Lotus Elan (1962-1974)

Lotus Elan S1 1962

Publié par stubs auto le 21 juillet 2012.

 

Après le brillant succès technique de l'Elite, le britannique Colin Chapman, formé à l’école aéronautique, décide de construire une voiture plus conventionnelle. Dévoilée en octobre 1962 au Salon d’Earls Court, l’Elan, première du nom se présente sous la forme d’un petit cabriolet aux lignes douces et fines de 3.69 m de long. Ses phares escamotables lui donnent une fois levés un curieux regard de batracien. L'Elan marque le début d'une réussite industrielle pour Lotus en dehors des circuits de F1 et les collectionneurs anglais ou d’ailleurs lui vouent maintenant un véritable culte.

 

 

Sa carrosserie légère en fibre de verre, dessinée par Ron Hickman, repose sur un châssis-poutre en acier, pour une meilleure solidité, qui intègre une suspension à quatre roues indépendantes. Selon une technique propre à Colin Chapman, cette suspension élaborée est dotée de triangles superposés à l'avant avec amortisseurs et de triangles simples et Mc Pherson non-directif à l'arrière. Le freinage hydraulique est assuré par 4 disques et étriers à deux pistons. La transmission aux roues arrière se fait via des arbres, munis de rotoflex, remplaçant les cardans habituels, technique issue de la compétition de l'époque. Les phares pivotants sont  actionnés par un système pneumatique ingénieux utilisant la dépression du collecteur d'admission (comme nos freinages actuels) et comme réserve de 'vide' la traverse creuse avant du châssis. Les pare-chocs étaient aussi en résine remplie de mousse polyester.

 

 

Avec un poids plume de 620 kg à vide, L’Elan S1 est motorisée lors de sa présentation par un 1 499 cm3 emprunté à la récente Ford Cortina. Ce classique 4-cylindres est bientôt réalésé à 1 558 cm3 et coiffé d’un double arbre à cames en tête conçue par l’ingénieur Harry Mundy. Alimenté par deux carburateurs Weber, il délivre 106 chevaux à 5 500 tr/min.

 

 

La première série de L’Elan, de 1962 à 1964 reste la plus pure et recherchée, en raison de son poids contenu et de l’absence de compromis dans sa conception. Les performances, comme la tenue de route, sont spectaculaires pour l'époque. On peut toutefois reprocher à l’Elan un confort vraiment sommaire dans son habitacle spartiate et étriqué. À titre d'exemple, les vitres se montent à la force des mains avec une palette accrochée à leur sommet. 

 

 

Conformément à ses premières réalisations, Chapman vend aussi l'Elite en kit, pour des clients qui veulent échapper aux taxes de 30% qui frappent les voitures neuves.  L’assemblage terminé, la voiture retourne chez le concessionnaire pour valider la garantie. Cette pratique répandue en Angleterre demandait toutefois un minimum d’adresse et de savoir-faire.

 

 

L’Elan Série 2, présentée en novembre 1964, ressemble beaucoup à la série 1 mais adopte un tableau de bord style placage bois muni d’une boite à gants. Un hard-top est désormais disponible avant l’arrivée du coupé en septembre 1965. Comme pour le cabriolet, une version SE pour Special Equipment est proposée avec freinage assisté, vitres électriques, boîte à rapports rapprochés et roues à blocage central. La SE est nantie d’un moteur poussé à 116 chevaux à 6 000 tr/min. Les feux arrière oblongs remplacent les quatre optiques circulaires dont vont hériter le cabriolet S3 à son lancement à l’été 1966.

 

Lotus Elan Plus 2

 

Pour séduire une clientèle plus large qui ne peut se contenter d’une stricte 2 places, Colin Chapman dévoile à l’automne 1967, l’Elan ‘2+2’, prodiguant davantage de confort. Cette nouvelle Lotus, dessinée par Ron Hickman, est établie sur un empattement allongé. Pour compenser un poids passé à 850 kg à vide, le moteur est porté à 119 ch à 6 250 tr/min. Ainsi dotée, la Plus 2 peut rouler à plus de 190 km/h.

 

Lotus Elan S4 1968

 

L’Elan série 4 arrive en mars 1968. Les passages de roue sont sensiblement élargis et les feux arrière deviennent rectangulaires. Le bossage prononcé sur le capot moteur est imposé par le montage de nouveaux carburateurs. Pour convenir parfaitement à la législation américaine, les carburateurs Stromberg, moins polluant mais plus volumineux, remplacent les Weber. 
L’ultime Elan la S4 Sprint arrive en janvier 1971 avec son moteur ‘big valve’ poussé à 126 ch à 6 500 tr/min qui entraîne la voiture à près de 200 km/h. Alimentée à nouveau par des carburateurs plats Weber ou Dell’Orto, l’Elan retrouve un capot plat. La Sprint se pare généralement d’une peinture deux tons avec une bande dorée marquée « Elan Sprint ». Les pare-chocs sont également dorés et les jantes sombres. 

 

 

Les derniers exemplaires de la S4 Sprint tomberont des chaînes en 1973 tandis que les ultimes Plus 2 quitteront l’usine de Cheshunt durant l’hiver 1974.On dénombre une production totale d’environ 13 700 exemplaires, ce qui est remarquable pour un constructeur semi-artisanal, dont 3 300 Plus 2 et une centaine de variantes ‘26R’ préparées pour la course avec des blocs gonflés par Cosworth, délivrant plus de 140 chevaux. 

 

Lotus Elan 26R

La Lotus Elan s’est illustrée à partir de 1967 dans la série britannique "The Avengers", connue chez nous sous le titre "Chapeau melon et bottes de cuir", avec Emma Peel (Diana Rigg) au volant d’une lotus Elan S2 claire (en noir et blanc) puis une S3 bleue. Dans l’épisode 15 de la série ‘ Le Prisonnier’, diffusée également en 1967, Patrick McGoohan abandonne sa célèbre Lotus Seven pour une Elan S3.

Lotus Elan Plus 2S 1973
Lotus Elan S4 1970
1971 Elan Plus 2S