Nash Healey (1951-1954)

1953 Nash-Healey Roadster - Crédit : Gooding & Company

 

Publié par Philippe Baron le 23 janvier 2013.

 

Première voiture américaine de sport de l’après-guerre, la Nash Healey est née de l’association d’un pilote et ingénieur avisé, Donald Healey, et d’un capitaine d’industrie automobile toujours partant pour exploiter de nouvelles niches, George Mason. Cette alliance anglo-américaine sera bientôt rejointe par un turinois, spécialiste incontesté de l’élégance sportive, Pinin Farina.



Longueur : 4.34 m - Largeur : 1.62 m - Hauteur : 1.24 m - Empattement : 2.59 m - Poids : 1 100 kg à vide - Photo : RM Auctions

 

George Mason, président de la firme Nash-Kelvinator, et Donald Healey, expert en voitures de sport, se rencontrent sur le paquebot, le Queen Elisabeth. L’un comme l’autre constatent l’essor du marché automobile, plus particulièrement, celui des roadsters de conception britannique vendus sur le sol américain. Belle aubaine pour le britannique Donald Healey, brillant préparateur de voitures de course, de se voir alors proposer par l’américain, un six-cylindres culbuté de 3.8 litres avec du couple à revendre.

Courtesy RM Auctions

 

En 1950, la première Nash de compétition, sous la forme d’une barquette profilée, fait ses débuts aux Mille Miglia, puis aux 24 heures du Mans où elle obtient une honorable place de 4ème au classement général derrière deux Talbot et une Allard. Elle faisait partie des vingt neuf voitures ayant franchi la ligne d'arrivée sur soixante six engagées. La particularité de ce châssis, dessiné par Donald Healey, est d’être équipé d’une suspension avant constituée de deux biellettes et d’un cylindre placé dans un bain de graisse, l’ensemble étant dépourvu d’amortisseurs. Le train arrière comporte une barre Panhard avec un bloc de centrage de la transmission, pour permettre à la voiture de mieux glisser en virage.

 

Ce résultat en compétition très respectable incite les deux compères à présenter le modèle de série dès le mois de septembre au Salon de Londres, puis le mois suivant au Salon de Paris. Hélas, la voiture ne déclenche pas l’enthousiasme, d’une part en raison de son prix élevé et d’autre part, son style impersonnel est loin de rivaliser celui de sa principale concurrente, la Jaguar XK 120. Aussi, le modèle américain ne se vendra qu’à 104 exemplaires et le modèle anglais, très proche esthétiquement mais sur lequel était greffé un moteur 6-cylindres Alvis de 3 lites, ne séduira que 25 acheteurs.

La première Nash Healey

 

Cependant, George Mason ne compte pas rester sur cet échec et déterminé, il confie la voiture à Pininfarina, pour un restylage complet, d’autant plus que le maitre-carrossier était déjà chargé de revoir le design de toute la gamme Nash pour 1952. La nouvelle mouture, revisitée avec maestria par Pininfarina, fera l’unanimité. Elégante, sa personnalité est affirmée par une calandre qui englobe les projecteurs et ses petits ailerons bien dans l'air du temps. Sous le capot, Nash a cette fois-ci monté un 6-cylindres de 4.1 litres affichant désormais 140 ch, grâce à deux carburateurs Carter, et une vitesse maximale d’environ 180 km/h.

 

Crédit Photo : RM Auctions

 

En 1953, le roadster est rejoint par le coupé Le Mans qui affiche une vocation de Grand Tourisme, dans l'esprit des coupés italiens de l'époque. Malheureusement, la Nash-Healey sera victime de son prix exorbitant dû à son mode de fabrication complexe qui impliquait des coûts de transport assez conséquents. Nash expédiait les moteurs et les principaux organes mécaniques de Kenosha, Wisconsin à Warwick, en Angleterre chez Healey, qui assemblait les châssis roulant. Ces châssis étaient ensuite réacheminés en Italie chez Pininfarina pour l’assemblage définitif, puis les voitures étaient expédiées aux Etats-Unis pour être distribuées dans le réseau Nash. A titre indicatif, la Chevrolet Corvette, qui arrivait sur le marché en 1953 et qui offrait sensiblement le même niveau de performance, coûtait 50 % moins chère que la Nash-Healey. Ainsi, ces tarifs élevés ne la rendaient pas très compétitive face à la concurrence. 

 

 

En 1954, le roadster disparaît du catalogue, et seule la Le Mans subsiste jusqu'en août 54. Les faibles volumes de production ne permirent jamais à Nash de gagner de l'argent avec cette voiture, ce qui contribua au désintérêt progressif de Mason, déjà préoccupé à  l'époque par la survie de son entreprise. Healey, quant à lui, avait déjà d'autres perspectives en tête, et travaillait à son projet de roadster moins élitiste sur base Austin, les fameuses Austin Healey. La production totale des Nash Healey, toutes versions confondues, s'établit à 506 exemplaires. Ces voitures bénéficient aujourd’hui d’une cote bien supérieure à celles des premières Corvette.

 

La Nash Healey Rambler Palm Beach de 1956, un concept-car Pininfarina qui restera un prototype de salon. Crédit Photo : RM Auctions.
1956 Nash Rambler "Palm Beach" Coupe Speciale Pininfarina - Photo : Gooding & Company
Crédit Photos : Gooding & Company
1953 Nash-Healey Roadster Pininfarina - Photo : Gooding & Company