Packard Clipper (1941-1947)

1946 Packard Clipper - Photo : Barrett-Jackson

Publié par Philippe Baron le 30 décembre 2014.


A la veille de l'engagement américain dans la guerre, Packard présentait une gamme variée, apte à couvrir une large part des demandes du marché sans oublier ses modèles de prestige à faible diffusion. La Clipper, présentée en avril 1941, innovait et séduisait le grand public dès sa  présentation.

 


 

Sa ligne, d’un bel équilibre, associe des proportions classiques à une intégration subtile des ailes dans la caisse, un processus annonçant le style ‘ponton’ à venir. La ligne ‘Clipper ‘ venait en partie du renommé Howard Darrin, styliste californien d’origine hollandaise, et du service style de Packard dirigé par Ed Macauley qui finalisa le projet.

 

 

Le nom ‘Clipper’ se voulait un hommage aux grands voiliers à trois mâts de fort tonnage destinés au transport de marchandises. Un ‘Clipper’ était fait pour fendre les flots en tenant son cap, sa précieuse livraison devant  toujours arriver à bon port. Exactement ce que promettait la Packard Clipper à ses passagers : les mener au bout de la route sans incident majeur et dans le plus grand confort. (Rétroviseur)

 

 

Pendant sa première année de production, la Clipper n'était disponible qu'en berline. Ce fut un succès, avec 16 600 voitures vendues. Pour la courte année 1942, presque toute la gamme Packard adoptait la carrosserie de la Clipper. A la veille de l'attaque sur Pearl Harbour (7 décembre 1941), Cadillac et Packard se tenaient au coude à coude sur le marché du luxe, tant en terme de volume des ventes que du prestige de la marque. En Février 1942, le gouvernement des Etats-Unis a ordonné à tous les fabricants de cesser la production d'automobiles et de changer leurs priorités liées aux efforts de guerre. Packard a commencé la production de moteurs d’avions et marines, les ambulances et autres véhicules militaires. Plus de 60.000 moteurs combinés ont été produites par l'usine Packard pendant la guerre. 

 

 

Remise en production en octobre 1945, la ‘Clipper’ s’inscrit encore dans l’air du temps. L'usine qui avait consacré toute son énergie à l'effort de guerre n'avait pas eu le temps ni les moyens d'étudier de nouveaux modèles. Comme quasiment tous ses concurrents, Packard se souciait assez peu de cette situation. La forte demande autorisait de rentabiliser encore un temps les installations. Qui plus est, la réorganisation des chaînes et les difficultés à assurer des approvisionnements réguliers de matières premières ne permettaient pas dans l'immédiat de retrouver les niveaux d'avant-guerre.

 

 

La gamme 1946, présentée en octobre 1945, reprenait les lignes de la Clipper de 1942. Elle débutait avec les Clipper Six et Eight d'un empattement de 3,05 mètres, et se prolongeait avec les Clipper Super et Custom Eight d'un empattement de 3,22 mètres. La Custom Eight disposait du plus gros moteur de la marque, un solide huit cylindres en ligne à neuf paliers de 5.8 litres de cylindrée affichant pas moins de 165 chevaux au régime paisible de 3 600 tr/mn.

 

1947 Packard Custom Super Clipper Eight Sedan - Photos : Gabor Mayer

 

La Custom Eight prenait la suite de la série 180, dont les moules avaient été revendus à bon compte à l’Union Soviétique, temporairement alliée aux Etats-Unis entre 1942 et 1945. Produites au compte-gouttes sous la dénomination de ZIS 110, elles étaient destinées à la nomenklatura du politburo comme aux dirigeants des républiques ‘satellites’ jusqu’au milieu des années cinquante. 

 

 

En 1946, les dirigeants de Packard firent un choix stratégique risqué en délaissant le domaine du luxe et du grand luxe pour se cantonner uniquement à la fabrication de voitures à prix moyens, comme les One Twenty d'avant-guerre. Ainsi les Super Eight et Custom Eight apparaissaient à peine différentes des autres modèles de la gamme. Cette similitude esthétique avait quelque chose de gênant pour les clients des séries hautes, surtout depuis que certaines compagnies de taxis avaient commandé des flottes de Packard Clipper Six. 

 

1947 Packard Super Clipper Eight

 

Cette confusion des genres va, à terme, se révéler fatale à Packard. Cette volonté de se maintenir sur des segments de marché très différents va avoir pour effet de détourner progressivement les clients traditionnels de la marque au profit de Cadillac, qui au même moment, choisit  de supprimer de son catalogue sa série 61 jugée trop bon marché !

 

 

Packard était le neuvième constructeur américain en 1942, mais seulement le quatorzième en 1946 et le seizième en 1947, bien que sa production soit passée de 42 000 voitures en 1946 à 51 000 l'année suivante.

 

1947 Packard Super Clipper Eight