Maserati Merak (1972-1982)

 

Publié par Philippe Baron le 13 janvier 2013.

 

Non, cette Maserati ne porte pas comme la plupart de ses consœurs le nom d’un vent mais celui d’une étoile de la constellation de la Grande Ourse. La Merak connaitra pendant ses dix années d’existence trois versions, chacune adaptée à la conjoncture tourmentée, traversée par le Trident. En 1972, Maserati, alors sous le contrôle de Citroën, présente la première Merak au moteur développé à l’origine pour la Citroën SM.



 

En 1968, Citroën prend le contrôle du capital de Maserati détenu par la famille Orsi et lance l’étude d’un moteur 6-cylindres qui équipera la Citroën SM. Après la présentation en 1971 de la Bora au V8 de 4.7 l positionné entre l’habitacle à deux places et le train arrière, Maserati décide de couvrir le segment des voitures rapides de cylindrée moyenne en proposant la Merak, basée sur le même châssis. Elle se présente comme la cadette de la Bora. Elle en reprend son dessin signé Giorgetto Giugiaro d’Ital Design à l’exception de quelques détails dont la calandre réduite à une bande horizontale chromée interrompue à son centre par le trident. La différence majeure se situe à l’arrière avec une ligne de toit rejointe par deux arcs-boutants pour réaliser un profil continu.


Longueur : 4.33 m – Largeur : 1.77 m – Hauteur : 1.13 m – Empattement : 2.60 m - Consommation : 20 l/100 km

 

La Maserati Merak de 1972 dispose d’un 6-cylindres en V de 3 litres développé à partir du 2.7 l de la Citroën SM. Ce bloc C114 revendique 190 ch et 255 Nm avec une vitesse maximale annoncée à 240 km/h. La Merak emprunte également à la SM sa planche de bord. Elle sera produite à 630 exemplaires dans cette configuration jusqu’en 1975. Pendant cette période de production, Maserati dût affronter la crise pétrolière et la mise en liquidation par Citroën le 23 mai 1973. La fermeture sera évitée grâce à l’intervention du gouvernement italien qui confiera l’administration au GEPI, l’organisme officiel chargé d’aider les entreprises en difficultés. 

 

Crédit photos suivantes : Marc Vorgers

 

En 1975, Benelli rachète une grande partie des actions et place Alejandro De Tomaso, ex pilote Maserati, administrateur de la firme. La restructuration permet le lancement de la Merak SS avec un moteur de 217 ch, un gain de 20 kg qui établit le poids à 1 400 kg et une vitesse maximale donnée à 250 km/h. Intérieurement, le tableau de bord Citroën est remplacé par celui de la Bora. Extérieurement, elle s’identifie par une grille placée sur le capot avant. Sa production sera d’environ 1 000 exemplaires avant son retrait en 1982. En 1976, De Tomaso proposa une version 2 litres destinée au marché italien qui venait d’être sanctionné fiscalement pour les moteurs supérieurs à 2 000 cm3. Avec ses 170 ch, la 2000 GT restait convaincante avec une vitesse maximale de 220 km/h. Sa diffusion restera limitée néanmoins qu’à 200 exemplaires environ.