Mercedes-Benz 300 (1951-1962)

1951 Mercedes-Benz 300 (W186)

 

Publié par Philippe Baron le 2 janvier 2014.

 

 

Le Salon de Francfort 1951 est marqué par le retour de la marque à l'étoile dans le segment des véhicules haut de gamme avec deux nouveaux modèles: la 220 et la 300, toutes les deux équipées de moteurs 6 cylindres en ligne respectivement de 2,2 litres et de 3 litres de cylindrée.  

 

 

La 300 offre une combinaison extraordinaire à l'époque entre une tenue de route exemplaire et un confort de première classe. C'est le premier nouveau modèle pour Mercedes depuis la fin de la guerre. Sa carrosserie est élégante avec des phares intégrés dans les ailes avant. Le châssis en croix, fortement renforcé pour plus de rigidité, présente un système de lubrification intégré que le conducteur peut actionner via une pédale. Celle-ci permet de lubrifier le châssis, y compris le palier central de l'arbre de transmission.

 

 

La voiture dispose d’une suspension à quatre roues indépendantes avec triangles et barre antiroulis à l'avant et barre de torsion à l'arrière. Un interrupteur sur le tableau de bord actionne un servomoteur qui active les barres de torsion auxiliaire de la suspension arrière, donnant aux roues un carrossage légèrement positif. Ce dispositif assure à la voiture une tenue de route exceptionnelle en virage, même lourdement chargée. Sur routes sinueuses, ce châssis très bien amorti procure une sensation de conduite d'une douceur incomparable et exempte de roulis. Malgré sa taille imposante, la 300 peut tenir la dragée haute à bien des sportives. 

 

 

Mercedes-Benz 300 Cabriolet D (W186) 1951–57

 

Pendant les onze ans de sa durée de production, ce modèle a subi plusieurs changements de spécification. La 300 a été remplacée en 1954 par la 300b. Extérieurement, aucun changement, mais son moteur était plus puissant de 10 chevaux avec carburateurs Solex et un système de freinage amélioré. En 1955 apparait la 300c avec en option une transmission automatique. La production va s'arrêter en Juin 1956. Mercedes-Benz avait annoncé l'arrêt de la production, cependant en raison d'une demande élevée de la clientèle, une 300d viendra remplacer la 300c. 

 

 

Extrapolée de la toute nouvelle berline 300, la 300 S est dévoilée au salon de Paris de 1951 mais sa production ne démarrera qu'en juillet 1952. Si elle emprunte à la berline son six-cylindres de trois litres à arbre à cames en tête unique, la 300 S bénéficie d'un traitement survitaminé. Un taux de compression plus élevé et l'adjonction d'un troisième carburateur Solex font passer la puissance de 115 ch à 150 ch. Même bond en avant pour le couple qui grimpe à 23,5 mkg. Capable de 175 km/h, la 300 S apparaît comme la voiture la plus sportive de la marque jusqu'au lancement de la 300 SL. Puissante, rapide et dotée d'une bonne tenue de route, elle est une reine de l'asphalte.

 

Mercedes-Benz 300S (W188) 1952–55

 

Dotée d'une finition de très haut niveau, la 300 S affiche un design dépouillé et d'une noble élégance, qui fait de la voiture l'un des grands classiques de l'esthétique automobile d'après-guerre. Le dessin de la calandre évoque le radiateur des Mercedes d'avant-guerre, notamment celui de la 500 K.


Mercedes-Benz 300S (W188) 1952–55

 

La Mercedes 300 S est l'une des plus belles et des plus remarquables automobiles de rêve des années cinquante. Elle est  considérée comme l'un des sommets de la marque à l'Etoile dans son pays d'origine. Présentée par Stuttgart comme " la voiture de l'élite ", la 300 S est destinée à quelques richissimes happy few. Elle est en effet l'un des modèles les plus chers de son époque, son prix s'avérant nettement supérieur à celui de la 300 SL : 34 500 DM contre 29 000 DM pour la 300 SL - et jusqu'à 36 500 DM pour la Sc.


 

Etant donné la vocation sportive assignée à la 300 S, l'empattement a été réduit de 3,05 mètres (pour la berline) à 2,90 mètres. Trois types de carrosseries sont proposés : coupé, cabriolet A et roadster, cette dernière version étant la plus sportive. Elle reçoit une capote simplifiée qui s'escamote entièrement - une bâche supplémentaire pouvant prendre place sur les places arrière de secours. 

 

1955 Mercedes-Benz 300 b 'Adenauer' Cabriolet D (W186) - Photos : RM Auctions

 

La Mercedes-Benz 300 Sc est, quant à elle, présentée au salon de Francfort en septembre 1955. La grande nouveauté du modèle est l'injection directe Bosch (un système mécanique à six plongeurs), dont son moteur est équipé. Le six-cylindres 2 996 cm3, qui développe 175 ch avec un couple de 26 mkg à 4300 tr/mn, permet à la 300 Sc d'atteindre les 180 km/h. Parallèlement, l'essieu arrière oscillant a été modifié pour offrir un meilleur confort et améliorer la tenue de route.


Mercedes-Benz 300 Sc (W188) 1955-1958

 

Extérieurement, la 300 Sc se reconnait à l'abondance de ses chromes (notamment sur les flancs du capot moteur), à la présence de déflecteurs sur les portes, ainsi qu'à ses clignotants plus largement dimensionnés. De l'arrière, elle s'identifie grâce à la mention " Einspritzmotor " (moteur à injection), qu'elle arbore fièrement sur son pare-chocs. Cédant à la concurrence de la 300 SL - même si les deux modèles n'appartiennent pas à la même catégorie -, la 300 Sc disparaît en avril 1958 : 200 voitures ont été produites, dont 98 coupés, 49 cabriolets A et 53 roadsters. Elle peut être considérée comme la dernière voiture de sport allemande, dont le style classique et la carrosserie non pontée renvoient à la grande époque de l'avant-guerre.




1956 Mercedes-Benz 300 Sc Coupé (W188) Pininfarina

 

La 300d de 1957 est construite sur le châssis allongé de 10 cm de la version 300c dite "Adenauer" (un hommage à Konrad Adenauer qui, de 1949 à 1963, fut le premier chancelier fédéral de la République fédérale d’Allemagne, auteur de son redressement et de son ancrage atlantiste et européen, il peut être aussi considéré comme le « père » de l'Allemagne contemporaine). La 300d dispose d'un toit plus haut, les ailes arrière sont plus longues, et la calandre légèrement plus large. Son style est légèrement modernisé avec des vitrages agrandis totalement escamotables et un nouveau dessin des ailes arrière tandis que sa puissance passe de 125 à 160 ch grâce à une injection mécanique Bosch et la boîte automatique 3 vitesses est la seule disponible. C'est sans doute la version la plus attrayante et aussi la plus recherchée de toutes les berlines convertibles.


Mercedes-Benz 300d Cabriolet D (W189) 1957–62

 

Toutes versions confondues, la Mercedes 300 n'a été produite qu'à 12 190 exemplaires de 1951 à 1962, répartis de la façon suivante : W186 (1951-1957) : berline  7 646 exemplaire, Cabriolet D : 642 ex. – W188 : Coupé : 314 ex. Cabriolet A /Roadster : 446 – W189 : Limousine : 3 077 – Cabriolet D : 65.