Kanzler (1979)

 

Publié par stubs-auto le 26 juillet 2012.

 

L’extravagance n’avait elle donc aucune limite et aucun prix à la fin des années soixante-dix ? Pour preuve, il suffisait de pavaner à Las Vegas à bord d’une unique Kanzler pour attirer l’artiste le mieux payé de la ville avant qu’Elvis ne vienne lui voler le titre. Ernest ‘Ernie’ Kanzler, un designer quelque peu excentrique, savourait l’idée de construire une œuvre de style néo-classique à l’instar du français Alain Clénet et de ses modèles spectaculaires inspirés des années trente. Ernie ne connut qu’un seul client, un avide collectionneur d’objets étranges et clinquants, une vedette de Casino nommé Liberace.

 

Ernie Kanzler a trempé dans le monde automobile depuis sa tendre enfance. Son père, haut responsable chez Ford Motor Company, avait un rôle influant auprès d’Henry Ford dans les années d’avant-guerre et la sœur de sa femme avait épousé Edsel Ford, fils unique d’Henry Ford. Comme son père, Ernie Jr travaille chez Ford puis ensuite chez l’architecte et concepteur de génie, Frank Lloyd Wright. 

 

En 1979, le designer tente son incursion dans la création automobile avec un modèle atypique et le plus baroque qu’il soit, construit sur la base d’un châssis de Lincoln MKIV 1979, totalement modifié avec un moteur Ford 351 V8 (5.7L) avec une transmission automatique. La carrosserie, quant à elle, provient de l’Opel GT de 1968, étirée et réalisée en polyester. Le prix de ce bijou particulier passe les 60 000 dollars soit plus de 200 000 euros de nos jours, plus chère qu’une Rolls-Royce ou une Ferrari de l’époque et douze fois plus chère que la donneuse de sa carrosserie et de ses équipement, l’Opel GT.

Liberace, le précurseur du Glam-Rock, plus connu pour ses excentricités que ses chansons.

L’ambitieux Kanzler voulait produire une série de 250 véhicules numérotés, comme Alain Clénet, construits par la Carrosserie Newport Coachworks en Californie. Finalement, seulement sept voitures seront construites avant que la Kanzler &Co  ne ferme ses portes définitivement en 1979. L’unique voiture vendue fut achetée par le célèbre pianiste, devenu par la suite un comique très haut en couleur, Liberace. En 1972, le cachet de l’artiste pour se produire dans des night-clubs de Las Vegas s'élevait à 300 000 dollars la semaine. A la mort de ce dernier en 1987, la Kanzler fut stockée, parmi les voitures les plus délirantes qui étaient exhibées dans le musée fondé par l’artiste, lui-même de son vivant. Ce musée était par ailleurs rempli d'objets hétéroclites, tendance très Kitch, mais aussi avec de nombreux pianos dont certains plaqués de miroirs (comme sa Rolls-Royce), et d'autres, historiques ayant appartenu à Chopin, Brahms, Gershwin... 

 

Un certain Cary James qui avait travaillé comme employé de Liberace à Palm Spring en Californie, durant les 5 années précédant la mort du chanteur à paillettes, racheta la fameuse Kanzler en 1997. En 2006, la voiture est vendue à un ami de ce Cary James. Ce nouveau propriétaire essayera par la suite de la vendre sur eBay, caressant l’espoir d’un gain substantiel mais n’a trouvera aucun preneur. A l’heure actuelle, il cherche toujours un acquéreur. La sagesse serait-elle devenue de rigueur ?