Opel Manta (1970-1975)

Publié par Philippe Baron le 9 décembre 2012.

 

Au début des années 70, la rivalité continue en Europe entre Ford et Opel. Aussi, lorsque Ford lance sa Capri, Opel se doit de répondre à son tour avec un coupé sportif et familial d’autant plus qu’il dispose d’une gamme de moteurs suffisante et d’une nouvelle plateforme, celle de la berline Ascona, prévue prochainement au calendrier.  La filiale européenne de la General Motors dévoile son séduisant coupé nommé Manta en septembre 1970. 

 

 

 

Bien que le projet de la Manta fût développé par Opel, le styliste Chuck Jordan de la GM contribua avec la filiale allemande pour le design. Pour la petite histoire, la Manta est la plus grosse raie du monde. Le commandant Cousteau l’avait filmée et à la vue du reportage, le chef de projet s’inspira du squale pour concevoir la face de l’auto. A noter que la Manta série A (70-75) tout comme l’Ascona sortie deux mois plus tard, fut vendue au Royaume-Uni sous la marque Opel et non Vauxhall comme les autres modèles figurant au catalogue Opel. Aux USA, la Manta, commercialisée uniquement avec le moteur 1900 cm3, était disponible chez les concessionnaires Buick. Les ventes de Manta seront très marginales car à cette époque les américains n’étaient pas intéressés par des voitures ne mesurant que 4.29 m en longueur et 1.62 m en largeur et n’étant pas équipée d’un véritable moteur de muscle-car.

 

 

Par sa ligne très réussie et sa calandre à quatre phares, la Manta s’annonce comme une voiture à part dans la gamme Opel, une volonté du constructeur d’en faire un coupé 2 + 2 de grande diffusion. En France, la Manta propose lors de sa présentation un 4-cylindres en ligne à l’avant de 1600 cm3 de 80ch et un 1900 cm3 de 90 ch. Ils sont rejoints en février 1972 par un petit 1200 de 60 ch puis en mars 1974 par le 1900 GT/E à injection (Einspritzung en allemand) développant 105 ch à 5400 tr/min, un véritable foudre de guerre à l’époque, car atteignant les 200 km/h rapidement.

 

La boîte de vitesses est à quatre rapports synchronisés avec levier au plancher, une boîte entièrement automatique fabriquée à Strasbourg est proposée en option sur les différentes versions. La direction avec colonne de sécurité est à crémaillère et pour un rayon de braquage de cinq mètres, le volant fait quatre tours et demi d'une butée à l'autre. Les roues avant sont indépendantes par ressorts hélicoïdaux et barre stabilisatrice, tandis qu'à l'arrière, on trouve encore un pont rigide, des ressorts hélicoïdaux, le tout étant solidement maintenu par des tirants, une barre antiroulis et une barre stabilisatrice. Les freins sont à double circuit, disques à l'avant et tambours à l'arrière, le tout étant contrôlé par une assistance à dépression. 

 

La Manta, première du nom, cesse sa production en 1975 pour laisser place à la seconde Manta, la Manta B. Environ 500 000 Manta série A sont sorties des chaînes de Rüsselsheim dont seulement 31 000 unités pour la France. La cote actuelle d’une Manta 1900 S est de 5 000 € pour un exemplaire en parfait état pour rouler.