes les voitures de luxe circulant dans le monde dans les années 1920 et 1930. En 1928, Packard fabriqua par exemple seize fois plus de voitures que Bugatti. Lorsque la crise économique mondiale et le crash de la Bourse assombrirent le monde industriel dès 1929, les constructeurs américains d’automobiles de luxe ne disposant pas d’un groupe puissant derrière eux durent se battre âprement pour pouvoir survivre. Avec une usine conçue tout exprès pour une production de masse, une firme pouvait s’abaisser, au début des années 1930, à fabriquer des berlines de classe moyenne, sans abandonner complètement la classe de luxe. Ainsi, tandis que 2 500 travailleurs sortaient annuellement quelques 60 000 voitures de grande série, le même nombre de collaborateurs réalisaient à la main 6 000 modèles de ce qu’on appelait la ‘Senior Line’. La Packard V12 faisait partie de cette gamme d’automobiles de luxe fabriquées dans la meilleure tradition artisanale. 

 

 

La Packard V12 fut présentée à New York le 6 janvier 1932 sous le nom d’une nouvelle Twin Six, rebaptisée l'année suivante Packard Twelve. Elle était destinée aux clients aisés qui accordaient une importance capitale à l'exclusivité de leur voiture et à un comportement routier irréprochable. La nouvelle génération de 12-cylindres fut construite sur un nouveau châssis et dotée de servofreins et d'une boîte de vitesses synchronisée. Il s'agissait du second 12 -cylindres proposé par le constructeur après celui de 1915. Le puissant moteur se composait de deux blocs en fonte jumelés, fondus en une unité monumentale autour du carter de vilebrequin. Les pistons étaient en métal léger et l’allumage à double bobine. La course était de 108 mm, et le tout multiplié par douze, aboutissait à une cylindrée de 7.7 litres calée à 67° et d’une puissance de 160 puis 175 ch promettant une vitesse maximale de 165 km/h. Quatre paliers de vilebrequin et la fixation du bloc-moteur sur des paliers en caoutchouc donnaient le coup de grâce aux vibrations.

 

 

En outre, le moteur était si silencieux qu’on se demandait souvent s’il fonctionnait réellement. La noblesse de ce moteur, souple à tous les régimes, et l’ardeur des freins assistés à dépression (hydrauliques en 1937), ralentissant en douceur mais avec vigueur ce vaisseau de 2 600 kg, convenaient parfaitement à l’image de cette luxueuse berline. Le radiateur en coupe-vent était flanqué, de part et d’autre de deux élégantes lampes en forme de goutte d’eau. La roue de secours, habillée de son capot de tôle, était intégrée à l’aile avant qui se prolongeait en marchepied.

 

1932 Packard Twelve Coupe Roadster

 

La Twelve se positionnait clairement au sommet de la gamme Packard, avec des tarifs similaires à ceux de sa rivale, la Cadillac V16. En plus des modèles figurant au catalogue officiel, de nombreux carrossiers exercèrent leurs talents sur des châssis nus.  Packard mettait à leur disposition quatre châssis nus avec des empattements différents : 3.37 m - 3.41 m - 3.54 et 3.66 m. Le propriétaire d'une Packard jouissait d'une automobile dotée en série d'une grande richesse d'équipements. Les peintures particulières étaient même comprises dans le prix, la seule option payante était la radio. 

 

1933 Packard Twelve Coupe Roadster - Photos : Darin Schnabel, RM Auctions

 

La Twelve allait évoluer durant la décennie, avec des augmentations de cylindrée et de puissance, et une fiabilisation de la mécanique. Cela explique sans doute que 1937 ait été la meilleure année pour les ventes, avec 1 300 voitures sur un total de 5 804 en sept ans. Packard suspendait la production de la Twelve le 8 août 1939 pour se consacrer à des productions toujours luxueuses, mais plus abordables.

 

1932 Packard Individual Custom Twelve Sport Phaeton by Dietrich - Photos : Darin Schnabel

 

Chiffres de production : 1932 : 549 – 1933 : 520 – 1934 : 960 – 1935 : 781 – 1936 : 682 – 1937 : 1 300 – 1938 : 566 – 1939 : 446 – soit 5 804 exemplaires.

 

1933 Packard Twelve Sport Phaeton - Photos : Simon Clay, RM Auctions
1933 Packard Twelve Club Sedan - Photos : Darin Schnabel, RM Auctions
1934 Packard Twelve Convertible Victoria
1935 Packard Twelve Convertible Sedan Dietrich - Photos : Darin Schnabel, RM Auctions
1936 Packard Twelve Coupe Roadster - Photo : Darin Schnabel, RM Auctions
1936 Packard Twelve Club Sedan
1936 Packard Twelve Coupe Roadster - Photo : Pawel Litwinski
1937 Packard Twelve Coupe Roadster
1937 Packard Twelve Convertible Victoria - Darin Schnabel, RM Auctions
1937 Packard Twelve Convertible Victoria - Photos : Darin Schnabel, RM Auctions
1938 Packard Twelve All-Weather Town Car Rollston - Photos : Darin Schnabel, RM Auctions
1939 Packard Twelve Convertible Sedan