Nissan Micra (1982-2010)

Nissan Micra première génération

 

Publié par Philippe Baron le 3 décembre 2014.

 

Née en 1982 sous l’appellation March au Japon, la nouvelle Nissan prend le nom de Micra à l’exportation. Elle est l’une des rares compactes à proposer la transmission automatique. En 1992, elle est complètement repensée et se voit décerner le titre envié de ‘voiture de l’année 1993’, une première pour un constructeur japonais. Pour l’Europe, la citadine est produite dès le mois d’août 1992 à Sunderland en Grande-Bretagne dans une usine spécialement montée pour elle.

 

 

En octobre 1981, Nissan présente à l'occasion du 24e Tokyo Motor Show, un prototype fonctionnel dénommé NX-018, qui sera commercialisé en octobre 1982 au Japon sous le nom de Nissan March. En vraie citadine, la March dispose de mensurations contenues avec 3,78 m de long, 1,56 m de large et 1,39 m de haut. Côté style, le constructeur japonais, visant une carrière internationale pour sa petite compacte (le segment B européen de la Peugeot 205 ou la Ford Fiesta), a confié le design au réputé studio ItalDesign de Giorgetto Giugiaro. Ainsi, la Nissan March arrive en Europe fin 1983, prenant pour l’exportation le nom de Nissan Micra.

 

1992 Nissan Micra II

 

Disponible en 3 portes, cette petite traction avant est animée par un moteur avec bloc en alliage léger qui ne pèse que 69 kg. Ce 4-cylindres en ligne de 988 cm3 de 50 ch est alimenté par un carburateur contrôlé par électronique (Nissan ECC) et accouplé à une boîte de vitesse manuelle à 4 ou 5 rapports, ou bien, fait assez rare sur une auto de cette taille, une automatique à 3 rapports (version 55 ch). Sa vitesse maximale est de 140 km/h. Côté châssis, la Nissan Micra, répondant au nom de code K10, adopte une suspension indépendante de type MacPherson à l'avant et un essieu rigide à 4 tirants à l'arrière. Pour 1984, elle devient aussi disponible en 5 portes.

 

1997 Nissan Micra

 

Début 1985, Nissan lance la March Turbo, version sportive animée par un bloc turbocompressé d’1 litre et 85 ch, mais qui ne sera disponible qu’au Japon. Au Salon d’Amsterdam 1989, la Micra présente une nouvelle calandre au ‘corporate look’ des autres Nissan, des boucliers enveloppants et des enjoliveurs pleins. Au Japon, Nissan commercialise la March de série la plus performante jamais construite : la Super Turbo avec un moteur combinant un compresseur et un turbocompresseur. Avec ce duo, la voiture de 110 ch et 770 kg devient un petit bolide capable d'atteindre 180 km/h en pointe et d’abattre le 0 à 100 km/h en 7,7 s. Pour l’Europe, Nissan ajoute en 1989 une version 1.2 l de 60 ch. Le marché français propose les finitions GL, DX, L ou encore LX, ainsi que quelques séries spéciales, à l'instar des Canvas Top et Color. En janvier 1992, la nouvelle March/Micra est lancée au Japon. Cependant, la version européenne sera construite en Grande-Bretagne et ne sera disponible qu’à l’automne avec présentation au Mondial de l’Automobile. La première génération aura été produite à environ 1.65 million exemplaires.

 

1999 Nissan Micra

 

À la suite du grand succès rencontré par la K10, Nissan décide d'apporter à son best-seller une refonte complète. Pour cette deuxième génération (K11), la Micra profite des designers de la marque qui lui dessinent des formes plus rondes et sympathiques. Elle perd dans l'opération 40 mm en longueur mais gagne légèrement en largeur et hauteur au profit de l’habitabilité. L'empattement est également allongé de 60 mm. Au moment de sa commercialisation, Nissan offre le choix parmi deux nouveaux moteurs DOHC (deux arbres à cames) 16 soupapes à injection : le CG10DE (997 cm3) de 55 ch, et le CG13DE (1 274 cm3) de 75 ch. Cette offre est identique pour la March ou la Micra suivant leur marché.

 

 

Côté transmissions, on retrouve une classique boîte 5 manuelle, une automatique à 4 rapports, ainsi qu'une inédite CVT. C'est en effet sur la Micra que Nissan inaugure sa toute première boîte à variation continue et son embrayage à poudre magnétique. Toujours très légère (entre 750 kg et 840 kg selon motorisation et carrosserie), la Micra conserve une suspension indépendante (type McPherson) à l'avant, tandis que le train arrière se dote désormais d'un ensemble à 5 tirants. La direction assistée est désormais de série, ainsi que des barres de renfort latérales, tandis que certaines versions bénéficient des vitres électriques, de la fermeture centralisée ou encore de la climatisation. Comme précédemment, le toit ouvrant fait partie des nombreuses options, et un LSD (différentiel à glissements limités) est même proposé sur les 1,3 litre. 

 

1999 Nissan Micra

 

La Micra II est retouchée dès l’hiver 1995 mais le lifting le plus important lui est apporté en avril 1998 avec de nouveaux phares, feux, capot et répétiteur de clignotants. La dotation de série est enrichie (ABS, airbags conducteur et passager…). La voiture japonaise la plus vendue en France s’offre une motorisation diesel d’origine Peugeot, un 1.5 l de 57 ch. À la fin de l'année 1999, la K11 recevra une dernière mise à jour esthétique (optiques retravaillées) ainsi qu’une version 4 roues motrices, une version break, la March Box, et une version avec un coffre (sur certains marchés). La Micra II termine sa carrière avec des ventes mondiales d’environ 2.54 millions d’exemplaires dont 1.4 million fabriqué en Grande-Bretagne.

 

2003 Nissan Micra

 

La Micra III démarre sa carrière sur les chapeaux de roues à l’automne 2002 avec de nouveaux traits tout en rondeurs et un regard rieur qui suscitent la sympathie et bénéficie de l’alliance Renault-Nissan de 1999. Elle partage une plate-forme commune avec la future Renault Clio IV. Elle se révèle à nouveau moins longue (3.71 m) que sa devancière, mais plus large et moins haute que sa devancière, avec un empattement qui passe à 2 430 mm. Elle doit sa jolie frimousse au centre européen de design Nissan, installé à Londres. Son habitacle est truffé de bacs de rangement et de tiroirs, doté d’une banquette coulissante. Son équipement de base inclut l’ABS, les quatre airbags, la radio CD et la direction assistée électrique. Certaines finitions ajoutent les jantes en alliage, le capteur de pluie, ainsi que l’ordinateur de bord ou encore volant et sièges sport, airbags rideaux, climatisation ou l'intelligent Key qui permet d'ouvrir, démarrer et arrêter l'auto sans sortir la clef de sa poche. Les moteurs essence proposés sont le 1.2 l 65 ch, 1.2 l 80 ch et 1.4 l 88 ch. Les diesels viennent de chez Renault : 1.5 l dCi 65 ch et sa version turbo-refroidie de 82 ch et 170 km/h. Dans un premier temps, la boîte CVT n'est pas reconduite, seules restent la manuelle 5 rapports et l'automatique E-ATx.

 

2005 Nissan Micra

 

En 2005, la Micra III bénéficie de légères retouches esthétiques et d’un nouveau modèle, la 160 SR de 110  avec châssis sport. L’année suivante, la très chic finition Lolita Lempicka intègre le catalogue et les nouvelles normes Euro 4 profitent aux blocs diesel qui gagnent une petite poignée de chevaux. En fin d’année, est présentée la version C+C, coupé-cabriolet construite par le carrossier Karmann. 

 

Nissan Micra C+C

 

Fin 2007, la Micra troisième génération continue sa carrière avec un léger restyling avant l’arrivée de la nouvelle génération en 2010 qui sera produite en Inde. En effet, après 18 années passées à Sunderland, la Micra IV sera désormais fabriquée en Inde, à Chennai. En juillet 2010, est sortie la dernière Micra anglaise des chaines de production. Au total, ce sont 2.368.704 citadines qui ont été produites, avec les deux premières générations (1.4 millions d'unités pour la version K11 et près d'un million pour la version K12, à partir de 2002). L’usine de Sunderland produira  le Nissan Juke à partir du mois d'août. Quant à la troisième génération, au niveau mondial, elle a été produite à 1.63 million d’exemplaires.

 

Nissan Micra 160SR