Ghia Gilda Streamline X Coupé (1955)

 

Publié par Philippe Baron le 3 janvier 2015.

 

La Gilda apparaît comme une création décisive dans l’histoire Ghia, un tournant dans l’histoire stylistique de la carrosserie. Présentée comme «expérimentale » sur le stand Ghia du salon de Turin 1955, où elle est le reflet exemplaire d’une époque. Ce dream car futuriste prend le nom de Gilda, personnage interprété par Rita Hayworth dans le film éponyme  de Charles Vidor de 1946.

 

 

L’auteur de ce projet est Giovanni Savonuzzi, directeur technique de Ghia de 1954 à 1957. Professeur d’université (Polytechnique de Turin), l’homme est également un ancien ingénieur aéronautique. Il a conçu la Gilda pour Chrysler, qui, dans le cahier des charges, demandait une quatre places confortable à l’empattement de 327 cm, large de 203 cm et haute de 137 cm.

 

 

Giovanni Savonuzzi modèle lui-même une maquette qu’il soumet à des essais dans la soufflerie de l’Ecole Polytechnique de Turin. La Gilda est ainsi présentée comme « modelée par le vent ». A l’image du sex symbol d’Hollywood auquel elle se réfère, elle est drapée dans une longue carrosserie fuselée des plus spectaculaires. Sa poupe s’orne d’immenses dérives, qui deviendront l’archétype de l’automobile américaine à la fin des années cinquante. Ce style aérodynamique correspond plus à une mode qu’il ne répond à une logique scientifique.

 

 

L’argument aérodynamique apparaît surtout comme un coup publicitaire en mettant en avant l’utilisation d’une soufflerie. En fait,  seule la maquette a été testée, Turin ne disposait à l’époque d’aucune installation capable de réaliser des essais aérodynamiques sur un véhicule grandeur nature. Affichant une aérodynamique soignée, ce coupé 2 places est né avec un moteur Osca de 1 491 cm3, remplacé ensuite par une turbine lui autorisant la vitesse maxi de 225 km/h. Elle n’a pas à se forcer pour attirer l’attention, dès que le conducteur lance la turbine, on croirait qu’un jet se prépare au décollage.

 

Ghia Gilda Streamline X Coupé (1955) Photo : Jalopnik.com

 

La Gilda fait le tour des salons européens avant de partir aux Etats-Unis en octobre 1955. La voiture, qui fascine aussi les Américains, sera longtemps exposée au musée Ford de Dearborn. Elle entre ensuite dans la célèbre collection Harrah, située à Reno dans le Nevada, avant d’être revendue par la suite à un particulier. 

 

Ghia Gilda Streamline X Coupé (1955) Photo : Jalopnik.com
Ghia Gilda Streamline X Coupé (1955) Photos : Octane
Ghia Chrysler Dart Ghia Chrysler Dart

La Gilda aura une descendance riche et plurielle. Sur son modèle, Chrysler créera deux voitures construites par Ghia et exposés sur le stand de la carrosserie du salon de Turin : la Supergilda, une Chrysler Dart, et la Chrysler 400 cv Superdart, une super Supergilda… Elle donnera également naissance à une petite Gilda de record, la Nibbio II. Construite sur un châssis Volpini et équipée d’un moteur Guzzi de 350 cm3, la Nibbio II permettra au comte Giovannino Lurani de battre des records du monde de vitesse à Monza en septembre 1958. 


Photo : Jonathan Gibson

 

La Gilda inspirera aussi une Ferrari. Construite sur un châssis de 410 Super America (n°0473 SA), cette Ferrari unique et très étonnante sera réalisée pour l’américain Robert Wilke, une figure d’Indianapolis.

 

1955 Ferrari 410 Superamerica Coupé