MG MGB GT (1965-1980)

1974 MG MGB GT V8 - Photo : Marc Vorgers

Publié le 8 juillet 2012.

 

Dès la conception de la MGB cabriolet, une étude de MG est prévue par John Thornley, le patron de la marque d’Abingdon et Syd Enever,  le designer des MGA et MGB, pour une version coupé. Le fait, que seule la version cabriolet soit proposée en septembre 1962, relevait d’une simple conséquence de la nécessité économique qui privilégiait d’abord le marché américain.

MGB Berlinette Jacques Coune 1963
CBW 55 B L'unique conduite à droite

Entre en scène en 1963, Jacques Coune, ancien officier de l’armée belge devenu distributeur d’Abarth et d’Iso Rivolta à Bruxelles. Depuis le début des années soixante, il possède un atelier dans lequel travaillent des mécaniciens et  carrossiers italiens, venus rechercher des salaires bien plus élevés qu’à Milan ou Turin. En 1963, il décide de modifier un cabriolet MGB pour en faire une GT Sport. Cette version italianisante baptisée MGB Berlinette est exposée au Salon de Bruxelles de janvier 1964.

Si la mécanique et la base de la MG B sont conservées, le châssis est renforcé, et toute la partie supérieure, pare-brise compris, ainsi que la partie arrière sont remplacées. L'arrière, tronqué à la manière des Ferrari et Aston Martin, reçoit des feux ronds d'une petite Simca 1000. Les phares avant sont en retrait par rapport au cabriolet et protégés par un plexi. Les garnitures du toit et de la plage arrière étaient typiquement matelassés, et l'habitacle soigneusement insonorisé. Plus légère de 57 kg, un gain de 6 % par rapport aux 940 kg de la MG de série, et plus aérodynamique, la Berlinette pouvait atteindre les 180 km/h.

La carrosserie Jacques Coune produit également des cabriolets MGB avec hardtop, distincts de la Berlinette. La carrosserie Jacques Coune produit également des cabriolets MGB avec hardtop, distincts de la Berlinette.

Les six premiers modèles de la Berlinette sont totalement réalisés en métal, mais les unités produites par la suite utilisent des éléments de carrosserie en fibre de verre et présentent quelques détails différents (position de la lunette arrière, charnières de coffre, etc.). En outre, le modèle du Salon présentait un pare-chocs avant original, mais par la suite, le pare-chocs standard de la MG B sera utilisé. 

Mais le modèle le plus original est sans doute la MGB Gemini produite en 1966 par Jacques Coune à la demande du Baron Lippens.

C'est un modèle Spider à toit Targa, de couleur rouge et à l'intérieur en cuir beige. Repeinte en orange par le second propriétaire, elle sera totalement détruite par le troisième (une prostituée du quartier Nord de Bruxelles dit la légende...). 

Photo ci-contre : MGB Gemini

La présence de cette MG Berlinette au Salon de Bruxelles suscite bien évidemment de l’intérêt chez le groupe BMC dans lequel se trouve MG si bien qu’une MG Berline à conduite à droite (seul exemplaire de ce type) est commandée puis expédiée en avril 1964 pour le compte de Walter Oldfield, directeur de Nuffield Press, dépendant de BMC. Le véhicule passe alors d’une usine à l’autre de la BMC pour être évalué par les principaux responsables du groupe, George Harriman, Leonard Lord, Alec Issigonis et Syd Enever.Malgré la forte impression laissée par la voiture, les dirigeants trouvent le style ‘d’aspect trop italien’. Un comble quand par la suite, c'est le projet demandé par Syd Enever à l’italien Pininfarina qui sera finalement retenu ! 

Le prototype CBW 55B (voir photos), est resté d’ailleurs entre les mains de Walter Oldfield qui réussit à convaincre la BMC d’utiliser le véhicule pour son usage personnel. Quand on sait que les prototypes construits à l’unité coûtent une fortune et sont souvent détruits après exploitation pour éviter de payer des droits de douane élevés.
Les coûts de production artisanale de la Berlinette ne pouvant rivaliser avec ceux de la GT d'usine, la belle aventure s'arrête après 56 exemplaires construits en trois ans. Quoi qu'il en soit, les quelques exemplaires restants (6 ?) ont atteint une cote remarquable.

MGB GT 1967

L’auteur véritable du style définitif de la MGB GT fait encore débat aujourd’hui. John Thornley, patron de MG, en crédita totalement Pininfarina pour son dessin épuré qui révèle un curieux mariage des lignes italiennes tendues et des lignes arrondies du style typiquement anglais du cabriolet. En 1999, Sergio Pininfarina déclarait que ‘BMC avait demandé seulement la transformation d’un cabriolet en coupé sans aucune spécification. La solution avec hayon fut imaginée et réalisée par Pininfarina’. Le prototype du carrossier italien arrivé au Royaume-Uni en juin 1964 reçut un accueil enthousiaste à Longbridge et Abingdon si bien qu’il put être transformé en un type prêt à la production.

Brochure 1967 - MG MGB GT

La MGB GT est conçue pour être une 2+2, mais la très petite banquette arrière rend son usage inconfortable pour des adultes ou de grands enfants, toutefois, le gain de place était surtout intéressant pour caser les bagages par rapport à une version roadster. La motorisation et la boite de vitesse reste inchangée à la version décapotable. Elle bénéficie de différents ressorts de suspension et de barres renforçant la rigidité.

MGB GT 1969

La MGB GT comporte également un pare-brise différent, plus pratique et plus économique. L'accélération de la MGB GT est légèrement inférieure à celle du cabriolet à cause de sa prise de poids, même si la rigidité du châssis a été renforcée et que la répartition des masses a été légèrement améliorée. Par contre, la vitesse maximale augmente de 8 Km/h (5 mph) et passe à 170 Km/h (105 mph), grâce à l'amélioration de l'aérodynamique.

MG MGB GT 1971

La première MGB GT de série, construite en septembre 1965, est la vedette du Salon d’Earls Court, le mois suivant. La MGB GT ne sera commercialisée aux USA qu’après le Salon de New York d’avril 1966. Lors du Motor Show, une MGB/GT (son écriture américaine) est coupée en deux et installée sur un plateau tournant. Un mécanisme caché ouvre et ferme les deux moitiés de la voiture comme des ciseaux. Après le salon, les deux moitiés ont été retournées à Abingdon et sont maintenant conservées au sein de la Heritage Collection à Gaydon. L’exportation de la MGB GT s’arrêtera aux Etats-Unis en 1974.

Photo : Alastair Hockley

La MGB GT est considérée comme le premier succès commercial d'une voiture équipée d'un « haillon ». Le succès sera au rendez-vous et la MGB GT permettra à la marque d'élargir notablement la clientèle de son cabriolet, atteignant même le chiffre considérable de 125 000 exemplaires diffusés.

Photo : Alastair Hockley

Caractéristiques :

 

Motorisation : 4-cylindres en ligne en position longitudinale avant.

Cylindrée : 1798 cm3

Puissance : 97 cv à 5 500 tr/mn

Puissance fiscale : 10 cv

Vitesse max : 170 km/h

Longueur : 389 cm / 401 cm pour la version avec pare-chocs en caoutchouc.

Largeur : 152 cm
Hauteur : 125 cm / 129 cm pour la version avec pare-chocs en caoutchouc.

Poids : 1090 kg

Pneus avant et arrière : 165 SR 14

 

Production :

MG MGB GT : 125 621 exemplaires (1965-1980)



MGB GT V8 1975

MGB GT V8 (1973-1976)

MG MGB GTV8 1974

MG a lancé la MGB GT V8 en 1973 en l'équipant du célèbre moteur Rover V8, bloc  en aluminium de 3 528 cc, présent aussi chez d'autres constructeurs comme Buick et Oldsmobile pour sa F-85. Ce performant V8 était le plus léger du monde produit en grande série, avec un poids de 145 Kg. Sa puissance est de 140 cv à 5 000 tr/min. Mais, avec un couple de 262 N/m, elle peut atteindre le 0 à 60 mph (97 Km/h) en à peu près 8 secondes avec une vitesse maximale respectable de 201 Km/h (125 mph). La preuve de l'intérêt du public pour les MGB sur-motorisées est la transformation de milliers de MGB en MGB V6 ou V8 par les propriétaires eux-mêmes, grâce aux kits de transformation fournis par les magasins spécialisés.


MG MGB GTV8 : 2 591 exemplaires (1973-1976)

MG MGB GT Tartan Red 1968