Lancia Aurelia B20 GT (1951-1958)

Photo : Ricardo Seara Cardoso

Publié par Philippe Baron le 28 mai 2015.

 

La Lancia Aurelia B20 GT est considérée comme la première GT de l’histoire. Beaucoup la découvrirent dans les aventures de Tintin, plus précisément, l’Affaire Tournesol. Dans cet album, une Lancia Aurelia B20 GT rouge est pilotée avec maestria par l’exubérant Signor Cartofolli. Si Hergé a succombé aux charmes de la belle italienne, de nombreuses vedettes de cinéma et des pilotes prestigieux comme Juan Manuel Fangio ont également adopté celle qui en 1951, venue par la route au Mans en spectateur, remporta la victoire dans sa classe, 24 heures plus tard, suite à la défection d’un concurrent.

 

Photo : Tim Scott, RM Auctions

 

Dévoilé au Salon de Turin, en 1951, un an après la berline B10, le coupé sportif B20 dont le dessin est dû à Mario Felice Boano, alors au service de Ghia, séduit par son élégance épurée. Basé sur la plateforme de la B10 raccourcie de 20 cm, le coupé en reprend la très originale mécanique. Œuvre des ingénieurs Virgilio et Zaccone-Mina, assistés de Vittorio Jano, ce superbe moteur tout en aluminium se présente comme un V6 ouvert à 60°, une configuration alors inédite dans la construction automobile.

 

Photos : Cymon Taylor, RM Auctions

 

Dans sa première version alimentée par deux carburateurs, ce moteur développe 75 ch à 4 500 tr/min pour une cylindrée de 1 991 cm3, puis 80 ch sur la série 2, ce qui permet à la voiture d’atteindre les 162 km/h. L’architecture n’est pas en reste avec, pour une meilleure répartition des masses, l’embrayage, la boîte de vitesses et les tambours de freins arrière accolés au carter de différentiel, une technologie expérimentée en Grand Prix sur les Alfa Romeo par l’illustre ingénieur Jano. Les 98 premiers exemplaires sont assemblés quasi artisanalement chez le carrossier Viotti, puis la construction est confiée aux ateliers de Pinin Farina, beaucoup mieux équipés pour les fabrications en petite série.

 

 

Pas moins de six séries vont se succéder de 1951 à 1958. En apparence identiques, les Aurelia GT ne possèdent en fait que très peu d’éléments interchangeables. Si les deux premières séries se contentent du V6 2 litres, les suivantes voient leur cylindrée portée à 2 451 cm3 et une puissance de 118 ch. A compter de 1954, les trois dernières reçoivent un nouveau train arrière type De Dion. De 1951 à 1958, date d’arrêt de fabrication, 3 871 exemplaires ont été produits.

 

 

Série 1 : 1951 – 1 991 cm3 – 75 ch – 160 km/h 

Série 2 : 1952 – Rapport volumétrique porté de 8.4 à 8.8 : 1 - 80 ch – 165 km/h 

Série 3 : 1953 – 2 451 cm3 – 118 ch – 185 km/h 

Série 4 : 1954 – Train arrière type De Dion 

Série 5 : 1955 – Puissance ramenée à 110 ch – 175 km/h 

Série 6 : 1957 – 112 ch – 180 km/h  

 

1954 Lancia Aurelia B20 GT Series IV - Photo : Gooding & Company
1956 Lancia Aurelia GT by Pichon Parat (exemplaire unique)