Packard Darrin Convertible Victoria (1941)

 

Publié par Philippe Baron le 7 mars 2014.

 

A son retour d’Europe, où il signa des carrosseries pour des constructeurs aussi prestigieux et emblématiques que Rolls-Royce ou Hispano-Suiza, Howard Darrin s’installe à Los Angeles près des stars. Il ouvre un atelier non loin de son magasin d’exposition de Sunset Boulevard dans lequel il conçoit des automobiles sur mesure pour les grandes stars hollywoodiennes. A partir de 1939, il réalise pour Packard l'habillage des modèles 1-20, 1-60 et 1-80 avec des carrosseries spéciales. Le roadster Packard Victoria, qui porte sa signature, demeure sans conteste l’une de ses créations les plus abouties, au point de recevoir le titre honorifique de la voiture la plus glamour de l’année par le Saturday Evening Post. 

 


 

 

Le succès de la Victoria d’Howard ‘Dutch’ Darrin incitera Packard à inscrire ce modèle dans son catalogue à partir de 1940 en supervisant directement sa fabrication semi-artisanale. Une version à 4 portes reprenant le même dessin allait suivre quelques temps plus tard. Ainsi 672 modèles de la 1-80 ‘finition Darrin’ dont une trentaine de cabriolets seront produits dans une ancienne usine d’Auburn dans l’Indiana. La Packard Darrin One-Eighty était dotée d’une motorisation 8 cylindres en ligne de 5 981 cm3 développant 160 ou 165 ch, l’un des moteurs américains les plus puissants de l’époque si on exclut le V16 de Cadillac. 

 


La première star d’Hollywood, qui prit possession de la Packard Darrin en 1940, était la plus grande star du box-office de l’époque, Clark Gable. La Victoria était un cadeau de son épouse Carol Lombard pour la Saint-Valentin. Malheureusement, Clark Gable renonça rapidement à la conduite de son roadster, non pas pour des raisons mécaniques mais pour des raisons d’exposition. En effet, le surbaissement du véhicule et ses portières largement échancrées, rendaient la star vulnérable et facilement accessible aux fans qui se trouvaient à proximité. Il n’était pas rare lors d’un arrêt à un feu rouge, que l’acteur se retrouve soudainement assailli par un essaim d’admiratrices. Victime de sa popularité, découragé par les fréquents bains de foule, il se résigna à céder sa nouvelle monture. Cette mésaventure profita néanmoins à Howard Darrin lorsqu’il récupéra le véhicule. La voiture fut vendue au prix catalogue, plus 3 000 dollars, à une admiratrice. Et oui, tout le monde ne roulait pas avec une voiture ayant appartenu à Clark Gable !